VERBATIM-Extraits de l'allocution de Tsipras

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ATHENES, 27 juin (Reuters) - Principaux extraits de l'allocution télévisée dans laquelle le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé tard vendredi soir l'organisation le 5 juillet prochain d'un référendum pour ou contre les propositions des créanciers de la Grèce. "Depuis six mois, le gouvernement grec mène bataille dans des conditions d'asphyxie économique sans précédent pour mettre en oeuvre le mandat que vous nous avez confié le 25 janvier. Il s'agissait d'un mandat pour négocier avec nos partenaires afin de mettre un terme à l'austérité et rétablir la prospérité et la justice sociale dans notre pays. Un accord viable qui respecterait à la fois la démocratie, les règles communautaires européennes et mènerait à la sortie définitive de la crise. "Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé d'adopter les accords de renflouement qui avaient été acceptés par les précédents gouvernements et ce, en dépit du fait qu'ils avaient été catégoriquement condamnés par le peuple grec lors des récents élections. "Mais pas à un seul moment nous n'avons envisagé de céder. Cela aurait été trahir votre propre confiance. "Après cinq moins de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement conclu lors de l'Eurogroupe d'avant-hier par une proposition, un ultimatum adressé à la République hellénique et au peuple grec. Un ultimatum qui contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs de l'Europe (...) "On a demandé au gouvernement grec d'accepter une proposition qui accumule de nouvelles charges insupportables sur le peuple grec et sape la reprise de la société grecque et de son économie, qui maintient non seulement l'incertitude mais amplifie davantage encore les déséquilibres sociaux. "Les propositions des 'institutions' (ndlr, Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) incluent des mesures qui mènent à une déstabilisation supplémentaire du marché du travail, des diminutions des retraites, de nouvelles baisses des salaires dans le secteur public et une augmentation de la TVA sur la nourriture, la restauration et le tourisme, avec une élimination des exemptions de taxes dans les îles. "Ces propositions violent clairement les règles européennes et les droits fondamentaux au travail, à l'égalité et à la dignité, ce qui montre que l'objectif poursuivi par certains de nos partenaires et certaines 'institutions' n'était pas un accord viable et mutuellement bénéfique pour toutes les parties, mais l'humiliation d'un peuple tout entier. "Ces propositions prouvent l'obsession, principalement de la part du Fonds monétaire international, pour une austérité dure et punitive. (...) "Mes compatriotes Grecs, nous avons aujourd'hui la charge, avec la responsabilité historique, (en hommage) aux luttes du peuple hellénique, de sanctuariser la démocratie et notre souveraineté nationale. "C'est une responsabilité devant l'avenir de notre pays. Et cette responsabilité nous oblige de répondre à cet ultimatum sur la base de la volonté du peuple grec. "Je viens de réunir le gouvernement, j'ai proposé un référendum afin que le peuple grec décide de manière souveraine. Cette suggestion a été acceptée à l'unanimité. Demain (samedi), le Parlement se réunira en session plénière pour ratifier le projet gouvernemental de référendum dimanche 5 juillet prochain, posant la question de l'acceptation ou du rejet de la proposition des 'institutions'. "J'ai déjà communiqué ma décision au président français (François Hollande) et à la chancelière allemande (Angela Merkel), au président de la BCE (Mario Draghi), alors que je demanderai officiellement demain une prolongation de quelques jours du programme (de renflouement) de sorte que le peuple grec puisse se prononcer sans pression ni coercition (...) "Face à ce chantage en forme d'ultimatum visant à vous faire accepter une austérité stricte et humiliante, sans issue visible ni perspective de nous rétablir économique et socialement, je vous appelle à vous prononcer en souveraineté et avec fierté, ainsi que l'exige l'Histoire fière des Grecs. "A cette austérité autocratique et hostile, nous devons répondre par la démocratie, le sang-froid et l'esprit de décision. "La Grèce, berceau de la démocratie, devra envoyer une réponse démocratique forte à l'Europe et à la communauté mondiale. "Je m'engage personnellement à respecter le résultat de vos choix démocratiques, quels qu'ils puissent être. (...) "En ces heures cruciales, nous devons tous nous souvenir que l'Europe est la maison commune de ses peuples. Qu'il n'y a ni propriétaires ni invités en Europe. La Grèce est, et restera une part indispensable de l'Europe et l'Europe une part indispensable de la Grèce. Mais une Grèce sans démocratie, c'est une Europe sans identité ni boussole. "Je vous invite, chacun d'entre vous, à prendre les décisions dignes de nous. Pour nous, pour les générations futures, pour l'Histoire, pour la souveraineté et la dignité de notre peuple." (Michele Kambas; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • M3866838 le samedi 27 juin 2015 à 11:50

    Drôle de sens de la démocratie où l'on décide par référendum de payer ou pas ses dettes.

  • r.pruvos le samedi 27 juin 2015 à 06:30

    on devrait faire un référendum pour demander aux européens, si ils veulent conserver la grèce dans l'europe