Valls met en garde contre le poids idéologique des salafistes

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    * "Il n'y a qu'eux qu'on entend", note le Premier ministre 
    * Il invite à "reconstruire la République" 
 
    PARIS, 4 avril (Reuters) - Le Premier ministre, Manuel 
Valls, a mis en garde lundi contre le poids idéologique et 
culturel, en France, de la minorité salafiste, une branche 
rigoriste de l'islam.  
    Lors d'un débat sur l'islamisme organisé par le forum "Le 
Sursaut" au théâtre Dejazet à Paris, le chef du gouvernement a 
invité le pays à une "mobilisation" pour la défense de la 
République, dans un contexte selon lui de menace terroriste.  
    "Il y a une forme de minorité agissante, des groupes (...) 
salafistes qui sont en train de gagner la bataille idéologique 
et culturelle", a-t-il déclaré.   
    "Les salafistes doivent représenter un pour cent aujourd'hui 
des musulmans dans notre pays mais leur message, leur message 
sur les réseaux sociaux, il n'y a qu'eux finalement qu'on 
entend".  
    Aux yeux de Manuel Valls, "l'essentiel, c'est la bataille 
culturelle, identitaire".  
    "Si nous ne gagnons pas cette bataille, on oublie tout", 
a-t-il insisté. "L'essentiel, c'est comment on reconstruit la 
République, pas simplement dans les quartiers mais dans tout le 
pays". 
     
    ASSERVISSEMENT DE LA FEMME 
    Interpellé sur la question particulière du voile musulman, 
alors que des voix s'élèvent contre "la mode islamique" reprise 
par certaines marques de vêtements, le Premier ministre a mis en 
garde contre les messages idéologiques qui peuvent se dissimuler 
derrière le signe religieux.  
    Le voile islamique, "non ce n'est pas un phénomène de mode, 
non ce n'est pas une couleur qu'on porte, c'est un 
asservissement de la femme", a-t-il dit, appelant à "faire la 
distinction entre ce qu'est un voile, un fichu porté par les 
femmes âgées et la revendication d'un signe politique qui vient 
confronter la société française".  
    De nombreuses voix, dont celle de la philosophe Elisabeth 
Badinter, se sont élevées ces derniers jours pour dénoncer les 
marques qui proposent des vêtements à la mode "islamique" ou 
"musulmane", masquant le corps des femmes.  
    Des enseignes comme Dolce&Gabbana, Uniqlo, Marks and Spencer 
ou encore H&M ont imaginé des collections destinées aux 
musulmanes, comprenant notamment des maillots de bain recouvrant 
tout le corps, des voiles et des robes longues masquant les 
femmes de la tête aux pieds.   
    Dans un entretien publié ce week-end dans Le Monde, 
Elisabeth Badinter, grande figure du féminisme en France, a 
dénoncé l'attitude de ces marques.  
    "Je pense même que les femmes doivent appeler au boycott de 
ces enseignes" a-t-elle déclaré.  
    La philosophe a donné raison à la ministre des Droits des 
femmes, Laurence Rossignol, qui a qualifié mercredi sur RMC et 
BFM TV d'"irresponsables" les marques proposant de la mode 
musulmane, qui font selon elle "d'un certain point de vue la 
promotion de l'enfermement du corps des femmes".  
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Simon Carraud) 
 
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