Venezuela-L'opposition dénonce un président Maduro "désespéré"

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    * Manifestation de l'opposition contre l'état d'urgence 
    * Maduro évoque des "menaces" venues des USA et du Venezuela 
    * Prévoit des manoeuvres militaires le week-end prochain 
    * Près de 70% de la population pour le départ du président 
 
 (Actualisé avec commentaire de Maduro) 
    par Alexandra Ulmer et Corina Pons 
    CARACAS, 15 mai (Reuters) - L'opposition vénézuélienne a 
dénoncé samedi la décision du président Nicolas Maduro 
d'instaurer l'état d'urgence dans le pays, en promettant de 
redoubler d'efforts pour obtenir par référendum son départ avant 
la fin de l'année.  
    Maduro a déclaré vendredi soir l'état d'urgence pour une 
durée de 60 jours en arguant de "menaces" en provenance du 
Venezuela et des Etats-Unis pour renverser son gouvernement. 
      
    Pour l'opposition, qui a organisé samedi une manifestation à 
Caracas, la capitale, la décision du chef de l'Etat est un signe 
de panique face aux appels de plus en plus nombreux à la tenue 
d'un référendum sur sa destitution, sur fond de crise économique 
grave. 
    "Nous parlons d'un président désespéré qui se place lui-même 
en marge de la légalité et de la constitutionnalité", a déclaré 
Jesus Torrealba, chef de file de la coalition de l'Unité 
démocratique, ajoutant que Maduro était en train de perdre des 
soutiens au sein de son propre camp.  
    "Si l'état d'urgence est mis en place sans que l'Assemblée 
nationale ne soit consultée, on peut parler techniquement d'un 
auto-coup d'Etat", a-t-il dit alors que des centaines de 
partisans de l'opposition défilaient en agitant le drapeau 
vénézuélien et en brandissant des pancartes appelant à la 
convocation d'un référendum.  
    L'opposition est majoritaire à l'Assemblée nationale depuis 
les élections législatives de décembre, qui se sont tenues sur 
fond de pénuries de produits de base, d'inflation galopante et 
de montée de la criminalité.  
    Mais la Cour suprême vénézuélienne a à plusieurs reprises 
donné raison à Maduro dans ses différends avec l'Assemblée.  
     
    "UNE BOMBE À RETARDEMENT" 
    Selon un récent sondage, près de 70% des Vénézuéliens 
souhaitent que le président quitte le pouvoir avant la fin de 
cette année.  
    Maduro entend rester en poste jusqu'à la fin de son mandat, 
en 2019. Il accuse l'opposition de vouloir le chasser du pouvoir 
comme vient de l'être son homologue brésilienne Dilma Rousseff. 
    Dénonçant la volonté de certains fauteurs de troubles de 
provoquer des violences pour justifier une invasion étrangère, 
Nicolas Maduro a ordonné samedi des manoeuvres militaires pour 
le week-end prochain. 
    "Nous allons dire à l'impérialisme et à la droite 
internationale que le peuple est présent, les outils de paysan 
dans une main et le fusil dans l'autre (...) pour défendre cette 
terre sacrée", a déclaré le président lors d'un rassemblement 
public.  
    Le gouvernement, a-t-il ajouté, reprendra les usines qui 
sont à l'arrêt. Il n'a pas donné plus de précisions. 
    L'opposition, elle, réclame des mesures au président face 
aux besoins urgents de la population. 
    "Il y aura une explosion sociale si Maduro ne permet pas que 
le référendum sur sa destitution ait lieu", a dit Marisol Dos 
Santos, une manifestante de 34 ans, salariée d'un supermarché.  
    L'opposition a déposé le 2 mai environ 1,85 million de 
signatures de citoyens favorables à la tenue d'un référendum, 
près de dix fois les 200.000 nécessaires pour que la requête 
soit examinée. 
    Si les signatures sont validées, l'opposition devra lancer 
une nouvelle campagne pour réunir quatre millions de signatures 
afin que le scrutin ait lieu.  
    Les opposants à Maduro craignent cependant de voir les 
autorités freiner le processus pour que le référendum n'ait pas 
lieu avant 2017, car en cas de destitution, la présidence 
reviendrait alors au vice-président, une fonction qu'occupe 
actuellement le socialiste Aristobulo Isturiz. 
    "Si on bloque cette voie démocratique, on ne sait pas ce qui 
peut se passer dans ce pays", a dit Henrique Capriles, deux fois 
candidat à la présidence, lors de la manifestation de samedi. 
    "Le Venezuela est une bombe à retardement qui peut exploser 
à tout moment." 
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 
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