Venezuela-L'opposition empêchée de manifester à Caracas

le
1
    CARACAS, 18 mai (Reuters) - Les forces vénézuéliennes ont 
fait usage de gaz lacrymogène pour empêcher des partisans de 
l'opposition de défiler mercredi dans les rues de Caracas et 
réclamer le départ de Nicolas Maduro, successeur impopulaire du 
défunt président Hugo Chavez. 
    Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue 
pour rejoindre le siège de la commission électorale, mais des 
soldats de la Garde nationale et des policiers ont bouclé le 
quartier et tenté de disperser la foule. 
    "Ils ont peur. Les Vénézuéliens sont fatigués et ils ont 
faim", a déclaré Alfredo Gonzales, un manifestant de 76 ans. 
    Un autre manifestant, José Alirio, 48 ans, qui dit avoir 
voté pour Hugo Chavez, a lui aussi exprimé son mécontentement à 
l'égard de Maduro. "Les boulangeries sont vides. Je vais 
peut-être me mettre à voler. Il doit régler les problèmes ou 
partir." 
    La semaine dernière, certaines marches avaient déjà tourné à 
la violence, les soldats utilisant des gaz lacrymogènes contre 
de jeunes manifestants qui leur lançaient des pierres. 
    Nicolas Maduro a prédit en début de journée la "disparition" 
imminente du parlement dominé par l'opposition. 
    "L'Assemblée nationale a perdu toute légitimité politique. 
Elle va disparaître, ce n'est qu'une question de temps", a dit 
le chef de l'Etat socialiste, âgé de 53 ans, à la presse. 
    Il n'a pas précisé ce qui pourrait advenir de l'actuelle 
législature, même si, en avril, il menaçait de faire amender la 
Constitution pour réduire la durée du mandat parlementaire, qui 
est de cinq ans actuellement. 
    Tirant parti de la colère de l'opinion face au chaos 
économique, la coalition d'opposition a remporté la majorité à 
l'Assemblée nationale lors des législatives de décembre et se 
bat pour qu'un référendum ait lieu sur la question de la 
révocation de Maduro. 
    Mais les hiérarques du Parti socialiste au pouvoir estiment 
que ce n'est pas le moment d'organiser un tel référendum. De 
plus, la Cour suprême a invalidé la majeure partie des nouvelles 
lois adoptées par l'assemblée, ce qui a conduit l'opposition à 
accuser Maduro d'être devenu un dictateur soutenu par des 
institutions à sa botte. 
    "Que ce passera-t-il s'ils barrent la voie de la démocratie 
?", s'interrogeait le chef de file de l'opposition, Henrique 
Capriles, qui se bat pour qu'un référendum ait lieu. "Nous ne 
voulons pas d'explosion sociale au Venezuela, pas plus qu'une 
solution militaire", a-t-il dit. 
    Les manifestations de rue et les scènes de pillage 
deviennent de plus en plus courantes dans le pays, sur fond de 
montée de la colère des Vénézuéliens face aux pénuries 
alimentaires, aux coupures d'électricité et d'eau potable. 
L'inflation qui sévit dans le pays est la plus élevée au monde 
    Durant le week-end, Nicolas Maduro a proclamé l'état 
d'urgence pour une durée de 60 jous, élargissant ses pouvoirs de 
manière à contourner le parlement, intervenir sur le plan 
économique et contrôler les rues. 
    Mardi soir, l'Assemblée nationale dominée par l'opposition, 
a refusé d'entériner l'état d'urgence, parlant là d'une 
violation de la constitution et d'une dangereuse accumulation du 
pouvoir. 
 
 (Andrew Cawthorne et Daniel Kai; Eric Faye et Nicolas Delame 
pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M9425023 il y a 8 mois

    Russie, Turquie, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Venezuela, et tous ceux qui n'ont encore jamais goûté à la démocratie;;;