Valls prépare les Français et l'Europe à de mauvaises nouvelles

le
56
MANUEL VALLS ANTICIPE UNE RENTRÉE DIFFICILE SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE
MANUEL VALLS ANTICIPE UNE RENTRÉE DIFFICILE SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a préparé vendredi l'opinion publique française et ses partenaires européens à de mauvaises nouvelles sur le front économique, une situation "difficile" qui devrait empêcher la France de respecter ses objectifs de réduction des déficits.

"Nous devons réformer, réformer, réformer inlassablement", a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse marquée par la promesse de dire "la vérité aux Français" sur l'état de l'économie que seule la consommation semble nourrir.

"Au niveau européen, la croissance et l'inflation sont en retrait par rapport à ce que nous pouvions attendre", a constaté le chef du gouvernement à l'issue du dernier séminaire gouvernemental avant 15 jours de repos pour son équipe.

"Le risque de déflation est réel", a poursuivi Manuel Valls, selon qui les politiques européennes face à ce danger ne sont "pas efficaces", regrettant notamment le manque d'initiative sur le niveau de l'euro jugé trop élevé par rapport au dollar.

Selon un participant, François Hollande a annoncé pendant la réunion que "la volonté de la France serait de promouvoir un niveau d'euro réaliste" auprès de ses partenaires européens.

Première conséquence de la croissance obstinément atone, la France ne peut pas se permettre de réduire ses déficits à marche forcée, au risque "d'éteindre la croissance".

"C'est la raison pour laquelle nous allons continuer à réduire notre déficit à un rythme équilibré, compatible avec notre situation économique", a dit Manuel Valls qui a néanmoins refusé dans l'immédiat de revoir à la baisse les prévisions du gouvernement qui table sur 3,8% de déficit et 3.0% en 2015, conformément à ses engagements européens.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, fera le point à la mi-août sur la situation de l'économie et des comptes publics sans "rien cacher", a promis Manuel Valls aux journalistes.

François Hollande a martelé ce message devant ses ministres.

"Il a dit qu'il fallait regarder les chiffres de la croissance et du déficit en face et que le réalisme sur la situation appelle avant tout le volontarisme pour la corriger", a-t-il déclaré selon un participant.

TOURNÉE EUROPÉENNE

Le Premier ministre prépare une tournée des capitales européennes à la rentrée, en commençant avec Angela Merkel à Berlin en septembre, pour obtenir que la réduction des déficits publics puisse se faire en France à un rythme qui n'étouffe pas une activité encore balbutiante.

Le pacte de stabilité révisé prévoit en effet que si la croissance se détériore de manière imprévue, les États membres dont le déficit public dépasse 3% du PIB puissent bénéficier d'un délai supplémentaire pour le combler, à condition d'avoir consenti les efforts structurels nécessaires.

Selon des économistes récemment interrogés par Reuters, il faudra attendre 2016 pour que les déficits publics soient ramenés sous le seuil de 3% du PIB, ce qui forcerait Paris à demander un nouveau délai à la Commission européenne.

Pour rassurer ses partenaires européens et les milieux d'affaires français, Manuel Valls s'est dit inflexible sur la mise en oeuvre du pacte de responsabilité et les 50 milliards d'euros d'économies prévues jusqu'en 2017, sans aller au-delà.

"Notre politique sera le pacte, tout le pacte et encore plus loin que le pacte (...) les acteurs économiques, les entreprises ont besoin de stabilité et de visibilité dans la durée", a dit Manuel Valls, critiqué à sa gauche pour les baisses de charges et d'impôts pour les entreprises en échange d'engagements sur l'investissement et l'emploi.

"Le pire serait de faire demi-tour au milieu du chemin. Nous perdrions tout: les réformes et les résultats à venir. Nous ne changeons pas en fonction des circonstances", a-t-il dit tout en promettant de poursuivre les réformes structurelles comme celle des régions, de la transition énergétique ou du pouvoir d'achat.

"Nous ne nous contenterons pas d'attendre passivement un retour d'une croissance plus forte, la France s'est enlisée pour ne pas avoir su se réformer", a dit le Premier ministre.

(Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • d.e.s.t. le mardi 12 aout 2014 à 19:44

    Au lieu de dire en boucle comme un disque rayé:" Nous devons réformer, nous devons réformer, nous devons..." au moins commencez à le faire, au lieu de rester inertes, Hollande et vous!Avez-vous oublié que nous avons 1,5 million de fonctionnaires en trop, qui gaspillent dans votre budget 60 MILLIARDS D'EUROS ...PAR AN?

  • genest2 le samedi 9 aout 2014 à 06:57

    Mr Hollande aurait 90% de satisfaits.....s,il demissionnait !

  • M6737505 le jeudi 7 aout 2014 à 13:10

    "filer les intérêts de la dette nationale au privé plutôt qu'a la banque de France ...."Pour info la dette francaise est detenu par quelques fond/pays souverain (comme la suisse (+10% de la dette francaise") les assurances vie européenes et fond de retraite.

  • M6737505 le jeudi 7 aout 2014 à 13:07

    Avec les senatoriales en septembre, une grosse claque est à prévoir.Sarko avait perdu le senat à cause du projet de reforme territoriale. Avec les nouvelles regions, le mecontentement il est clair que c'est plutot unederoute, raclée plutot qu'une defaite.

  • M6737505 le jeudi 7 aout 2014 à 13:05

    L'euro a quand même permis à la France de ne pas sombrer en 2008 puis 2010 : avec le franc nous aurions eu une hausse très élevé des prix et du cout de la dette. L'euro est aussi un frein car il est trop haut par rapport à d'autre monnaie et nous penalise dans les exportations.

  • mlaure13 le samedi 2 aout 2014 à 19:46

    On rêve d’une rentrée en fanfare…on imagine, en tête, la veuve Guillotin, tirée et suivie par de braves français (gaulois de préférence) et armés de longues piques, sur lesquelles viendront s’embrocher les têtes de tous ces rentiers/politicards/mafieux, qui, depuis des décennies, se repaissent du sang de la Nation…On rêve, oui on rêve… ))

  • lorant21 le samedi 2 aout 2014 à 13:31

    @M4369955: ils ont préféré la dette à l'effort. C'est tout.

  • M250378 le samedi 2 aout 2014 à 11:14

    M4369955, ca ce n'est qu'une carte du jeu, il y a la carte religions, la carte politiques, la carte éducations et familles entre autres

  • M4369955 le samedi 2 aout 2014 à 10:46

    Si la France avait gardé sa monnaie et financé sa dette avec sa banque centrale cad sans interêts et par augmentation raisonnée de la masse monétaire, nous n'en serions pas là !mais ceux qui nous gouvernent ont préféré l'Europe à la souveraineté, l'euro au franc, filer les intérêts de la dette nationale au privé plutôt qu'a la banque de France ....

  • MAUMIC le samedi 2 aout 2014 à 09:09

    C'est le premier à reconnaître que la situation va se durcir à la rentrée. Mais ce regain de lucidité ne suffira pas. Quand mettra t on aux commande un expérimenté issu d'une grande entreprise qui a réussi

Partenaires Taux