Vers des aigles chasseurs de drones malveillants en France

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    * Une méthode inspirée de la police néerlandaise 
    * Quatre aigles royaux dressés en France 
    * Ils s'ajoutent à d'autres dispositifs transitoires 
 
    par Marine Pennetier 
    PARIS, 17 novembre (Reuters) - Quatre aigles royaux sont 
actuellement dressés par l'armée française pour intercepter des 
drones "malveillants" en zone urbaine dans le cadre de la lutte 
anti-drones dont la menace est jugée prégnante depuis deux ans 
en France.  
    "Ces aigles sont capables de détecter à plusieurs milliers 
de mètres des drones et de les neutraliser", a expliqué jeudi le 
général de division aérienne Jean-Christophe Zimmermann, lors 
d'une conférence de presse à Paris. 
    Ce dispositif inédit, qui s'inspire d'une méthode utilisée 
depuis cette année par la police néerlandaise, "nous semble 
particulièrement adapté à l'usage en environnement urbain", 
a-t-il souligné.  
    Par exemple, "au pied de la tribune présidentielle le 14 
juillet, "il sera plus adapté de mettre des aigles" plutôt que 
d'utiliser des fusils contre un drone qui aurait pénétré une 
zone lui étant interdite, a-t-il précisé.  
    "Ce n'est pas tellement la retombée des plombs en elle-même 
(qui serait dangereuse-NDLR), c'est plutôt les retombées des 
débris du drone qui ne sont pas du tout maîtrisables quand on 
les détruit avec une arme".  
    Les premières évaluations des rapaces ont été jugées 
encourageantes, souligne-t-on au sein de l'armée de l'air. La 
prochaine étape sera de les équiper d'un traceur GPS et d'une 
caméra qui permettra de repérer et filmer le pilote 
contrevenant. 
    "L'aigle maîtrise parfaitement sa trajectoire, il va 
chercher le drone sans difficulté et il est robuste", souligne 
le général Zimmermann. Pour favoriser leur adaptation, "les 
oeufs ont éclos sur des drones et les rapaces sont ensuite 
nourris sur des drones", précise-t-on.  
    Ces nouvelles "recrues", qui pourraient être déployées en 
2017-2018 en France, s'ajoutent aux techniques développées par 
les autorités françaises dans le cadre de la lutte anti-drones.  
    Au cours des douze derniers mois, l'armée de l'air s'est 
dotée de "capacités transitoires" pour répondre aux besoins de 
protection, notamment lors de la COP21, des matches de l'Euro de 
football ou des cérémonies du 14-Juillet. 
     
    JUMELLES ET FUSILS 
    Des binômes, associant un "guetteur" équipé de jumelles 
permettant d'identifier et de détecter un drone et un 
"effecteur" doté d'un brouilleur portable permettant de 
neutraliser la télécommande ou le signal GPS d'un drone, ont été 
créés. Des fusils ont également été acquis pour une intervention 
à courte distance.  
    Contrairement aux aigles, ces deux dispositifs servent à la 
protection des activités sur des bases aériennes, plutôt que 
dans les zones à forte densité de population, souligne-t-on au 
sein de l'armée de l'air. 
    En janvier 2015, un drone avait survolé pendant quelques 
secondes l'Elysée, entraînant l'ouverture d'une enquête par le 
parquet de Paris pour "conduite d'un aéronef non conforme avec 
les règles de sécurité".  
    Le même mois, des drones avaient été détectés à proximité de 
l'Ile Longue qui abrite les quatre sous-marins nucléaires 
lanceurs d'engins (SNLE) de la force de dissuasion française, 
dans le Finistère.  
    Le marché des drones de loisir connaît un essor depuis deux 
ans en France et dans d'autres pays d'Europe.  
    Selon l'institut GFK, les ventes de ces appareils ont 
quasiment triplé entre 2014 et 2015 avec près de 300.000 drones 
vendus l'an dernier en France.  
    Face à cet essor, la question de l'encadrement des drones 
civils a fait l'objet d'une loi qui a été définitivement adoptée 
en octobre par le Parlement. 
    Le texte prévoit notamment une obligation d'information des 
acheteurs, de formation des télépilotes, impose un dispositif de 
signalement électronique pour les appareils dont le poids est 
égal ou supérieur à 800 grammes et établit des sanctions en cas 
de survols illicites.  
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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