Valls rembourse une partie de son voyage controversé à Berlin

le , mis à jour à 09:32
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* "Si c'était à refaire, je ne le referais pas", dit Valls * Les places de ses enfants remboursées * Valls redit que son voyage était parfaitement justifié * L'opposition de droite pas convaincue (Actualisé avec déclarations, réactions) SAINT-DENIS DE LA REUNION, 11 juin (Reuters) - Manuel Valls a tenté jeudi d'éteindre la polémique sur son déplacement à Berlin pour la finale de la Ligue des Champions en annonçant le remboursement du voyage de ses enfants et en assurant qu'il ne "le referai t pas". Le Premier ministre a toutefois maintenu que son déplacement-éclair, samedi soir dernier, obéissait à des impératifs officiels : des discussions avec les instances dirigeantes de l'UEFA, en vue notamment de l'organisation de l'Euro 2016 en France. Manuel Valls était sous le feu des critiques, y compris dans son camp, depuis ce vol à bord d'un avion gouvernemental, avec deux de ses enfants, pour assister au match entre la Juventus de Turin et le FC Barcelone, club dont il est supporter. ( ID:nL5N0YW1HF ) Les raisons aussitôt alléguées - une rencontre avec le président de l'UEFA Michel Platini - n'ont pas convaincu et le chef du gouvernement s'est vu contraint d'esquisser un mea culpa à son arrivée jeudi à La Réunion, où il est en visite officielle avant une étape à Mayotte. "Je me dois d'incarner un comportement parfaitement rigoureux, il ne peut donc y avoir la moindre place pour le doute", a-t-il souligné lors d'une déclaration à la presse, ajoutant avoir été "sensible, bien sûr, à la réaction des Français" qui réprouvent majoritairement son voyage. "Si c'était à refaire, je ne le referais pas. Et pour lever toute ambiguïté, tout doute, j'ai décidé d'assumer la prise en charge du voyage pour mes deux enfants", a-t-il dit, tout en indiquant que le déplacement de ces derniers n'avait pas coûté "un euro supplémentaire aux contribuables". Le montant du remboursement représente 2.500 euros. "Notre pays n'a pas besoin de polémique inutile", a conclu Manuel Valls. Même s'il a fait amende honorable, le Premier ministre a expliqué que c'était son rôle de "représenter la France dans de grands événements sportifs alors que notre pays va organiser de grandes compétitions". "Les Français comprennent qu'un Premier ministre qui se déplace avec un important service de sécurité doit utiliser un avion gouvernemental", a-t-il dit. FABIUS CRITIQUE LA COMMUNICATION DE VALLS Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a défendu un déplacement "parfaitement justifiable" mais implicitement reproché au chef du gouvernement la gestion de ce premier faux-pas majeur depuis sa nomination à Matignon en mars 2014. "La communication, peut-être, n'a pas été ce qu'elle aurait dû être", a-t-il commenté sur RMC Info et BFM TV, tout en saluant une "bonne" décision. Le parti d'opposition "Les Républicains" a jugé le geste insuffisant. "Ce n'est pas le remboursement des billets de ses enfants qu'il faut qu'il fasse, c'est qu'il reconnaisse la faute et qu'il paye sa propre place et celle de ses enfants parce que ce voyage n'avait pas de raison d'être", a estimé l'un des porte-parole de LR, Sébastien Huyghe, sur iTELE. Nicolas Sarkozy, épinglé récemment pour s'être rendu en jet privé à un meeting au Havre (Seine-Maritime), "est choqué de la manière dont Manuel Valls a pris les choses avec beaucoup de légèreté", a-t-il ajouté. Xavier Bertrand, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, a raillé l'initiative. "Il réinvente un nouveau dicton : 'faute avouée à moitié remboursée'", a-t-il réagi sur Europe 1. "Des conneries, a-t-il poursuivi, tout le monde en a fait dans l'exercice des responsabilités, mais si personne n'a compris aujourd'hui que les Français ne supportent plus le moindre écart en terme d'exemplarité, on n'a rien compris. Et le Premier ministre, il a mis beaucoup trop de temps". "Il a fallu cinq jours pour avoir un mot pour comprendre l'émotion des Français", a déploré le député. Pour Barbara Pompili, députée Europe Ecologie-Les Verts (EELV), "la polémique est close et il faut que maintenant chaque politique sache que plus rien ne passera". L'ancien ministre de l'Economie Pierre Moscovici, aujourd'hui commissaire européen, a souligné sur RTL que l'intégrité de Manuel Valls "ne peut pas être mise en doute". (Sophie Louet avec Bernard Grollier à Saint-Denis de la Réunion)

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