Valls somme Bruxelles d'agir pour l'agriculture

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    * Manuel Valls dit attendre des mesures "fortes" 
    * Le commissaire européen "conscient" de la crise 
    * Prochain rendez-vous le 14 mars à Bruxelles 
    * Un salon de l'agriculture dans un climat particulier 
 
 (Actualisé avec citations Hogan et Le Foll, contexte) 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 25 février (Reuters) - Manuel Valls a sommé jeudi la 
Commission européenne de présenter à la mi-mars des propositions 
"fortes" pour sortir de la crise agricole, sous peine selon lui 
de menacer l'ensemble du projet européen, ce que l'institution a 
promis de faire. 
    Le Premier ministre a annoncé la semaine dernière de 
nouvelles mesures d'aide mais les agriculteurs, relayés en cela 
le gouvernement, réclament également une réponse européenne, 
seule à même selon eux de traiter le mal par la racine.  
    "Nous demandons des mesures communautaires à la hauteur de 
la situation", a dit Manuel Valls après une rencontre avec le 
commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, en présence du 
ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. 
    "Sans cela (...), c'est le lien de confiance qui existe 
entre la France et l'Union européenne qui risque de se fissurer. 
L'Europe connaît déjà suffisamment de crises et de défis, 
menaces terroristes, crise des réfugiés, il ne (faudrait) pas 
que se rajoute une crise agricole majeure qui mettrait en cause 
le projet européen", a-t-il ajouté. 
    Selon lui, la Commission européenne et la France font 
désormais le même constat, celui d'une surproduction dans les 
secteurs du porc et du lait, et s'accordent sur la nécessité de 
prendre des initiatives pour enrayer la chute des cours, 
notamment en obtenant la levée de l'embargo sanitaire russe. 
    Lors d'une conférence de presse distincte, Phil Hogan s'est 
dit "conscient des graves difficultés que rencontrent les 
producteurs français et européens dans un certain nombre de 
secteurs".  
    "Et nous sommes convenus de la nécessité d'adopter toutes 
les mesures appropriées", a-t-il ajouté. 
     
    "ON VA TRAVAILLER" 
    Le commissaire européen a fait ce déplacement dans un climat 
électrique, après plusieurs semaines de manifestations des 
producteurs, notamment dans l'Ouest de la France, et à deux 
jours de l'ouverture du salon de l'agriculture à Paris. 
    Il prévoit de s'y rendre en milieu de semaine prochaine, 
avant le rendez-vous crucial du 14 mars à Bruxelles, lors de la 
réunion des ministres de l'Agriculture des Vingt-Huit. 
    "D'ici-là, on va travailler pour faire en sorte que la 
Commission puisse faire, dans le sens que nous souhaitons, des 
propositions", a déclaré Stéphane Le Foll à l'issue de la 
réunion à Matignon. 
    Les syndicats agricoles, la FNSEA en tête, demandent 
davantage d'outils de régulation des marchés, une solution à 
l'embargo russe qui les prive d'un débouché important et un 
meilleur étiquetage de la viande, des exigences proches des 
propositions françaises soumises à Bruxelles. 
    Pour désamorcer l'exaspération du monde agricole, le 
gouvernement a promis la semaine dernière de nouvelles aides 
sous la forme d'une baisse de sept points des cotisations 
sociales, un effort pour l'Etat évalué à 500 millions d'euros. 
    Manuel Valls a souligné qu'avec la baisse de trois points 
des cotisations famille en vigueur depuis janvier 2015, la 
baisse pour les agriculteurs était de dix points. 
    Le Premier ministre a précisé que les agriculteurs dont le 
revenu de l'an dernier avait été "très faible" pourraient 
bénéficier d'une "année blanche sociale". 
    Le région Bretagne a en outre annoncé lundi dernier de 
nouveaux crédits alloués la filière porcine, particulièrement 
frappée, portant le total des aides régionales pour 2016 à 30 
millions d'euros.    
 
 (Avec Gus Trompiz, édité par Yves Clarisse) 
 
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