Valls exhorte la gauche à s'unir contre le risque d'effondrement

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MANUEL VALLS APPELLE AU RASSEMBLEMENT DE LA GAUCHE
MANUEL VALLS APPELLE AU RASSEMBLEMENT DE LA GAUCHE

PARIS (Reuters) - Manuel Valls, que certains à gauche pressent de s'affirmer comme un recours face à François Hollande, a lancé samedi un appel au rassemblement de son camp, menacé selon lui d'être "pulvérisé" en 2017 s'il ne resserre pas les rangs au plus vite.

"Aujourd’hui, mon rôle c'est de rassembler", a déclaré le Premier ministre lors d'un discours prononcé à Tours, durant lequel il a défendu le bilan de l'exécutif, réservé ses coups à la droite et dessiné des pistes pour le prochain quinquennat.

"La base d'une élection, c’est défendre un bilan, mais c’est aussi un projet, un élan. C’est dire pourquoi nous sollicitons à nouveau la confiance de nos concitoyens", a-t-il également lancé lors d'une "Université de l'engagement" du Parti socialiste.

"Je ne laisserai jamais tomber ma famille politique", a insisté le chef du gouvernement, dont les éventuelles ambitions font l'objet de vives spéculations depuis la parution, il y a une dizaine de jours, de confidences de François Hollande.

Selon des propos rapportés par des journalistes dans l'ouvrage "Un président ne devrait pas dire ça", le chef de l'Etat égratigne la magistrature, les footballeurs professionnels et quelques figures de la majorité.

A gauche, ces déclarations ont créé la stupéfaction et conduit un nombre grandissant d'élus à s'interroger sur la capacité de François Hollande, déjà mal en point dans les sondages, à briguer un second mandat dans six mois.

De l'aveu de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, aucun candidat déclaré ou pressenti ne semble aujourd'hui en mesure de battre la droite, ni même d'accéder au second tour de la présidentielle.

"Je suis lucide : je connais l’inquiétude qui traverse nos rangs, le désarroi, le découragement, l’abattement qui ont gagné beaucoup des nôtres", a déclaré Manuel Valls à Tours.

"RÉAGIR VITE"

Selon lui, il est urgent d'organiser le rassemblement des différentes tendances à gauche et d'engager la réflexion en vue de l'après-2017.

"Si nous ne le faisons pas clairement, la gauche qui assume les responsabilités au pouvoir, court un risque : être pulvérisée, emportée par l’ambiance actuelle, faite de divisions, de luttes d’egos, de règlements de compte, d’irresponsabilité", a-t-il jugé.

"Nous devons donc réagir, réagir vite, réagir pour cesser de subir, réagir maintenant pour ne pas mourir demain."

Manuel Valls a interpellé en ce sens les ex-ministres Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, candidats à la primaire socialiste de janvier, et l'ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui s'est émancipé de la tutelle de l'exécutif sans rien dévoiler de ses ambitions.

"Alors moi je veux que chacun se pose les bonnes questions. Je demande à Arnaud, à Benoît, (...) à Emmanuel (...) : qu’est-ce qui nous sépare ? Bien sûr, je connais nos débats, nos désaccords (...), mais, au fond, qu'est-ce qui nous rapproche d'abord ? D'avoir gouverné ensemble, avec le président de la République, et des valeurs", a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a également insisté sur la "loyauté", dont il a fait depuis son arrivée à Matignon, en 2014, un trait marquant de sa personnalité politique.

François Hollande a promis de faire connaître ses intentions début décembre.

(Simon Carraud, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Danielle Rouquié)

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