VERBATIM-Cinq mois de joutes verbales dans la crise de la dette grecque

le , mis à jour à 10:25
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ATHENES, 21 juin (Reuters) - Le compte à rebours est enclenché dans la crise de la dette grecque avec la tenue d'un sommet extraordinaire des dirigeants de la zone euro programmée lundi soir à Bruxelles. (voir ID:nL8N0Z7001 ) Cinq mois après la victoire du parti de gauche anti-austérité Syriza aux législatives en Grèce, retour sur l'escalade verbale entre les principaux protagonistes des négociations. ALEXIS TSIPRAS, Premier ministre grec . Le 25 janvier devant ses partisans, au soir de la victoire de son parti Syriza aux législatives : "Sans aucun doute, le mandat du peuple grec met un point final au cercle vicieux de l'austérité." . Le 28 janvier, lors du premier conseil des ministres de son gouvernement: "Nous sommes un gouvernement de salut national, notre but est de négocier un allègement de dette (..) Nous n'entrerons pas dans un affrontement mutuellement destructeur (avec nos créanciers) mais nous ne poursuivrons pas une politique de soumission." . Le 4 février à Bruxelles à l'issue d'entretiens avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et d'autres responsables européens: "Notre objectif est de respecter la souveraineté du peuple grec et le mandat clair de notre peuple. En même temps, nous respectons les règles de l'Union européenne. Nous voulons corriger ce cadre, pas le détruire." . Le 17 février à Athènes, devant les députés Syriza: "Une certaine coutume voudrait que les gouvernements nouvellement élus prennent des mesures en contradiction avec leurs promesses électorales. Nous comptons bel et bien honorer nos promesses de changement." . Le 12 mars à Paris, au siège de l'OCDE: "Nous ne pouvons plus prétendre que la dette publique du pays est viable et que son service peut être assuré quand elle est à 178% (du produit intérieur brut). Il est absolument vital pour la Grèce d'obtenir une restructuration de sa dette." . Le 16 mars, dans une interview publiée par le quotidien grec Ethnos: "La clef d'un compromis honorable, c'est d'admettre que la politique antérieure d'austérité extrême a échoué, non seulement en Grèce mais aussi dans toute l'Europe." . Le 27 avril, lors de sa première grande intervention télévisée depuis son élection: "Malgré les difficultés, la possibilité de voir les négociations aboutir est importante. Nous ne devons pas céder à la panique. A ce jeu, celui qui prend peur est perdant." . Le 24 mai à Athènes devant le comité central de Syriza: "Nous ne céderons pas à des exigences irrationnelles sur les questions de la TVA, des retraites et du marché du travail alors que les architectes du programme le plus infructueux dans l'histoire des plans de sauvetage du FMI insistent sur ces mesures extrêmes afin de ne pas admettre leur échec." . Le 5 juin à Athènes, devant le Parlement grec, de retour de Bruxelles: "Les propositions présentées par les créanciers sont irréalistes. Le gouvernement grec ne peut pas accepter des propositions absurdes." . Le 16 juin à Athènes, devant les députés Syriza: "(Les créanciers) veulent humilier non seulement le gouvernement grec mais aussi humilier un peuple entier." . Le 19 juin à Athènes, dans un communiqué publié après l'annonce de la tenue ce lundi d'un sommet extraordinaire de la zone euro: "Le sommet des dirigeants lundi est un développement positif sur la voie d'un accord. Tous ceux qui parient sur une crise et des scénarios catastrophe ont tort Il y aura une solution fondée sur le respect des règles de l'UE et de la démocratie qui permettra à la Grèce de retrouver la croissance dans l'euro." JEAN-CLAUDE JUNCKER, président de la Commission européenne . Le 19 janvier, dans une déclaration à Reuters six jours avant les élections législatives anticipées en Grèce: "Le gouvernement qui sera élu en Grèce devra respecter les engagements déjà pris et tenir le cap de la réforme et de la responsabilité budgétaire. L'Europe soutiendra la Grèce. Mais l'Europe attend aussi de la Grèce qu'elle respecte ses engagements pris vis-à-vis de ses partenaires." . Le 20 février, dans un entretien au magazine allemand Wiwo: "Je considère la Grèce comme un membre permanent de la famille euro (...) Il n'y aura pas de sortie de la Grèce". . Le 21 avril devant la presse à Vienne: "Nous ne sommes pas du tout satisfaits de l'évolution des discussions jusqu'ici; la Grèce doit faire plus d'efforts de toute urgence." . Le 16 juin, à Bruxelles: "Je ne me soucie pas du gouvernement grec, je me soucie du peuple grec (...) Le débat en Grèce comme à l'extérieur de la Grèce serait plus facile si le gouvernement disait exactement ce que la Commission propose vraiment. J'accuse les Grecs de dire à l'opinion grecque des choses qui ne sont pas cohérentes avec ce que j'ai dit au Premier ministre grec." CHRISTINE LAGARDE, directrice générale du FMI . Le 26 janvier, dans une interview publiée par Le Monde, au lendemain de la victoire de Syriza aux élections anticipées: "Nous allons réengager le dialogue avec les autorités grecques, notamment sur leur programme de réformes structurelles. Il y a beaucoup de retard à combler (...) Il y a des règles internes à la zone euro à respecter. On ne peut pas faire des catégories spéciales pour tel ou tel pays." . Le 28 mai, dans une interview publiée par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung: "Une sortie de la Grèce est une possibilité." . Le 18 juin, lors d'une conférence de presse après l'échec d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles: "Nous ne pourrons arriver à une solution que s'il y a un dialogue et pour le moment nous n'avons pas ce dialogue, donc, de mon point de vue, l'urgence est de restaurer le dialogue avec des adultes autour d'une table." ANGELA MERKEL, chancelière fédérale d'Allemagne . Le 31 janvier dans les colonnes du quotidien allemand Die Welt: "Il y a déjà eu un abandon de créance volontaire de la part de créanciers privés; la Grèce a déjà été exemptée de milliards d'euros par les banques. Je n'imagine pas un effacement de dette supplémentaire. L'Europe va continuer à manifester sa solidarité envers la Grèce, comme envers les autres pays qui ont particulièrement souffert de la crise, à condition que ces pays fassent les réformes et les économies nécessaires." . Le 9 mars à Tokyo, lors d'une conférence de presse: "Je l'ai dit à de multiples reprises, et je peux le redire encore ici: notre objectif politique est de maintenir la Grèce dans la zone euro. Nous y travaillons depuis de nombreuses années. Mais il est aussi exact que cette pièce a deux faces: d'une part la solidarité émanant des partenaires européens et de l'autre, la capacité nationale (grecque) de mettre en oeuvre des réformes et d'autres engagements. Sur ce point, le chemin qui est devant nous est à l'évidence un chemin très difficile." . Le 18 juin à Berlin, devant le Bundestag: "J'en suis convaincue: quand il y a la volonté, il y a une solution. Si ceux qui sont aux responsabilités à Athènes peuvent mobiliser la volonté, un accord avec les trois institutions est encore possible. Nous souhaitons que le peuple grec, comme les peuples d'Irlande, d'Espagne, du Portugal et de Chypre, puisse bénéficier de la perspective d'un avenir meilleur." FRANÇOIS HOLLANDE, président français . Le 20 février à Paris, à l'issue d'un entretien avec Angela Merkel à l'Elysée: "La Grèce est dans la zone euro, la Grèce doit rester dans la zone euro et la position de la France est que tout soit fait pour que, du côté grec et du côté européen, il puisse y avoir une plus forte cohésion encore de la zone euro." . Le 3 juin à Paris, au siège de l'OCDE: "Tout doit être fait dans des conditions qui respectent le peuple grec mais qui respectent aussi les règles que l'Europe s'est données pour qu'une solution puisse être négociée durablement." JEROEN DIJSSELBLOEM, ministre néerlandais des Finances et président de l'Eurogroupe. . Le 29 janvier à Amsterdam: "En toute honnêteté, si vous additionnez toutes les promesses (de la campagne électorale), le budget grec va très vite échapper à tout contrôle (...) Le plus important pour la Grèce, c'est qu'elle respecte simplement les accords qui nous lient les uns aux autres." . Le 9 juin à Amsterdam: "J'entends beaucoup d'optimisme de la part de la Grèce, et c'est sous-estimer la complexité de ce qui leur est demandé (...) Nous ne sommes même pas d'accord sur ce qui doit encore être fait avant la fin du mois. Si les Grecs sont prêts à présenter des propositions sérieuses, nous pourrons continuer. Autrement, le processus restera bloqué." (Bureaux de Reuters; édité par Henri-Pierre André)

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