Vatican-L'Année sainte s'ouvre sous haute surveillance

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    CITE DU VATICAN, 8 décembre (Reuters) - Des milliers de 
fidèles convergeaient mardi vers la Cité du Vatican placée sous 
étroite surveillance pour l'ouverture de l'Année sainte de la 
miséricorde, moins d'un mois après les attaques de Paris. 
    Aux premières heures du jour, la police contrôlait les 
pèlerins, journalistes, diplomates et prêtres à l'entrée d'un 
périmètre dont les limites dépassent largement la place 
Saint-Pierre. 
    L'Année sainte, également appelée jubilé, devrait attirer à 
Rome des millions de catholiques dans un contexte sécuritaire 
assombri par les attaques qui ont visé Paris en novembre. 
    "Le risque terroriste ne sera jamais nul, nous ne pouvons 
garantir une sécurité absolue, mais nous nous efforçons 
d'apporter le niveau de sécurité auquel les gens peuvent 
légitimement prétendre", a déclaré le chef de la police romaine, 
Franco Gabrielli. 
    Cette Année sainte ne sera que la 29e depuis que cette 
tradition a été instituée il y a plus de 700 ans. Elle doit 
s'ouvrir formellement après une messe lors de laquelle une porte 
habituellement murée sera ouverte par le pape François. Le 
prédécesseur de ce dernier, Benoît XVI, dont les apparitions se 
font rares, devrait assister à la cérémonie, pour laquelle 
100.000 personnes sont attendues.  
    Les années saintes se déroulent traditionnellement tous les 
25 ans, à moins que le souverain pontife ne décide 
exceptionnellement d'en organiser une par décret. La dernière 
remontait à 2000, sous le pontificat de Jean Paul II. 
    La majeure partie de l'espace aérien au-dessus de Rome est 
interdite de survol pour l'ensemble de la journée et les 
autorités ont interdit le transport de pétrole, de gaz, d'armes, 
d'explosifs et de feux d'artifices. 
    Les automobilistes ont été bannis dans un vaste périmètre 
entourant le Vatican tandis que les poubelles ont été scellées 
ou enlevées. 
    Parallèlement, des milliers de soldats sont venus appuyer 
les forces de police. "Les mesures de sécurité m'inquiètent. 
Ceux qui sont venus ici en tant que pèlerins croisent des 
soldats équipés de mitraillettes, c'est effrayant, on se sent 
menacés", a déclaré Daniela Santi, une touriste italienne venue 
sur la place Saint-Pierre. 
    L'association hôtelière Federalberghi a fait part d'une 
baisse de 20% des réservations dans la zone de la capitale ainsi 
que de très nombreuses annulations. Certains commerçants se sont 
de leur côté plaints d'une baisse de leurs ventes. 
    "Les attaques de Paris ont provoqué beaucoup d'angoisses", 
explique Vincenzo Modica qui tient une boutique de souvenirs 
près du Vatican. "J'espère que cela va s'améliorer après le 8 
décembre mais je pense que les prochains mois vont être 
difficiles." 
 
 (Philip Pulella; Nicolas Delame pour le service français, édité 
par Marc Angrand) 
 
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