Vendée Globe: Gabart et Le Cléac'h, toujours en deux de couple

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LE PARCOURS DU VENDÉE GLOBE
LE PARCOURS DU VENDÉE GLOBE

par Sophie Greuil

PARIS (Reuters) - Siamois pendant un mois et demi de course, François Gabart et Armel Le Cléac'h sont entrés dans l'Atlantique par des routes différentes qui peuvent rebattre les cartes du Vendée Globe à l'approche de zones parfois peu ventées.

Après 58 jours de course, François Gabart sur 'Macif' devançait de 58 milles son concurrent sur 'Banque Populaire' au classement de 08h00 GMT, lundi, et s'attendait à ce que leurs routes se croisent encore.

"Nous sommes au près, les bateaux penchent mais, ne vont pas très vite, pour autant. Certes, onze noeuds de vent, ce n'est pas ridicule. Ne vous prenez pas trop la tête pour savoir qui va aller le plus vite des deux. Patience", s'amusait le leader.

"Nos routes risquent encore de converger. Comme un bon vieux couple, on va encore certainement se retrouver", ajoutait le benjamin de la course, qui effectue à 29 ans son premier tour du monde en solitaire.

Comme depuis le départ des Sables d'Olonne, Armel Le Cléac'h préfère les routes les plus courtes aux plus rapides, mieux ventées. Décalé à l'ouest, le skipper de 'Banque Populaire' devrait y être le premier à toucher une dépression et s'est donc rapproché de la route directe.

"Entre le Cap Horn et le Brésil, cette partie de l'Atlantique n'est pas la plus simple au niveau de la stratégie. Les fichiers météorologiques changent tous les jours", a expliqué 'le chacal'.

"Il faut trouver le meilleur chemin pour aller rejoindre les alizés au niveau du Brésil. Depuis le Horn, ce ne sont pas des vacances", résume le marin de 35 ans, deuxième du Vendée Globe en 2008-2009.

GRIGNOTAGE

A la faveur de cette remontée de l'Atlantique, la tête de la flotte voit aussi les degrés remonter.

Pour François Gabart, l'occasion était donc trop belle de prendre un peu de temps avant le passage de l'impitoyable Pot au noir. Et pour Armel Le Cléac'h, l'accalmie pourrait permettre de raser l'épaisse barbe qui lui a tenu chaud entre les icebergs.

Non-localisé au dernier classement, Jean-Pierre Dick était alors troisième à 250 milles, soit une demi-journée de la tête.

En quittant les mers australes, le skipper de 'Virbac-Paprec3' s'est délesté de ses embrouilles avec drisses et gennaker, libéré après quatre allers et retours dans le mât. Depuis, son bateau bleu vole.

"C'est un peu une nouvelle course qui démarre pour moi. Il faut grignoter doucement, à la force du poignet, et jouer sa carte jusqu'au bout", a-t-il résumé. "Je me suis donné un objectif : arriver à l'Equateur avec un écart de douze heures."

Juste derrière, le Britannique Alex Thompson sur 'Hugo Boss' a été le quatrième, vendredi, à passer le Cap Horn, deux jours et huit heures après François Gabart.

GRÊLE ET POISSE

Plus loin, neuf solitaires boxaient encore avec le bout du Pacifique miné de glaces. Au coude-à-coude, tous ramaient pour caresser le mythique Cap Horn, synonyme de délivrance et de retour à l'écurie vendéenne.

A 300 milles du Cap Horn, Jean Le Cam sur 'SynerCiel' se décrivait, sur Twitter, "comme un skieur qui fait un slalom et qui se bat contre d'autres en tout schuss".

Plaqué par une rafale de 42 noeuds, le 60 pieds de son poursuivant direct, Mike Golding, s'est couché d'un sale coup. Le Britannique s'en est relevé trempé et glacé.

Derrière lui, Arnaud Boissières jouait "le shaker et l'auto-tamponneuse sous un ciel parfois très noir le jour" avec 'Akena Verandas'.

A 5.000 milles de la tête de course, le Franco-Italien Alessandro Di Benedetto fermait toujours la marche avec le sourire malgré des nuits dynamitées par un moteur capricieux.

Sous 41 noeuds de vent néo-zélandais, il vient de fêter ses 42 ans avec foie gras et sorbet au citron, arrosés par un nuage de grêle.

Enfin, Bernard Stamm sur 'Cheminées Poujoulat' continuait à naviguer malgré sa poisse des dernières heures.

Après avoir été disqualifié pour avoir bénéficié d'assistance lors d'une réparation de ses hydrogénérateurs, le Suisse, en attente d'un nouveau verdict après la réouverture de son dossier, a percuté dimanche un objet flottant non identifié.

Son hydrogénérateur babord a été arraché. Le tribord était déjà mort. Privés d'énergie, son pilote automatique, sa centrale météo, son radar, son moteur électrogène et son dessalinisateur tournent au grand ralenti. Et ses réserves de sécurité d'eau se tarissent.

Dès qu'il le pourra, Bernard Stamm se ravitaillera en carburant et sera mis définitivement hors course, cette fois.

Edité par Gregory Blachier

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