Vers des jours meilleurs pour les producteurs laitiers

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(Commodesk) Fonterra a annoncé le 26 septembre une baisse de ses profits pour l'année achevée le 31 juillet. Alors que les volumes produits ont augmenté, permettant une progression de 11% des exportations à 2,32 millions de tonnes, la coopérative néo-zélandaise, numéro un mondial du lait, a subi à la fois une faiblesse des prix et un renforcement du dollar néo-zélandais.

La production record en 2011-2012 a conduit à d'importants excédents sur le marché mondial. Pour le président de la coopérative, Henry van der Heyden, « la demande en produits laitiers s'est assez bien maintenue, mais cet océan de lait impacte évidemment les prix mondiaux ». De fait, en mai dernier, l'indice du GlobalDairyTrade touchait son plus bas niveau depuis 34 mois, avant de repartir à la hausse.

Comparé au printemps dernier, les prix du lait à travers le monde sont un peu plus satisfaisants, et à aucun moment ils n'ont atteint les niveaux catastrophiques touchés lors de la crise laitière de 2009. Ainsi, aux Etats-Unis, les cours ont gagné plus de 20% sur le CME depuis le mois de juin, en raison de la flambée des prix des aliments pour le bétail et de leur manque de disponibilité - ce qui conduit à de moins bons rendements, voire à l'abattage d'une partie des cheptels pour cause de manque de rentabilité. L'USDA a, cet été, revu nettement à la baisse ses prévisions de production américaine de lait pour 2012 et 2013, à des niveaux qui restent légèrement supérieurs à ceux de l'année dernière.

En Nouvelle-Zélande, où le pic de production saisonnier a lieu en octobre-novembre, les conditions climatiques sont mitigées, et l'augmentation de la production devrait ralentir par rapport à l'année dernière.

Le marché mondial actuel du lait est donc ambivalent. A court terme, la situation des éleveurs, pris en tenaille entre des prix du lait qui restent faibles et des coûts de production croissants, conduit à des tensions avec les transformateurs. En France par exemple, la Fédération nationale des producteurs laitiers est en lutte contre notamment Sodiaal et Lactalis, qui viennent de baisser leurs prix. Elle relativise la situation sur les marchés mondiaux et reproche aux transformateurs de ne pas trouver les débouchés pourtant existants.

En Nouvelle-Zélande, Fonterra a abaissé son prix d'achat à la ferme à 6,08 dollars NZ le kg de matière sèche, contre 7,60 dollars l'année précédente, et envisage de les descendre encore cette année.

En Chine, les importations, qui atteignent des records, sont poussées par la faiblesse des prix internationaux, qui font perdre sa compétitivité au lait produit localement (qui suscite, de plus, la méfiance des consommateurs après les scandales de lait contaminé).

Ces difficultés chez les éleveurs conduiront vraisemblablement à un ralentissement général de la production mondiale, et donc à un rééquilibrage du marché. Dans les prochains mois, les producteurs laitiers devront négocier âprement avec les acheteurs en attendant que le marché ne rebascule en leur faveur.
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