Valls fait de la lutte contre "l'islamo-fascisme" une clé de 2017

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* Le Premier ministre veut une réponse "ferme" * Il redoute qu'à défaut le FN poursuive sa progression * Les musulmans doivent prendre leurs responsabilités, dit-il PARIS, 16 février (Reuters) - Manuel Valls a fait lundi de la lutte contre "l'islamo-fascisme", en France comme à l'étranger, une clé de l'élection présidentielle de 2017 et de la confrontation avec le Front national, qui ne cesse de progresser en France. Les valeurs de la République et de la laïcité, la lutte contre le djihadisme et le communautarisme doivent être l'affaire de l'ensemble de la société, y compris des musulmans eux-mêmes, a déclaré le Premier ministre sur RTL. "Nous avons trop laissé au cours de ces dernières années ces thèmes à la droite extrême", a-t-il ajouté. "Il faut que tous les républicains (...) ne laissent plus rien passer." Manuel Valls a plaidé pour une réponse "ferme", qui fasse de "l'autorité" une valeur, face à la "réponse autoritaire" et "contraire aux valeurs de la République" proposée par le parti présidée par Marine Le Pen. ID:nL5N0VQ1B3 Il n'a pas exclu que, faute d'un tel sursaut, le FN s'impose lors de la prochaine élection présidentielle, à laquelle Marine Le Pen semble d'ores et déjà en mesure de figurer au second tour, selon les sondages sur les intentions de vote. "Il y a danger. Quand le Front national fait 25% aux élections européennes, quand dans les enquêtes d'opinion il est donné autour de 30%, bien sûr qu'il y a une dynamique", a dit Manuel Valls. "Nous sommes sur le fil du rasoir." Après un moment de flottement en janvier, faute d'avoir su prendre la vague d'unité nationale déclenchée par les attentats qui ont fait 17 morts, le FN semble renouer avec cette dynamique, qui était la sienne avant ces événements. Le score de la candidate FN au second tour de l'élection législative partielle du Doubs, battue de justesse par son adversaire socialiste le 8 février, a jeté l'émoi dans les états-majors des autres partis, en particulier l'UMP et le PS. Leurs craintes sont renforcées par la perspective d'une percée du FN aux élections départementales de mars. RÉORGANISER L'ISLAM DE FRANCE Le parti de Marine Le Pen arrive en tête dans les souhaits de victoire des Français (29%) pour ce scrutin intermédiaire, selon un sondage de l'Ifop pour le Journal du Dimanche. Selon un sondage TNS Sofres publié lundi par Le Monde, un sympathisant UMP sur deux est favorable à des alliances locales avec le Front national à cette occasion. ID:nL5N0VQ1W0 Or, les "dangers de l'islam radical" sont avec l'immigration un des thèmes de prédilection du FN, alors que l'islam, deuxième religion de France, est jugé incompatible avec "les valeurs de la société française" par un Français sur deux, selon un récent sondage Ipsos/Sopra-Steria pour Le Monde. ID:nL6N0V71GV Manuel Valls s'est montré déterminé à prendre le problème à bras-le-corps. D'abord au Sénat, jeudi dernier, lorsqu'il a annoncé des consultations sur une réorganisation du culte musulman afin de lutter contre l'islamisme radical, notamment par le biais de son financement. Puis de nouveau lundi sur RTL. "Il ne faut céder ni à la peur ni à la division mais il faut en même temps poser tous les problèmes", a-t-il déclaré. "Et en même temps il faut que chacun prenne ses responsabilités." "Prendre ses responsabilités, c'est faire en sorte qu'il y ait un débat au sein de l'islam", a-t-il poursuivi. "Il faut désormais une rupture (...) C'est ce que demandent d'ailleurs l'immense majorité de nos compatriotes musulmans qui n'en peuvent plus (...) d'être confondus avec cette terreur." Il a jugé compatible avec la loi de 1905 sur la laïcité la formation des imams dans des universités françaises, pour qu'ils puissent "diffuser un message de paix" dans les mosquées. Il a précisé que le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, chargé des cultes, et sa collègue de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, y travaillaient. "Il faut former autrement les imams, refuser ces imams qui nous viennent de l'étranger, refuser les financements de l'étranger", a insisté Manuel Valls. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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  • M8252219 le lundi 16 fév 2015 à 14:03

    OUI mais pourquoi relâcher les pores flingues !!!!!!!!!!

  • LeRaleur le lundi 16 fév 2015 à 12:46

    Sacré Manu, le FN en parle depuis plusieurs années, et JMLP depuis 35 ans.