Venezuela-L'opposition manifeste, appelle à la grève générale

le , mis à jour à 23:28
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    * L'opposition veut le départ du président Maduro 
    * Elle souhaite organiser un référendum révocatoire 
    * Le pouvoir refuse, d'où un appel à la grève vendredi 
    * Marche envisagée sur le palais présidentiel le 3 novembre 
 
 (Actualisé avec précisions, appel à grève, contexte) 
    par Andrew Cawthorne et Diego Oré 
    CARACAS, 26 octobre (Reuters) - Les partisans de 
l'opposition vénézuélienne ont manifesté en masse mercredi à 
travers tout le pays pour demander le départ du président 
socialiste Nicolas Maduro, ont appelé à la grève générale pour 
vendredi et menacé de marcher sur le palais présidentiel la 
semaine prochaine. 
    Mise en rage par le refus du président la semaine dernière 
de laisser se poursuivre l'organisation d'un référendum 
révocatoire à son encontre, l'opposition s'est montrée plus 
agressive ces derniers jours. 
    Nicolas Maduro, largement impopulaire en raison de la grave 
crise économique qui frappe le pays, accuse de son côté 
l'opposition de fomenter un coup d'Etat avec l'aide des 
Etats-Unis. 
    "Ils sont désespérés. Ils ont reçu l'ordre du nord de 
détruire la révolution vénézuélienne", a déclaré le chef de 
l'Etat de 53 ans devant ses partisans, reconnaissables à leurs 
chemises rouges, qui organisaient une contre-manifestation. 
    Après avoir lancé un procès politique contre Nicolas Maduro 
mardi à l'Assemblée nationale, la coalition d'opposition a 
organisé des défilés dans tout le pays.  
    "Le gouvernement va tomber!", criait la foule. De nombreux 
manifestants étaient vêtus de blanc et agitaient le drapeau 
national. 
    Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre 
ont eu lieu dans plusieurs villes du Venezuela et notamment à 
San Cristobal dans l'ouest. Les manifestants, le visage masqué, 
ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de 
l'ordre et ont attaqué le siège local de la commission 
électorale. La ville avait été l'épicentre des violences lors 
des manifestations contre Maduro en 2014.  
     
    "GUERRE ECONOMIQUE" 
    Selon les dirigeants de l'opposition, les heurts de mercredi 
ont fait plusieurs dizaines de blessés. Deux journalistes ont 
notamment été blessés par balle à Maracaibo, près de la 
frontière colombienne. Ils ont été hospitalisés. 
    Les dirigeants de la coalition ont appelé à la grève 
générale pour vendredi. Ils menacent de marcher sur le palais 
présidentiel à Caracas le 3 novembre si la tenue du référendum 
de destitution qu'ils réclament n'est pas autorisée d'ici là. 
    Puissance pétrolière, le Venezuela traverse sa troisième 
année de récession économique et vit à l'heure des pénuries 
alimentaires et de l'inflation galopante. 
    L'opposition réclame le départ de Nicolas Maduro, qui a été 
élu de justesse après la mort d'Hugo Chavez en 2013. Elle 
l'accuse d'être un autocrate incompétent responsable de la crise 
économique qui frappe le pays. 
    Le président répond que la récession est due à la chute des 
cours du pétrole et à la "guerre économique" que mènent les 
Etats-Unis contre le Venezuela. 
    Les forces de sécurité avaient érigé des barrages routiers à 
l'entrée de Caracas et fermé certaines stations de métro de la 
capitale mercredi. Cela n'a pas dissuadé l'opposition de 
manifester en masse. 
    Redoutant des affrontements, de nombreuses entreprises sont 
restées portes closes et peu de parents ont emmené leurs enfants 
à l'école. 
    Les manifestations organisées il y a deux ans ont fait 43 
morts, dans les rangs de l'opposition et dans ceux des partisans 
du président Maduro, ce qui fait qu'un certain nombre de 
Vénézuéliens craignent les manifestations. 
 
 (Avec Andreina Aponte, Alexandra Ulmer, Corina Pons et Eyanir 
Chinea à Caracas, Isaac Urrutia à Maracaibo, Mircely Guanipa à 
Punto Fijo, Anggy Polanco à San Cristobal; Nicolas Delame et 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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