Valls, possible recours d'un PS qui craint le pire

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VALLS, POSSIBLE RECOURS DU PS A L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE
VALLS, POSSIBLE RECOURS DU PS A L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - L'hypothèse d'une candidature de Manuel Valls à l'élection présidentielle fait son chemin dans les esprits, à commencer par celui du Premier ministre, qui donne des signaux à une gauche en plein doute sur la manière d'aborder l'élection à venir.

Les "Rubik's cubes pour trouver la bonne combinaison" - selon l'expression d'une élue socialiste -, tournent au sein du parti majoritaire, où certains veulent contrer François Hollande, très affaibli mais qui cherche visiblement à se relancer malgré tout dans la course.

"Il y a ceux qui cherchent une solution et ceux qui cherchent à empêcher. Les premiers sont beaucoup plus nombreux", veut-t-elle croire.

En attendant la décision du président, prévue en décembre, des solutions de substitution naissent, y compris en dehors du Parti socialiste avec la candidature de l'ancien ministre Emmanuel Macron, annoncée pour mercredi.

Le chef du gouvernement, lui aussi, se tient prêt.

"Le pays attend une force, et j'ai cette force", déclarait-il lundi à Bapaume, dans le Pas-de-Calais.

Manuel Valls a multiplié ce type d'allusions ces dernières semaines, qui l'ont vu entamer une remontée dans les sondages, en terme de satisfaction mais aussi sur ses chances à la primaire de la gauche de fin janvier, qu'il remporterait en cas de duel avec l'ex-ministre Arnaud Montebourg.

Loyal envers François Hollande depuis son arrivée à Matignon, il a pris ses distances depuis la publication du livre controversé de confidences "Un président ne devrait pas dire ça...", qui a accentué le doute quant aux chances du chef de l'Etat d'être en mesure de représenter son camp en 2017.

Reprenant le bâton de chef de la majorité, Manuel Valls s'est posé en "garant" de l'espoir à gauche, qu'il appelle régulièrement à s'unir sous peine d'être "pulvérisée".

Celui qui n'a jamais caché son désir d'accéder un jour à l'Elysée mais dont le profil "droitier" est loin de faire l'unanimité au PS soigne aussi sa stature présidentielle en abordant des thèmes majeurs comme le terrorisme et l'Europe.

"SE POSER LES BONNES QUESTIONS"

Des sujets abordés dans sa tribune publiée ce week-end dans la presse européenne et dans un entretien accordé à la BBC. Jeudi, il participera à Berlin à une conférence organisée par le journal allemand Süddeutsche Zeitung.

Si Manuel Valls refuse de pousser trop loin ses pions en attendant François Hollande, ses proches se chargent de passer le message sur sa capacité de livrer bataille dès 2017.

"Manuel Valls est extrêmement déterminé", assurait mardi devant la presse le député Malek Boutih en marge de la réunion hebdomadaire du groupe PS à l'Assemblée nationale. "On a une gauche qui est l'arme au pied, qui regarde ses chaussures et qui attend un leader pour se battre."

Ce soutien du locataire de Matignon place toutefois la balle dans le camp de François Hollande.

"Ce n'est pas au Premier ministre aujourd'hui de franchir cette ligne, c'est à François Hollande d'assumer jusqu'au bout sa responsabilité", a-t-il expliqué. "Et sa responsabilité, ce n'est pas de se sauver lui, c'est de sauver la gauche. Peut-être que cette semaine il aura la bonne idée, quel que soit son bilan, de laisser la place à une nouvelle génération".

Alors que la gauche est menacée d'être absente du second tour de l'élection présidentielle, le député Hugues Fourage invite le parti à "se poser les bonnes questions".

"Aujourd'hui, il n'y a pas de candidat naturel", a-t-il estimé. "Manuel Valls peut être le candidat du rassemblement parce qu'on voit bien que les militants du PS sont partants pour lui, ça montre aussi qu'il peut y avoir une dynamique."

Soutien de François Hollande, son collègue Olivier Faure préfère inviter "tout le monde à rester calme" et à respecter le calendrier de la primaire PS, pour laquelle des candidats peuvent s'inscrire jusqu'au 15 décembre.

"Jusqu'à cette date, chacun est invité à réfléchir", dit-il. "Aujourd'hui personne n'est en capacité de dire : 'avec moi, ce serait tellement différent'. Il n'y a pas de sauveur suprême."

(Edité par Yves Clarisse)

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