Vers la fin des centrales à charbon en France

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    PARIS, 12 juillet (Reuters) - Ségolène Royal a sonné la fin 
prochaine des cinq dernières centrales au charbon de France en 
adoptant les conclusions d'une mission sur le prix du carbone 
confiée au président d'Engie  ENGIE.PA  Gérard Mestrallet, à 
l'économiste Alain Granjean et à l'ex-ministre Pascal Canfin. 
    Leur rapport propose de concentrer sur les centrales au 
charbon la mise en place unilatérale d'un prix plancher national 
du carbone, annoncée au début de l'année.   
    Ce prix plancher, instauré au 1er janvier 2017, sera 
d'environ 30 euros la tonne, niveau auquel le gaz, moins 
émetteur de CO2, et les énergies renouvelables deviennent 
compétitives par rapport au charbon, confirme le ministère de 
l'Environnement, de l'Energie et de la Mer. 
    "Je retiens la proposition de la mission de le concentrer 
sur les centrales à charbon de sorte que le gain environnemental 
soit significatif, tout en préservant la sécurité du système 
électrique", a expliqué lundi Ségolène Royal. 
    Aujourd'hui, la combinaison d'un cours très faible de la 
tonne de CO2 sur le marché européen des quotas d'émission et de 
prix très bas de la houille rend beaucoup plus rentable de faire 
tourner les centrales électriques thermiques au charbon, deux 
fois plus polluantes que les centrales au gaz. 
    Les modalités du prix plancher, qui pourrait prendre la 
forme d'une taxe sur la tonne de CO2 ou d'une augmentation des 
taxes existantes, seront définies d'ici fin juillet afin d'être 
intégrées au prochain projet de loi de finances. 
    "Ça va conduire à supprimer quasiment toute production 
d'électricité au charbon en France", souligne l'entourage de 
Ségolène Royal. 
     
    "CORRIDOR" 
    Selon le ministère, les centrales au charbon en France 
fonctionnent aujourd'hui en moyenne chacune 4.000 heures par an, 
contre 1.700 heures pour les centrales au gaz. 
    La mise en place d'un prix plancher permettra à la France 
d'attendre l'instauration au niveau européen d'un "corridor de 
prix du carbone", un peu sur le modèle du "serpent monétaire", 
qui limitait la volatilité des changes avant l'euro. 
    La mission Mestrallet-Granjean-Canfin propose de borner ce 
corridor par un prix plancher de 20 à 30 euros la tonne en 2020 
et d'un prix plafond de 50 euros. Cela permettrait de ne pas 
mettre sur le marché des quotas d'émission de CO2 si le prix 
minimum n'est pas atteint lors des enchères.  
    Prix plancher et plafond seraient augmentés chaque année de 
5 à 10% pour que le prix minimum atteigne 50 euros en 2030. 
    Ségolène Royal a également fait sienne les conclusions de la 
mission en la matière et confirmé que la France soutiendrait les 
initiatives européennes en ce sens. 
    L'objectif est de permettre à la France et à l'Union 
européenne de respecter leurs engagements en matière de 
réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. 
    La ministre de l'Environnement estime à près d'un milliard 
d'euros par an, au lieu de 315 millions en 2015, les revenus que 
pourrait percevoir la France grâce aux ventes aux enchères de 
quotas d'émission avec un prix du carbone européen d'au moins 20 
euros par tonne. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet) 
 

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