Vendée Globe : Gabart le surdoué l'emporte et pulvérise l'ancien record

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Le vent étant bien retombé, le Français Gabart (29 ans) a franchi à petite vitesse la ligne d'arrivée située à l'extérieur du chenal à 15h18 française, bouclant sa circumnavigation express en 78 j 02 h et 16 min, améliorant de 6 j et 53 min le record établi en 2009 par son mentor Michel Desjoyeaux (84 j 03 h et 09 min).

Gabart, qui a parcouru au total 28.646,5 milles (53.053 km) à la vitesse moyenne de 15,3 noeuds, a devancé de 3 h 17 min son compatriote Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), 35 ans, qui a franchi la ligne d'arrivée à 18h35, avait déjà terminé 2e du dernier Vendée Globe, en 2009, derrière le Français Michel Desjoyeaux.

L'écart entre Gabart et Le Cléac'h (3 h 17 min) est le plus petit enregistré lors des sept éditions du Vendée Globe.

"Ca a toujours été dur. On a jamais pu se reposer", a déclaré le vainqueur juste après son arrivée.

"J'ai appris sur moi, qu'on avait des limites qui étaient très très loin, que le corps humain, l'homme peut faire de belles choses. Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir une seconde de pause. Il faut beaucoup d'énergie, beaucoup de boulot et l'envie de bien faire", a t-il ajouté.

Quelques minutes après le franchissement de la ligne, des équipiers de Gabart sont montés à bord pour s'occuper du bateau, ainsi que sa femme Henriette qui est tombée dans ses bras.

Le poursuivant immédiat de Gabart, le Français Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), était attendu dans la soirée aux Sables.

"Merci Armel, ce qu'on a vécu tous les deux c'est quelque chose d'exceptionnel. Toute l'intensité qu'il y a eu pendant ces trois mois c'est grâce ou à cause d'Armel" a déclaré le vainqueur au sujet de la rivalité avec son dauphin.

Desjoyeaux avait embarqué au milieu de la nuit dans un catamaran à moteur pour aller accueillir Gabart, son poulain, au large des côtes vendéennes.

Le mauvais temps qui balayait samedi le golfe de Gascogne avait conduit les autorités à interdire la sortie du chenal aux plaisanciers dimanche matin.

Frères siamois Des milliers de personnes s'étaient massées dès le début de la matinée sur le bord du chenal des Sables-d'Olonne pour acclamer le vainqueur du Vendée Globe, vêtues de cirés, armées de parapluies, équipées de toiles imperméables pour s'asseoir.

Des deux côtés du chenal, les rangs de spectateurs ont grossi à mesure que l'heure filait, les conversations fusant sur les heures probables d'arrivée mais aussi les mérites des différents concurrents.

Sur la rive nord du chenal, la Chaume, le stand Macif, parraineur de Gabart, proclamait "Bravo François", tandis que sur la rive sud des fans avaient accroché une longue banderole pour Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), attendu lui dimanche en fin d'après-midi.

Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative était elle aussi présente aux Sables pour l'arrivée des premiers skippers, en compagnie de Bruno Retailleau, président de la SAEM Vendée et président du Conseil général de la Vendée.

Gabart et Le Cléac'h ont des parcours assez similaires et sont passés par le Pôle Finistère Course au large de Port-la-Forêt, véritable usine à champions dirigée par Christian Le Pape.

Gabart, blond aux yeux bleus de 1,71 m pour 66 kg, avait assisté en spectateur au départ du dernier Vendée Globe il y a quatre ans et a donc réussi son incroyable pari après une carrière météorique.

Le secret du Charentais, né à Saint-Michel d'Entraygues mais aujourd'hui installé à La Forêt-Fouesnant (Finistère) avec sa compagne norvégienne Henriette et leur fils de 10 mois Hugo, tient sans doute à sa formation d'ingénieur (Insa Lyon).

Sa victoire dans le Vendée Globe est un modèle d'intelligence. Toujours aux avant-postes dans la descente de l'Atlantique et l'océan Indien, dessinant des trajectoires impeccables, il est passé en tête de la flotte à la hauteur du cap Leeuwin (sud-ouest de l'Australie), se livrant ensuite à un duel haletant avec Le Cléach jusqu'au cap Horn.

Gabart a pris le large dans la remontée de l'Atlantique, son "meilleur ennemi" lui reprenant toutefois quelques milles à la hauteur du Pot au Noir. Mais le skipper de Macif n'a plus jamais quitté la tête de la course et a gardé son sang froid jusqu'au bout. Même lors de la dernière ligne droite dans le golfe de Gascogne, sous la pression d'un Le Cléac'h qui, fidèle à son surnom de "chacal", ne voulait rien lâcher.

La victoire de Gabart ne signe pas la fin de la course. Derrière Le Cléac'h, le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss), 3e, devrait être le prochain concurrent à rallier Les Sables, mardi ou mercredi.

Vingt concurrents avaient pris le départ du Vendée Globe le 10 novembre et 12 étaient encore en course dimanche.

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