Vendredi 13 et 10-11-12, la FDJ exploite la veine de la numérologie

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AFP PHOTO MARION BERARD
AFP PHOTO MARION BERARD

(AFP) - Vous avez aimé les vendredis 13, vous adorerez peut-être le 10-11-12: la Française des Jeux (FDJ) exploite la veine de la numérologie et propose samedi soir, le 10-11-12 (10 novembre 2012), une cagnotte "exceptionnelle" du Loto de 7 millions d'euros.

En présentant jeudi cette nouvelle cagnotte, la FDJ a expliqué que cela répondait aux demandes de joueurs qui souhaitent davantage de cagnottes spéciales liées à des dates précises, comme le vendredi 13.

2012 a été une année faste pour l'opérateur de jeux avec trois vendredis 13, autant de cagnottes spéciales de 13 millions d'euros et une augmentation moyenne de 20% du nombre des joueurs par rapport à un tirage moyen.

Le 7 juillet 2007 (7-7-7), la FDJ avait déjà proposé une cagnotte de 7 millions d'euros qui avait attiré deux fois plus de joueurs qu'un tirage normal.

Deux universitaires parisiens, membres du Forum de l'observatoire des jeux financé par la FDJ, ont expliqué à la presse l'intérêt jamais démenti des Français pour la numérologie.

Pour Elisabeth Belmas, professeur d'histoire moderne à Paris-XIII, auteur de plusieurs ouvrages sur les jeux de hasard en France, les "chiffres et les nombres, dès qu'ils ont existé, ont toujours possédé une valeur symbolique".

Citant les arithméticiens de l'Ecole de Pythagore, l'historienne explique qu'ils entendaient "parvenir à décoder l'origine et le sens de l'univers". Pour eux, le 10 était un "nombre naturel" parce que l'on peut compter sur les doigts, le 11 un "nombre entier fort, la valeur moyenne de ses voisins 7 et 13 étant inférieure à sa propre valeur", et le 12 un multiple du 6 "nombre parfait".

Au XVIe siècle, poursuit-elle, les mathématiciens "ont tenté de donner des lois au hasard par la théorie des probabilités", suivie deux siècles plus tard par l'apparition du tarot en France. Dans ce jeu de cartes, note Elisabeth Belmas, le 10 représente la "chance", le 11 la "force" et le 12 le "pouvoir occulte".

"En période de crise", relève Dominique Desjeux, professeur d'anthropologie sociale et culturelle à Paris Descartes, "le jeu, c'est aussi de l'apaisement et un réducteur d'incertitude et d'angoisse". Elisabeth Belmas rappelle que "l'on avait jamais autant joué que pendant la Révolution française et que la Loterie royale de France n'avait été supprimée qu'en 1793 avant de réapparaître sous l'Empire".

Dominique Desjeux estime par ailleurs que la numérologie, liée aux jeux d'argent et de hasard, relève du "domaine des croyances et qu'il n'y a pas de société sans croyances". Il cite le sociologue Gérald Bronner, auteur de Coïncidences. Nos représentations du hasard (Vuibert), qui estime que "l'homme ne supporte pas les coïncidences mais préfère ramener le hasard à quelque chose que l'on peut maîtriser".

"A travers les chiffres, l'homme estime qu'il peut maîtriser le hasard", conclut Dominique Desjeux.

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  • cloclo10 le vendredi 9 nov 2012 à 10:15

    Décidement tous les prétextes sont bons pour attirer les gens comme moi prets à sacrifier quelques € pour espérer et finalement etre déçus ... chaque fois je me laisse tenter espérant amener de quoi finir ma vie à l'aise , mais en vain , j'essaierai encore , mais comme soeur Anne , je ne vois rien venir !