Valls veut prévenir une nouvelle crise des intermittents

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    * Patronat et syndicats s'en remettent à l'Etat 
    * Le gouvernement veut désamorcer les conflits catégoriels 
 
 (Avec précisions, chiffres, contexte) 
    PARIS, 30 mai (Reuters) - Manuel Valls a promis lundi de 
mettre en oeuvre un accord conclu par les syndicats et 
employeurs des intermittents du spectacle sur leur régime 
d'assurance chômage, en dépit du refus des partenaires sociaux 
de le valider au niveau interprofessionnel. 
    Cela pourrait coûter près de 100 à 150 millions d'euros en 
année pleine à l'Etat, selon les calculs de Reuters. 
    Le gouvernement s'efforce d'éviter une convergence des 
conflits sociaux catégoriels avec le mouvement de refus du 
projet de loi réformant le marché du travail, quitte à accepter 
des concessions dans ces secteurs.   
    La décision du Premier ministre sur les intermittents paraît 
s'inscrire dans cette stratégie.  
    La CGT menace de perturber les festivals de l'été si cet 
accord conclu le 28 avril n'est pas appliqué le 1er juillet. 
Force ouvrière demande aussi son entrée en vigueur à cette date. 
    "Si l'accord n'est pas mis en oeuvre au 1er juillet, on va 
avoir de grandes raisons d'appeler à la grève et on n'attendra 
pas le 1er juillet", a déclaré le secrétaire général de la 
CGT-Spectacle, Denis Gravouil, à l'issue de la réunion.  
    Les organisations syndicales et patronales réunies au siège 
du Medef pour une septième session de négociation sur le régime 
d'assurance chômage des salariés du privé devaient donner leur 
aval à son intégration dans la future convention Unedic. 
    Mais le patronat et les syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC ont 
jugé qu'il posait des problèmes juridiques et ne respectait pas 
la lettre de cadrage qu'ils ont adressée à la branche spectacle, 
notamment en termes d'économies pour l'assurance chômage. 
    Un comité d'experts chargé de vérifier la conformité de 
l'accord du 28 avril avec la lettre de cadrage évalue entre 84 
et 93 millions d'euros par an les économies à attendre de sa 
mise en oeuvre, à comparer avec les 105 millions demandés. 
    L'Unedic, organisme gestionnaire de l'assurance chômage, a 
présenté à la réunion de lundi une estimation encore plus 
sévère. Selon des participants, elle évalue entre 40 et 64 
millions d'euros les économies à attendre. 
     
    VALLS PLUS RAPIDE QUE LES PARTENAIRES SOCIAUX 
    Patronat et syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC ont décidé 
d'envoyer au Premier ministre un courrier lui demandant dans 
quel cadre juridique il envisage l'application éventuelle de 
l'accord du 28 avril et exigeant qu'il garantisse le respect de 
la trajectoire financière prévue par la lettre de cadrage. 
    En d'autres termes, "l'Etat doit dire s'il prend à sa charge 
financièrement les dépassements prévus", a dit la négociatrice 
de la CFDT, Véronique Descacq, à des journalistes. 
    Manuel Valls n'a pas attendu cette lettre pour s'engager 
dans un communiqué, diffusé à peine la réunion terminée. 
    Le gouvernement "est prêt à prendre en charge au titre du 
fonds de professionnalisation et de solidarité, qui sera abondé 
à cet effet, certaines des mesures de l'accord", écrit-il. "Il 
s'agit ainsi de permettre à l'accord d'atteindre les objectifs 
fixés au secteur par la lettre de cadrage du 24 mars 2016." 
    "Dans ces conditions, le gouvernement engagera dans les 
prochains jours la préparation de la mise en oeuvre de l'accord 
à compter du mois de juillet 2016, avec l'Unedic, Pôle emploi et 
les professionnels du spectacle", ajoute-t-il.  
    Le gouvernement s'était déjà engagé à mettre 80 millions 
d'euros par an au pot pour aider le régime des intermittents à 
réduire son déficit. Avec le trou de 12 à 65 millions à combler, 
selon les évaluations du comité d'experts et de l'Unedic, pour 
atteindre les 105 millions d'économies prévus par la lettre de 
cadrage, l'Etat devrait finalement débourser 92 à 145 millions 
d'euros.  
 
 (Emmanuel Jarry; édité par Yves Clarisse et Henri-Pierre André) 
 
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  • nono67 il y a 6 mois

    allez encore 150 millions pour les maitres chanteurs de la cgt . Qu'ils bloquent leurs festivals , ils se tireront une balle dans le pied car pas de travail .... pas de chomage . Ras la casquette de tous ces profiteurs !!