Vendée Globe: les seize navigateurs à la merci du Pot au noir

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LE PARCOURS DU VENDÉE GLOBE
LE PARCOURS DU VENDÉE GLOBE

par Sophie Greuil

PARIS (Reuters) - Après presque neuf jours de course et déjà quatre abandons, la tête du Vendée Globe entre au creux d'un piégeux Pot au noir où l'absence parfois cruelle de vents réduit à néant les plus beaux matelas de milles et redistribue donc les cartes.

Au dernier classement, pointé à 08h00 GMT, la flotte des seize solitaires était toujours emmenée par le Breton Armel Le Cléac'h sur "Banque Populaire", premier pris au piège dans cette zone proche de l'équateur.

Scotché à cinq noeuds, son leadership était en danger.

A trente milles derrière lui se trouvait le Charentais François Gabart sur "Macif", talonné, à cinq milles, par le Niçois Jean-Pierre Dick sur "Vibrac-Paprec 3", qui avait parcouru 390 milles en vingt-quatre heures.

Les deux dauphins de Le Cléac'h fusaient encore à environ quinze noeuds et les autres poursuivants filaient au portant entre 12 et 16 noeuds vers l'Equateur situé à 430 milles, avant d'être, sans doute, freinés par les vents mollassons.

BRICOLAGE AU CARBONE

Dernier représentant du quintette de tête, à 80 milles du leader, Vincent Riou résumait le Pot au noir comme "la grosse inconnue", un passage "stratégique nécessitant à la fois chance et clairvoyance pour débusquer le trou de souris bien venté".

Au passage, le skipper de "PRB", vainqueur de la cinquième édition, avouait "avoir eu une grosse frayeur après une collision avec un tronc d'arbre" dimanche, sans dire si son bateau avait été endommagé.

Alors que Jérémie Beyou tentait toujours de trouver une solution pour fixer sa quille, le Britannique Alex Thompson a connu un gros problème avec sa barre de liaison des safrans.

Sous 19 noeuds de vent, le skipper de "Hugo Boss" s'est bricolé au pied levé une attelle de fortune en lamelles de carbone.

L'opération a duré sept heures desquelles il est ressorti "crevé, couvert de peinture argenté, de poudre de carbone mais, heureusement, sans doigt coupé et sans trou dans la coque".

Sixième au classement à cent milles du leader, Alex Thomson participe à son troisième Vendée Globe, après avoir abandonné dans les deux dernières éditions.

ARRÊT POUR PÊCHER

En queue de flotte, à 1.500 milles du leader, le Polonais Zbigniew Gutkwoski sur "Energa", ne cumulait ni les milles ni les noeuds mais les galères et les doutes.

Après avoir dû se séparer de son grand gennaker - une voile d'avant -, après avoir vu son pilote automatique rendre l'âme et son électronique de bord dérailler, "Gutek", lancé à 39 ans dans son premier tour du monde en solitaire, s'est arrêté.

Dimanche lors de la dernière vacation, il était aussi proche de l'épuisement que de l'abandon.

"Là, je pêche en réfléchissant à une solution pour résoudre mes problèmes. Et à l'instant, je n'ai aucune idée. Je n'arrive pas à dormir parce que je passe mon temps à réfléchir", racontait-il.

"Par le passé, j'ai failli perdre ma vie dans les mers du Sud. Il est hors de question que cette situation se reproduise", glissait le premier Polonais lancé sur cette circumnavigation.

Depuis le départ, quatre skippers ont abandonné : Marc Guillemot, dès le premier jour de course, Kito de Pavant et Louis Burton, qui ont tous les deux heurté un chalutier, et Samantha Davies.

Seule femme de cette édition, la Britannique a démâté au large de Madère. Au moteur, elle partait lundi pour le Portugal afin d'y récupérer un mât de fortune de sept mètres. Elle devait ensuite, en évitant les vents trop costauds et accompagnée d'un équipier, ramener son bateau "Savéol" en France.

Edité par Grégory Blachier

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