Veolia se lance dans le démantèlement de sites nucléaires

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VEOLIA SE LANCE DANS LE DÉMANTÈLEMENT DE SITES NUCLÉAIRES
VEOLIA SE LANCE DANS LE DÉMANTÈLEMENT DE SITES NUCLÉAIRES

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Veolia Environnement et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ont annoncé mardi un accord stratégique dans l'assainissement et le démantèlement des installations nucléaires, un nouveau marché prometteur pour le numéro un mondial de la gestion de l'eau et des déchets.

Alors que cette activité est aujourd'hui balbutiante pour Veolia, avec un chiffre d'affaires de 30 à 40 millions d'euros, le PDG Antoine Frérot du groupe a précisé qu'elle pourrait représenter des ventes annuelles de 300 à 400 millions d'ici trois à quatre ans.

"Le marché va surgir très rapidement, on n'a pas le temps d'attendre", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Veolia, qui veut développer son expertise en matière d'états des lieux des sites, de déconstruction, de tri ou de conditionnement des déchets, entend plus globalement jouer "un rôle d'ensemblier et d'intégrateur" de la filière.

La société estime ainsi qu'elle ne sera pas en concurrence frontale avec EDF et Areva.

"Nous apportons une garantie d'indépendance à l'égard de la filière nucléaire, Veolia étant un prestataire extérieur à cette filière", a souligné Antoine Frérot.

Evoquant les conflits à répétition avec le PDG d'EDF Henri Proglio, ancien patron de Veolia, Antoine Frérot a en outre assuré qu'ils n'affectaient pas les relations entre les deux groupes : "Il peut y avoir un problème entre les hommes et pas de problème entre les organisations."

Veolia, confronté à une érosion de ses marges dans l'eau en France et à un marché européen des déchets en berne, se lance pour la première fois depuis longtemps dans une activité aux perspectives de croissance clairement prometteuses.

A l'échelle mondiale, a souligné le groupe, près de 300 réacteurs devront être démantelés au cours des vingt à trente prochaines années.

"FORTS SUR LE MARCHÉ FRANÇAIS"

Le coût des opérations de démantèlement pourrait dépasser 200 milliards d'euros sur vingt ans au niveau mondial, dont 32 milliards en France où 9 réacteurs sont en cours de déconstruction, a également indiqué Antoine Frérot.

"Comme toujours, on sera forts sur le marché mondial si on est forts sur le marché français", a-t-il dit.

Selon Antoine Frérot, nommé directeur général de Veolia en novembre 2009 puis PDG en décembre 2010, le développement des activités du groupe dans l'assainissement et le démantèlement des installations nucléaires illustre le virage stratégique de l'entreprise, mené à grands renforts de cessions d'actifs.

"Le recentrage de Veolia vise à concentrer l'entreprise sur les problématiques environnementales d'ampleur dans le monde, là où il y a du volume mais aussi de la valeur, c'est-à-dire des clients prêts payer le plus le prix les savoir-faire de notre entreprise."

L'accord conclu entre Veolia et le CEA prévoit dans un premier temps une collaboration technologique, en particulier dans la cartographie radiologique des sites, à travers notamment des instruments de mesure.

Via sa filiale dédiée Asteralis, Veolia entend ainsi proposer des solutions industrielles adaptées à la réalisation des états des lieux des installations nucléaires, tout au long de leur démantèlement et une fois les opérations réalisées.

Une première concrétisation de l'accord Veolia-CEA se traduira par une collaboration sur deux opérations pilotes sur deux sites du CEA, à Cadarache (Bouches-du-Rhône) et Marcoule (Gard).

Veolia a déjà coopéré avec Areva au Japon en développant un système de décontamination des eaux de la centrale de Fukushima, détruite par le séisme et le tsunami de mars 2011.

L'action Veolia a terminé mardi en recul de 0,92% à 8,545 euros.

Edité par Jean-Michel Bélot

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