Venezuela-Quatrième semaine de troubles politiques, de nouveaux morts

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 (Actualisé avec de nouveaux morts) 
    par Brian Ellsworth et Diego Oré 
    CARACAS, 25 avril (Reuters) - Deux personnes ont été tuées 
lors d'une nouvelle journée de troubles politiques lundi au 
Venezuela, ce qui porte à 12 le nombre de morts survenus depuis 
le début du mois à l'occasion d'affrontements entre manifestants 
et forces de l'ordre dans le pays. 
    Dans la journée, des opposants au gouvernement ont bloqué la 
circulation, en organisant des "sit-in" monstres tandis que 
d'autres érigeaient des barricades à l'aide de déchets, 
baignoires et objets divers dans l'espoir d'obtenir des 
élections anticipées alors que la contestation contre le 
président Nicolas Maduro entre dans sa quatrième semaine. 
    Un homme de 42 ans, qui travaillait pour le gouvernement 
local de l'Etat andin de Merida, est mort d'un coup de feu reçu 
dans le cou lors d'une manifestation de soutien à Nicolas 
Maduro, ont dit le bureau du procureur et le médiateur. 
    Un autre homme, âgé de 54 ans, a été tué d'une balle reçue 
dans la poitrine lors d'une démonstration dans l'Etat agricole 
de Barinas, situé dans l'est du Venezuela, a ajouté le bureau du 
procureur sans préciser les circonstances de la mort. 
    Plusieurs personnes ont en outre été blessées dans les deux 
cas. 
    Depuis le début du mois, 11 personnes ont également péri 
durant des pillages nocturnes.  
    Le gouvernement socialiste accuse ses opposants de chercher 
à le renverser par la force avec l'appui des Etats-Unis, tandis 
que l'opposition dénonce les penchants autoritaires et 
l'incompétence du chef de l'Etat face à la grave crise 
économique que traverse le pays. 
    Outre des élections, l'opposition demande la libération des 
militants emprisonnés. La colère de la rue est aussi alimentée 
par la crise économique. 
    "J'ai le ventre vide parce que je ne trouve rien à manger", 
déclare Jeannette Canozo, femme au foyer de 66 ans, qui accuse 
la police d'avoir eu recours à des balles en caoutchouc contre 
les manifestants pour démanteler dans la matinée une barricade 
dressée sur une avenue de Caracas.  
    Brandissant le drapeau national, les manifestants ont 
dénoncé les pénuries, l'inflation galopante et l'insécurité en 
scandant: "Ce gouvernement est tombé!" 
     
    STRATÉGIES NOUVELLES 
    Pour tenter de maintenir la pression sur le gouvernement, 
l'opposition est à la recherche des stratégies nouvelles, comme 
avec les protestations silencieuses sous forme de "sit-in". 
    Lundi à Caracas, les manifestants tentaient de se rejoindre 
sur une artère importante où, en fin de matinée, plusieurs 
centaines de personnes étaient assises, jouant aux cartes, 
protégées du soleil par des chapeaux et des ombrelles. 
    Dans l'Etat de Tachira, à l'un des nombreux "sit-in" prévus 
dans tous le pays, certains jouaient au Ludo, un jeu de société, 
tandis que d'autres attendaient, drapeaux à la main. 
    Lundi à la mi-journée, les manifestations étaient largement 
pacifiques, mais les heurts se produisent en général plus tard. 
    Ce mouvement de contestation est le plus important depuis la 
vague de manifestations du printemps 2014, qui a fait 43 morts. 
    Les manifestations de cette année ont commencé quand la Cour 
suprême, favorable au gouvernement, s'est arrogée les pouvoirs 
de l'Assemblée nationale, le Parlement monocaméral, où 
l'opposition est majoritaire. Face au tollé, la Cour a 
rapidement fait marche arrière, mais, quelques jours plus tard, 
la mise à l'écart de la vie politique du chef de file de 
l'opposition Henrique Capriles a galvanisé les forces 
d'opposition. 
    Plus de 1.400 personnes ont été arrêtées depuis le début du 
mois dans le cadre des manifestations et 636 d'entre elles 
étaient toujours en détention lundi, selon le groupe de défense 
des droits Penal Forum.  
    Sous pression pour organiser des élections, Nicolas Maduro a 
souhaité la tenue rapide des élections des gouverneurs, qui 
auraient dû avoir lieu l'an dernier. Mais rien n'indique que le 
gouvernement acceptera d'avancer la prochaine présidentielle 
comme le réclame l'opposition. Le vote est prévu fin 2018. 
 
 (Avec Andreina Aponte, Carlos Garcia Rawlins et Efrain Otero à 
Caracas, Anggy Polanco et Carlos Eduardo Ramirez à San 
Cristobal; Jean-Stéphane Brosse, Danielle Rouquié et Benoît Van 
Overstraeten pour le service français) 
 
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