Variation sur une ½uvre de Satie

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Image extraite de « Socrate, pour prendre congé. »
Image extraite de « Socrate, pour prendre congé. »

Le méconnu « Socrate » , leitmotiv du nouveau film de Michel Zumpf.

En 1994 sortit au cinéma un objet singulier, ­dé­routant, à nul autre pareil. Il s'intitule Le­ ­Géo­graphe manuel ; Michel Zumpf en est le concepteur. L'idée consiste à rencontrer dix-sept chefs opérateurs, à les convaincre de tourner chacun, sur leur temps libre et en un geste sans autre ­contrepartie que le partage d'une conviction, une bobine de 122 mètres avec un ­Cameflex 35 mm, ­caméra portable mythique qui servit notamment pour filmer A bout souffle,de Jean-Luc Godard, ½uvre fon­datrice de la modernité cinéma­tographique.

Séduits par Michel Zumpf (discoureur fécond, insolite, érudit), Raoul Coutard, William Lubtchansky, Emmanuel Machuel, Jacques Loiseleux, Agnès Godard, entre autres, répondirent présent. Tourné dans le Finistère sud, à Sainte-Marine, le film se présente comme une variation autour des thèmes du zodiaque, tenant son nom d'un atlas du XVIIIe siècle écrit par l'abbé ­d'Expilly, Le Géographe manuel. Une première partie documentaire et muette en noir et blanc, une ­seconde en couleurs et fictionnée forment un hommage au ­cinéma d'avant-garde, quelque part entre Jean Epstein et Luis Buñuel.

Le grand vent de la littérature, du surréalisme et de l'océan finistérien souffle sur le film Paysages, corps, visages, objets s'agencent en une sorte de grand collage visuel et sonore, confrontant le photomontage à la collecte d'expressions usuelles, de citations et de locutions. Un souvenir plus précis : celui d'un drôle de poisson mort, éviscéré sur un exemplaire é...

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