Valls formule des propositions face aux "insécurités" de la mondialisation

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Taxe sur les produits importés de pays ne respectant par l'accord de Paris sur le climat, taxe sur les transactions financières, appel à des pays à relever leur impôt sur les sociétés: Manuel Valls formule mercredi des propositions pour combattre les "insécurités" nées de la mondialisation.

Après avoir défendu la semaine dernière à Berlin "une mondialisation au service du peuple", le Premier ministre enfonce le clou dans le sillage du Brexit et de l'élection de Donald Trump.

"La mondialisation", écrit-il dans une tribune dans Les Echos, "a longtemps été la promesse de plus de prospérité, de plus d'emplois, et d'emplois à plus forte valeur ajoutée. Or, il faut se rendre à l'évidence: cette promesse n'a pas été tenue. Pour beaucoup, et en particulier parmi les classes moyennes et populaires, la mondialisation est synonyme d'insécurités".

"Insécurité économique", avec depuis 30 ans l'entrée des pays d'Europe centrale et de la Chine dans le commerce international. "Insécurité" d'évoluer dans "un grand tout uniformisé" par les accords de libre-échange. "Insécurité" enfin face à la crise migratoire.

Trois "insécurités" renforcées selon M. Valls par deux "injustices": "concurrence déloyale" du fait de normes non respectées par des pays émergents (environnement, travail des enfants...); et "délocalisation des profits" permettant à des groupes d'échapper à l'impôt.

Face à ce diagnostic, le Premier ministre demade une application plus ferme de la "réciprocité" en matière commerciale, et davantage de dépenses publiques dans une Allemagne très excédentaire.

Il critique ainsi les "critères technocratiques" et les "normes américaines" imposés aux assureurs et aux banques qui limitent selon lui le financement de l'économie.

"Nous continuerons à porter la création d'une taxe européenne sur les transactions financières", assure-t-il, défendant également "un mécanisme pour taxer les entreprises dans les Etats où leur chiffre d'affaires est réalisé et au prorata de celui-ci" et "un dispositif européen de contrôle des investissements stratégiques".

Autre proposition, harmoniser les taux d'impôt sur les sociétés qui varient du simple au triple dans l'UE. "La France baisse son taux. D'autres doivent relever le leur", juge M. Valls.

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