Vendée : un blé éthique sur le modèle du commerce équitable

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Peter S/shutterstock.com
Peter S/shutterstock.com

(AFP) - Local, à prix garanti et dans le souci de l'environnement, une coopérative de Vendée lance le premier "blé éthique" de l'agriculteur au consommateur, sur le modèle du commerce équitable.

C'est principalement pour contrer la volatilité extrême du marché des céréales que le groupe Cavac a lancé cette initiative, explique Ludovic Brindejonc, directeur qualité et développement durable de Cavac (qui collecte 800.000 t de blé par an), également directeur général de Agri-Ethique, la société créée spécialement.

Le pacte Agri-Ethique, qui démarrera vraiment avec la première récolte cet été, entend contribuer à la préservation des emplois locaux et garantir aux agriculteurs des prix fixés à l'avance pour trois ans, explique M. Brindejonc.

"Ce qui fait la force de notre démarche c'est le contrat de filière entre la coopérative, le meunier et le boulanger ou l'industriel", raconte-t-il à l'AFP. "On s'engage sur un prix et un volume donné sur 3 ans et personne ne peut sortir de ce contrat pendant ces trois années. Mais c'est une façon de contourner le marché".

Pour lui, "tout le monde doit y gagner".

"Nous avons mené notre enquête et interrogé tous nos clients pendant plus de six mois pour connaître leurs préoccupations": ce sont surtout la volatilité des matières premières, l'emploi, la valorisation de l'agriculture et les questions environnementales qui sont apparues, alors que les agriculteurs sont souvent montrés du doigt.

"Notre métier c'est de vendre du blé et de la farine à nos clients, mais en aucune façon de subir le stress permanent des marchés", insiste M. Brindejonc.

Cinq minoteries de la région et une premier gros industriel de Nantes, l'entreprise Tradeoz qui fournit 190 collectivités en petits pains, ont rejoint le pacte.

Pour limiter les risques de cette démarche innovante à prix fixe, Agri-Ethique ne porte que sur 30% du blé collecté par Cavac. En revanche M. Brindejonc compte bien l'étendre aux producteurs et industriels des autres régions.

Une coopérative du Maine-et-Loire vient d'ailleurs de la rejoindre, la Coopérative agricole du Pays de Loire (CAPL) qui collecte 200.000 tonnes auprès de ses 4.000 agriculteurs sociétaires.

"La meilleure manière de faire partager notre démarche est de passer par les artisans", estime M. Brindejonc qui rappelle qu'il ne s'agit "ni d'un label ni d'une certification", même si les producteurs adhèrent aux principales démarches éco-responsables et comptent en tester d'autres.

Artisans intéressés et consommateurs peuvent se renseigner sur le site www.agriethique.fr

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