Vers la fin de l'ISF et du bouclier fiscal

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Le président de la République, qui veut engager un vaste débat sur la fiscalité en France, veut plutôt taxer les revenus du patrimoine. Il entend imiter le modèle allemand en matière fiscale. «Il n'y aura pas de hausse d'impôts», a-t-il répété.

Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait en direct mardi soir sur TF1, France 2 et Canal+, a confirmé le projet de réforme de la fiscalité en France. Le président de la République, qui prévoit de prendre des décisions à la fin du printemps prochain (juin 2011), a estimé qu'il serait meilleur pour l'intérêt des Français non plus de taxer le patrimoine mais les revenus du patrimoine. Il faudrait «supprimer l'impôt sur la fortune (ISF) et le bouclier fiscal» et les remplacer «par un nouvel impôt sur les plus-values issues du patrimoine», a dit le chef de l'État français.

Une idée qui se rapproche de ce que plusieurs députés UMP ont demandé ces dernières semaines. Ces députés, qui ont cosigné un amendement au projet de loi de finances pour réclamer la suppression simultanée, dès 2011, du bouclier fiscal (qui pose le principe qu'un contribuable ne peut pas payer plus de 50% d'impôts) et de l'ISF, en gonflant en échange les taxes sur les revenus du patrimoine et en créant une nouvelle tranche d'impôts sur le revenu avec un taux à 46%.

La ligne directrice de Nicolas Sarkozy en matière fiscale est de s'orienter vers un système à l'allemande. Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, le rappelle régulièrement : «Le principe, c'est la convergence fiscale avec l'Allemagne, où il n'existe ni bouclier fiscal, ni ISF.»

On ne touche pas aux impôts

Nicolas Sarkozy a en outre répété qu'il ne toucherait pas aux impôts. «Nous n'augmenterons pas les impôts», a-t-il lancé, soulignant que le niveau des impôts en France était déjà plus élevé que chez ses voisins, notamment dans le nord de l'Europe.

François Baroin, le ministre du Budget, qui avait déjà confirmé lundi sur Europe 1 que la fiscalité serait le champ d'action prioritaire du gouvernement pour la fin du quinquennat, a assuré que «tous les débats qui ont eu lieu à l'Assemblée nationale sur ces sujets sont très clairs. La ligne du gouvernement, c'est de ne pas toucher aux impôts». Il a affirmé que ni l'impôt sur les sociétés, ni l'impôt sur le revenu, pas plus que la TVA, la CSG et la CRDS ne subiront d'augmentation.

Baisse du chômage à venir

Nicolas Sarkozy a par ailleurs répété à la télévision ce mardi soir que «le chômage reculera l'année prochaine» et que l'engagement du gouvernement serait «total sur ce front-là». «L'économie repart, est en train de repartir, on peut s'en sortir», a-t-il dit. «On a les moyens de le faire, il n'y a pas de fatalité, je ne pense pas qu'on a tout essayé contre le chômage», a ajouté le chef de l'État.

Concernant les jeunes, il estime qu'il «faut doubler le nombre des jeunes en formation en alternance». 600.000 jeunes sont actuellement concernés et ce type de formation «semble faire ses preuves».

Un nouveau système monétaire

Le chef de l'Etat a déclaré mardi soir qu'il entendait profiter de la présidence française du G20 pour mener à bien la création d'un «nouveau système monétaire international» pour mettre fin à la «pagaille» sur le marché des changes.

La France doit montrer l'exemple sur la taxation des transactions financières» pour financer le développement de l'Afrique, a déclaré mardi soir à la télévision Nicolas Sarkozy, qui assure pour un an la présidence du G20.

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