Valls presse sa majorité avant le vote sur le plan d'économies

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MANUEL VALLS MET LA PRESSION SUR SA MAJORITÉ AVANT LE VOTE SUR LE PLAN D?ÉCONOMIES
MANUEL VALLS MET LA PRESSION SUR SA MAJORITÉ AVANT LE VOTE SUR LE PLAN D?ÉCONOMIES

par Elizabeth Pineau

SAINT-LUBIN-DES-JONCHERETS Eure-et-Loir (Reuters) - Manuel Valls a mis jeudi la pression sur la majorité socialiste, invitée à prendre ses responsabilités lors du vote sur le plan d'économies que le Premier ministre a assoupli en annonçant une mesure "forte" pour les petites retraites.

Le chef du gouvernement a aussi envisagé des négociations après 2015 sur le gel du point d'indice des fonctionnaires et évoqué "une mesure fiscale visant à alléger le fardeau des classes moyennes et des salariés modestes" à l'occasion de la loi de finances rectificative, dont le vote est prévu en juin.

"Nous demandons un effort à travers le gel d'un certain nombre de prestations jusqu'en octobre 2015 mais nous prendrons une mesure forte concernant les retraités modestes", a-t-il dit lors d'un déplacement dans une entreprise d'Eure-et-Loir.

"Donc il y aura une mesure significative concernant les retraites modestes et enfin nous devons aussi être attentifs à ce qu'on nous demande dans la fonction publique."

Des "gestes" à destination de la gauche qui n'ont pas empêché Manuel Valls d'insister sur le caractère impératif des économies de 50 milliards d'euros annoncées pour réduire le déficit public de la France et financer des baisses de charges pour les entreprises censées dopées la croissance.

"NE NOUS PARLONS PAS QU'À NOUS-MÊMES"

Malgré les doutes, voire la colère, exprimés par des députés socialistes, le chef du gouvernement s'est déclaré confiant sur le vote consultatif prévu le 29 mai à l'Assemblée nationale.

"Je ne doute pas du choix de la majorité mardi prochain parce que c'est la majorité qui gouverne et il en va de sa responsabilité de poursuivre l'oeuvre engagée par le président de la République", a-t-il déclaré.

Il a assuré avoir promis aux socialistes, aux Verts et aux radicaux de gauche, dont des représentants ont été reçus ces derniers jours à Matignon, "une vraie relation de confiance et de dialogue entre le gouvernement et la majorité".

Après une réunion d'élus socialistes à l'Assemblée mercredi soir, le président du groupe, Bruno Le Roux, a demandé au gouvernement un effort en direction des petits retraités, des fonctionnaires modestes et une remise en cause du gel annoncé du plan pauvreté.

Le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé pour lundi soir un bureau national pour prendre "une position solennelle" sur plan d'économies gouvernemental, à la veille du vote.

Bruno Le Roux a mis en garde les protestataires socialistes.

"Oui, il y a encore de nombreux députés à convaincre et c'est tout mon travail dans les prochains jours", a-t-il déclaré au talk Orange-Le Figaro. "Quand on ne partage pas la politique que l'on doit mener ensemble, quand on s'en distancie, forcément il y a les conséquences dans l'appartenance même à un groupe."

Pour valider ses choix, Manuel Valls a pris jeudi les Français à témoin.

"Ne nous parlons pas qu'à nous-mêmes, parlons d'abord aux Français. Les Français attendent du courage, de la vérité, du volontarisme et de la justice", a-t-il dit.

"Nous menons une politique de gauche, pas une politique d'austérité," a-t-il fait valoir à adresse de l'aile radicale du PS, rappelant le choix de ne pas réduire les effectifs dans l'Education nationale.

Interrogé sur le spectre brandi par la droite d'une dissolution de l'Assemblée nationale, le chef du gouvernement a répondu: "Les Français ont besoin d'apaisement, de rassemblement et de beaucoup de travail sur le terrain. Pas de rêves qui ressembleraient d'ailleurs à des cauchemars".

(Avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • pichou59 le jeudi 24 avr 2014 à 17:30

    droite et gauche nous ENFUME : demander leur de REDUIRE LEURS PRIVILEGES , indemnités, frais non imposables, retraites "béton" , cumuls de mandats, fiscalité des indemnités car ces types ne payent pratiquement pas d'impôts car chaque indemnité est fiscalisée séparément et il ne reste plus qu'à faire la retenue à la source - il y a des bruits : qq uns toucheraient le RSA ?

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