Veillée d'armes à Hong Kong, avant de difficiles négociations

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par Donny Kwok et John Ruwitch HONG KONG, 20 octobre (Reuters) - Le calme était revenu lundi dans le quartier de Mong Kok, à Hong Kong, malgré la présence de nombreux manifestants pro-démocratie, à la veille de négociations entre représentants de la contestation étudiante et les autorités locales. Au cours du week-end, des dizaines de personnes ont été blessées dans de violents affrontements entre militants et policiers dans ce quartier densément peuplé, situé sur le continent entre les Nouveaux Territoires et la péninsule de Kowloon. ID:nL6N0SD07N Quatre personnes ont été arrêtées, a annoncé la police. Les négociations prévues mardi soir, qui doivent être diffusées en direct à la télévision hongkongaise, comme annoncé par la directrice de cabinet du chef de l'exécutif local Leung Chun-ying, pourraient déboucher sur quelques mesures permettant d'établir un dialogue mais ne devraient pas permettre de combler le gouffre qui sépare manifestants et autorités, ni mettre fin aux manifestations. "Jusqu'ici nous n'avons vu aucun signe donnant l'espoir qu'un quelconque accord puisse être trouvé au cours de la semaine à venir, les deux parties ayant des attentes bien différentes", commente James Sung, analyste politique à l'Université municipale de Hong Kong. Le gouvernement de Hong Kong dispose d'une marge de manoeuvre très limitée par le Parti communiste au pouvoir à Pékin, qui, en annonçant fin août les conditions pour l'élection du chef de l'exécutif hongkongais en 2017, a déclenché le mouvement Occupy Central. Dimanche, le chef de l'exécutif local, Leung Chun-ying, qui refuse de démissionner comme le demandent les manifestants, a demandé du temps pour parvenir à une solution permettant un dénouement non violent de la crise. BESOIN DE TEMPS "Afin de trouver une solution et mettre fin à ce problème, nous avons besoin de temps. Il nous faut du temps pour parler à la population et particulièrement aux jeunes étudiants", a déclaré Leung Chun-ying, à la télévision hongkongaise ATV. "Je souhaite une issue pacifique et sensée à ce problème." Le gouvernement avait annulé de précédentes négociations après un appel étudiant à renforcer la contestation. Il s'agit de la crise politique la plus grave depuis que la Grande-Bretagne a rétrocédé Hong Kong à la Chine en 1997. Pour Woody Wong, un étudiant manifestant de 21 ans, les négociations ne devraient pas mettre fin au mouvement. "Je n'attends pas grand chose de la rencontre prévue demain, mais je garde espoir pour les négociations, a-t-il déclaré. Je poursuivrai [mon action] jusqu'à ce que le gouvernement écoute." Le mouvement Occupy Central, qui milite depuis des mois pour des élections libres et démocratiques dans l'ancienne colonie britannique, a pris de l'ampleur cet été, lorsque le Parlement chinois a annoncé que seuls quelques candidats "patriotes" préalablement sélectionnés par un comité désigné par le pouvoir pourraient briguer les suffrages des électeurs de Hong Kong lors des prochaines élections, en 2017. La contestation s'est transformée au cours du dernier week-end de septembre en une "révolte des parapluies", en réaction à une violente intervention de la police contre des étudiants. Au plus fort de la contestation, on a compté jusqu'à 100.000 manifestants dans les rues de Hong Kong. Mais le mouvement s'est essoufflé tandis que le soutien dont il disposait parmi la population s'est fragmenté à mesure que les occupations dans l'espace public perturbaient l'activité économique et commerciale. (Bertrand Boucey, Guy Kerivel et Agathe Machecourt pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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