Valls s'efforce de redonner un cap à des socialistes déboussolés

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* Valls clôt une université d'été du PS déprimée * Le Premier ministre appelle au respect réciproque * "Nous ne faisons pas de l'austérité", dit-il * Il invite les patrons à jouer le jeu du pacte de responsabilité par Elizabeth Pineau LA ROCHELLE, Charente-Maritime, 31 août (Reuters) - Manuel Valls a tenté dimanche de convaincre sa famille politique divisée de suivre le cap du "sérieux budgétaire" choisi par le gouvernement, invitant le Parti socialiste à débattre "face à la droite" plutôt qu'en son sein. Dans un discours énergique prononcé en clôture de l'université d'été du PS, où planaient les fantômes de la désunion, le Premier ministre a récusé le terme d'austérité et demandé aux entreprises de faire preuve de "patriotisme économique", expression chère à l'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, en appliquant le Pacte de responsabilité. Devant un auditoire agité où des huées ont parfois retenti, il a justifié la mise à l'écart, cette semaine, des ministres en désaccord avec sa politique au nom de la "responsabilité que les Français (leur) ont confiée". "Nous ne faisons pas de l'austérité et c'est ça qui fonde la différence entre la gauche et la droite, et entre ce qui se fait en France et ailleurs", a-t-il déclaré, réitérant, à l'adresse de Bruxelles, la nécessité "d'adapter le rythme de réduction des déficits à la situation économique, au niveau de la croissance et à la nouvelle donne que nous visons en Europe". S'il a invité la Banque centrale européenne (BCE) à aller "plus loin" vers une baisse de l'euro pour favoriser l'emploi, il s'est aussi adressé aux patrons français. "C'est aux chefs d'entreprise de faire preuve de patriotisme économique sur les salaires, en embauchant, en formant, en investissant", a insisté le chef du gouvernement, dont le discours cette semaine devant le Medef a troublé l'aile gauche de son parti. "Chacun doit faire preuve de responsabilité". Dans un discours oscillant habilement entre la riposte et l'apaisement, Manuel Valls, qui a fait huer les "bonus indécents" quand les Français "ont tant de mal à boucler leurs fins de mois", a déploré les sifflets entendus contre l'entreprise : "Quel message adressez-vous aux Français ?" Donnant des gages à un auditoire où l'enthousiasme s'est levé peu à peu, Manuel Valls a affirmé qu'il ne toucherait pas à la semaine de 35 heures et confirmé des gestes fiscaux supplémentaires pour 2015. HOMMAGE A HOLLANDE Le manque de résultats économiques et l'impopularité de l'exécutif au pouvoir depuis deux ans ont instillé le doute chez les socialistes, où des élus "frondeurs" menacent de ne plus soutenir le gouvernement au Parlement. "Ce qui nous unit doit être plus fort que nos différences", a répondu Manuel Valls, qui a appelé au rassemblement. "J'aime le débat pour y avoir participé (...) mais attention au choix des mots, à nos attitudes, à nos comportements, à la manière dont nous nous adressons aux uns et autres", at-il dit. "S'il y a un débat à avoir, ce n'est pas avec la gauche, c'est face à la droite". Aux plus critiques, il a demandé de ne pas juger a priori le nouveau ministre de l'Economie, l'ancien banquier Emmanuel Macron, et fait applaudir Najat Vallaud-Belkacem, première femme nommée à l'Education nationale. Manuel Valls a rendu hommage un appuyé à François Hollande qui "mérite le respect de tous, notre affection, notre loyauté, notre soutien parce que c'est grâce à lui (...) que nous pouvons aujourd'hui gouverner". "C'est notre devoir d'être à ses côtés", a-t-il affirmé. Le discours du Premier ministre a refermé une édition 2014 "typique du Parti socialiste : une oscillation permanente entre un trouble et un réflexe légitimiste", selon une formule du ministre de la Réforme de l'Etat, Thierry Mandon. Au début de la séance de clôture, le malaise s'est notamment exprimé dans le discours très offensif de Laura Slimani, présidente des Jeunes socialistes, qui a demandé de "prendre conscience des désillusions qui règnent (et) mènent à l'abstention et au Front national". Selon un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche, 76% des 1.007 personnes interrogées pensent que le PS court le risque d'éclater en plusieurs courants d'ici 2017. Dans un aparté avec des journalistes après son discours, Manuel Valls a évoqué une "moment important de clarification" au coeur d'un parcours vécu "comme un championnat, qui se joue match après match". "Un discours comme celui-ci se suffira pas, il faut tenir", a-t-il confié. "C'est l'avenir du pays qui se joue, pas le nôtre".

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  • cavalair le dimanche 31 aout 2014 à 15:01

    "Nous ne faisons pas de l'austérité et c'est ça qui fonde la différence entre la gauche et la droite, C'est n'importe quoi> Il dit ca a une bande de dogmatiques qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez

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