Veillée d'armes pour les repreneurs potentiels de Doux

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AUDIENCE CAPITALE POUR DOUX VENDREDI DEVANT LE TRIBUNAL DE COMMERCE
AUDIENCE CAPITALE POUR DOUX VENDREDI DEVANT LE TRIBUNAL DE COMMERCE

par Pierre-Henri Allain

RENNES (Reuters) - Charles Doux, appuyé par la banque Barclays, et le consortium réuni par Sofiprotéol fourbissent leurs armes pour prendre le contrôle du volailler Doux avant l'audience de vendredi devant le tribunal de commerce de Quimper (Finistère).

Le plan de continuation mis au point par le PDG du groupe, et Michel Léonard, directeur général nommé après le placement en redressement judiciaire le 1er juin, a été présenté jeudi matin aux représentants des salariés lors d'un Comité central d'entreprise (CCE) à Chateaulin (Finistère).

Selon ce plan, qui suppose la poursuite de la période d'observation jusqu'au 31 décembre, Barclays convertirait une partie des 140 millions d'euros que Doux lui doit en parts de capital à hauteur de 80%, prenant le contrôle du groupe, a-t-on appris de source proche du dossier et auprès des syndicats.

La famille Doux, qui possède actuellement 80% des parts, n'en détiendrait plus que 16%, et BNP Paribas, qui en détenait 20%, n'en garderait que 4%, selon Nadine Hourmant, déléguée de Force Ouvrière (FO) au CCE, qui s'est déclarée très sceptique sur le plan de Charles Doux.

"La banque Barclays n'est là que pour récupérer ses créances. Mais quelle confiance peut-on leur accorder ? Quelles garanties avons-nous sur l'avenir ? Ce plan, c'est beaucoup d'interrogations et beaucoup d'inquiétudes", a-t-elle dit.

Au cas où le projet de cession proposé par l'organisme financier agro-alimentaire Sofiprotéol serait retenu par le tribunal, la banque Barclays perdrait en effet la totalité de sa créance et la famille Doux ses parts de capital.

Selon le plan de continuation, 25 millions d'euros seraient également apportés à la trésorerie du groupe pour permettre la poursuite de la période d'observation.

L'un des principaux clients du volailler au Moyen-Orient, le groupe saoudien Al Munajem, apporterait 12 millions d'euros, la Banque Barclays 10 millions d'euros et les sociétés chargées de recouvrer les créances du groupe auprès de la grande distribution 3 millions d'euros.

Selon la direction du groupe, ce plan permettrait de sauver 3.190 emplois sur un total de 4.195 dont 711 en contrat à durée déterminée (CDD), principalement dans les pôles poulet export et produits élaborés, une partie de l'activité de l'usine de Pleucadeuc (Morbihan) étant conservée.

"QUAND VA-T-ON PARLER DE SOCIAL ?"

"Le plan de Charles Doux prévoit de lâcher tout le pôle frais qui serait proposé à LDC pour le site de Laval et à Duc pour les sites de Blancafort (Cher) et Boynes (Loiret)", précise Nadine Hourmant qui ajoute que les sites de Sérent, dans le Morbihan (175 salariés) et Graincourt, dans le Pas de Calais (253 salariés) seraient abandonnés.

"On nous parle chiffres, avec Doux qui veux augmenter les volumes de poulets congelés et ne se rend même pas compte que les outils en sont incapables, mais quand est-ce que l'on va parler de social ?", s'insurge la déléguée FO.

Dans l'hypothèse où certains sites du pôle frais seraient repris par LDC et Duc, le nombre d'emplois sauvés par le plan de continuation de Charles Doux serait toutefois légèrement supérieur aux projections de Sofiprotéol.

Ce dernier a annoncé mardi pouvoir préserver 2.707 emplois auxquels s'ajouteraient 371 propositions de reclassements dans les différentes entreprises du consortium.

Parmi ces entreprises, se mettraient notamment en place des "synergies" entre LDC, Duc, Terrena et Glon-Sanders, filiale de Sofiprotéol, pour reprendre les pôles frais et les produits élaborés et l'usine Père Dodu de Quimper.

La société Tilly-Sabco prendrait quant à elle en charge le pôle poulet export mais les sites de Pleucadeuc et Graincourt ne seraient pas repris.

Les dirigeants de Sofiprotéol ont également déclaré mardi que si leur projet était retenu, la production de poulets congelés destiné à l'export serait progressivement diminuée pour laisser davantage de place aux produits frais et élaborés destinés au marché intérieur.

Le tribunal devrait mettre vendredi sa décision en délibéré.

Edité par Yves Clarisse

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