Veillée d'armes dans la campagne présidentielle

le
1
VEILLÉE D'ARMES DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
VEILLÉE D'ARMES DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

PARIS (Reuters) - Le duel entre Nicolas Sarkozy et François Hollande pour la présidence française prendra corps mercredi avec la candidature officielle du chef de l'Etat, un "non-événement" pour le favori socialiste qui ironise sur "le coup d'éclat permanent".

Même si l'Elysée cultive le suspense, le scénario de l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, qui briguera à 57 ans un deuxième et dernier mandat, serait arrêté : il se déclarera mercredi soir dans le cadre du journal de 20 heures de TF1, selon plusieurs sources au sein de l'UMP.

Une première réunion publique avec la présence du président sortant est prévue jeudi à 17h30 à Annecy (Haute-Savoie), annonce la fédération locale de l'UMP, avant un grand meeting dimanche à Marseille.

Nicolas Sarkozy n'a dit mot à ce sujet mardi à l'Elysée lors du petit-déjeuner hebdomadaire des responsables de la majorité, mais il est apparu "tonique et combatif" et animé par l'"envie de convaincre les Français", ont rapporté des participants.

Le président de la République est resté tout aussi silencieux sur sa stratégie lors d'un déplacement à Bourgoin-Jallieu (Isère) où il a confirmé aux 440 employés de Photowatt, fabricant de cellules photovoltaïques, la reprise de leur entreprise par EDF. Des rumeurs médiatiques ont couru sur une déclaration de candidature anticipée, mais l'acte I de "Sarkozy II" devrait débuter mercredi après le conseil des ministres.

"Il est candidat depuis au moins dix jours, mais il réussit quand même à faire du 'buzz' sur le moment de sa déclaration", s'amuse un haut responsable de la majorité.

La présidente du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, s'est retirée lundi de la course à l'Elysée pour se rallier à lui. Des médias affirment que le candidat du Nouveau Centre, Hervé Morin, réfléchirait aussi à un désistement. Son entourage a précisé mardi à Reuters qu'il s'imposait une parenthèse dans l'Eure, son fief, pour réfléchir à une initiative en vue du congrès de son parti le 25 février.

HOLLANDE ÉTRILLÉ PAR L'EXTRÊME GAUCHE

Les deux candidats plafonnant au mieux à 1% d'intentions de vote, le gain électoral est théoriquement minime pour le président sortant, toujours distancé dans les sondages par François Hollande, même si Nicolas Sarkozy a obtenu mardi le soutien implicite du patronat français.

Ce dernier se veut imperméable à ce qu'il nomme un "coup d'éclat permanent", en référence au "coup d'Etat permanent" reproché par François Mitterrand au général de Gaulle.

"S'il veut faire des surprises chaque jour, libre à lui, mais c'est plutôt la mauvaise surprise depuis cinq ans", a commenté le candidat socialiste lors d'un déplacement à Saint-Etienne (Loire).

"Rien ne change ma campagne, aucune candidature, ni celle du candidat sortant, ni celle d'un autre candidat, rien ne me fait changer la ligne que j'ai choisie depuis plusieurs mois", a-t-il ajouté à la veille d'un grand meeting à Rouen, sa ville natale.

C'est de sa gauche que l'alerte la plus sérieuse est venue mardi pour François Hollande, fustigé par le Front de Gauche pour avoir adouci son discours sur le monde de la finance dans des interviews à la presse anglo-saxonne.

Attendu fin février à Londres, l'ancien dirigeant du PS, qui avait désigné le monde de la finance comme son principal adversaire lors de son meeting du 22 janvier, assure qu'il n'y a "rien à craindre" d'un gouvernement de gauche dans la France de 2012, où "il n'y a plus de communistes".

Fureur de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche, qui a dénoncé lors d'une conférence de presse l'"attitude hautaine", "assez insupportable", de François Hollande à l'égard du reste de la gauche. Le Parti communiste lui reproche pour sa part ses "génuflexions" devant la City, la place financière britannique.

Le candidat socialiste s'est efforcé de calmer leur colère en marquant son "respect" pour l'extrême gauche.

A l'autre extrême de l'échiquier politique, la candidate du Front national, Marine Le Pen, a recueilli publiquement mardi le parrainage du maire d'une petite commune du Bas-Rhin, Fort-Louis, qui a jugé que les élus "devraient avoir un peu plus de courage" pour accorder leur signature à la présidente du FN.

La candidate d'extrême droite dit avoir recueilli plus de 400 parrainages sur les 500 requis d'ici au 16 mars.

Sophie Louet avec Service France, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1900860 le mardi 14 fév 2012 à 20:42

    Veillée de larmes plutôt, la 4ème est sous presse.