Vers des aigles chasseurs de drones malveillants en France

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L'ARMÉE FRANÇAISE PRÉPARE DES AIGLES POUR INTERCEPTER DES DRONES
L'ARMÉE FRANÇAISE PRÉPARE DES AIGLES POUR INTERCEPTER DES DRONES

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Quatre aigles royaux sont actuellement dressés par l'armée française pour intercepter des drones "malveillants" en zone urbaine dans le cadre de la lutte anti-drones dont la menace est jugée prégnante depuis deux ans en France.

"Ces aigles sont capables de détecter à plusieurs milliers de mètres des drones et de les neutraliser", a expliqué jeudi le général de division aérienne Jean-Christophe Zimmermann, lors d'une conférence de presse à Paris.

Ce dispositif inédit, qui s'inspire d'une méthode utilisée depuis cette année par la police néerlandaise, "nous semble particulièrement adapté à l'usage en environnement urbain", a-t-il souligné.

Par exemple, "au pied de la tribune présidentielle le 14 juillet, "il sera plus adapté de mettre des aigles" plutôt que d'utiliser des fusils contre un drone qui aurait pénétré une zone lui étant interdite, a-t-il précisé.

"Ce n'est pas tellement la retombée des plombs en elle-même (qui serait dangereuse-NDLR), c'est plutôt les retombées des débris du drone qui ne sont pas du tout maîtrisables quand on les détruit avec une arme".

Les premières évaluations des rapaces ont été jugées encourageantes, souligne-t-on au sein de l'armée de l'air. La prochaine étape sera de les équiper d'un traceur GPS et d'une caméra qui permettra de repérer et filmer le pilote contrevenant.

"L'aigle maîtrise parfaitement sa trajectoire, il va chercher le drone sans difficulté et il est robuste", souligne le général Zimmermann. Pour favoriser leur adaptation, "les oeufs ont éclos sur des drones et les rapaces sont ensuite nourris sur des drones", précise-t-on.

Ces nouvelles "recrues", qui pourraient être déployées en 2017-2018 en France, s'ajoutent aux techniques développées par les autorités françaises dans le cadre de la lutte anti-drones.

Au cours des douze derniers mois, l'armée de l'air s'est dotée de "capacités transitoires" pour répondre aux besoins de protection, notamment lors de la COP21, des matches de l'Euro de football ou des cérémonies du 14-Juillet.

JUMELLES ET FUSILS

Des binômes, associant un "guetteur" équipé de jumelles permettant d'identifier et de détecter un drone et un "effecteur" doté d'un brouilleur portable permettant de neutraliser la télécommande ou le signal GPS d'un drone, ont été créés. Des fusils ont également été acquis pour une intervention à courte distance.

Contrairement aux aigles, ces deux dispositifs servent à la protection des activités sur des bases aériennes, plutôt que dans les zones à forte densité de population, souligne-t-on au sein de l'armée de l'air.

En janvier 2015, un drone avait survolé pendant quelques secondes l'Elysée, entraînant l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris pour "conduite d'un aéronef non conforme avec les règles de sécurité".

Le même mois, des drones avaient été détectés à proximité de l'Ile Longue qui abrite les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la force de dissuasion française, dans le Finistère.

Le marché des drones de loisir connaît un essor depuis deux ans en France et dans d'autres pays d'Europe.

Selon l'institut GFK, les ventes de ces appareils ont quasiment triplé entre 2014 et 2015 avec près de 300.000 drones vendus l'an dernier en France.

Face à cet essor, la question de l'encadrement des drones civils a fait l'objet d'une loi qui a été définitivement adoptée en octobre par le Parlement.

Le texte prévoit notamment une obligation d'information des acheteurs, de formation des télépilotes, impose un dispositif de signalement électronique pour les appareils dont le poids est égal ou supérieur à 800 grammes et établit des sanctions en cas de survols illicites.

(Edité par Sophie Louet)

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