Venezuela-Maduro déclare l'état d'urgence, cite des menaces

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 (Actualisé avec déclarations de Maduro, contexte) 
    CARACAS, 14 mai (Reuters) - Le président vénézuélien Nicolas 
Maduro a déclaré l'état d'urgence pour une durée de 60 jours 
vendredi en raison de ce qu'il a qualifié de "menaces" venant 
des Etats-Unis et de l'intérieur du pays pour renverser son 
gouvernement. 
    Le président socialiste, qui est âgé de 53 ans, n'a pas 
donné de précision sur le contenu de cette mesure. Un précédent 
état d'urgence, instauré l'an dernier dans des Etats près de la 
frontière colombienne, s'était traduit par la suspension d'une 
partie des garanties constitutionnelles dans ces régions. 
    Auparavant, des responsables des services de renseignement 
américains avaient dit craindre un effondrement politique et 
économique au Venezuela, estimant que l'impopulaire président ne 
finirait sans doute pas son mandat.   
    L'opposition souhaite le départ du successeur d'Hugo Chavez 
alors que le pays fait face à une grave crise avec pénurie 
alimentaire, pillages ponctuels et inflation galopante.  
    Mais Nicolas Maduro a juré qu'il ne se laisserait pas 
chasser du pouvoir avant la fin de son mandat. Il accuse les 
Etats-Unis de fomenter un coup d'Etat visant à le destituer. 
Pour le président, la mise à l'écart de la présidente 
brésilienne Dilma Rousseff par le Sénat brésilien cette semaine 
est le signe qu'il est le prochain sur la liste. 
    "Washington s'active, à la demande de la droite fasciste 
vénézuélienne, qui se sent enhardie par le coup d'Etat au 
Brésil", a déclaré vendredi l'ancien dirigeant syndical dans un 
discours télévisé. 
    Les relations entre Washington et Caracas sont tendues 
depuis des années, et particulièrement depuis le soutien des 
Etats-Unis à une tentative de putsch manquée contre Hugo Chavez 
en 2002. 
    Le Parti socialiste vénézuélien au pouvoir est un allié de 
longue date du Parti des travailleurs brésilien de Dilma 
Rousseff, et le départ de cette dernière achève d'isoler Maduro. 
    L'opposition, qui estime Maduro alarmistes avec ses 
accusations de complot, a condamné l'instauration de l'état 
d'urgence. 
    "Aujourd'hui Maduro a de nouveau violé la Constitution", a 
dit le député de l'opposition Tomas Guanipa. "Pourquoi? Parce 
qu'il a peur d'être destitué", a-t-il ajouté. 
 
 (Deisy Buitrago et Alexandra Ulmer; Danielle Rouquié et Julie 
Carriat pour le service français) 
 
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