Valls et Taubira affichent leur unité à Marseille

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MANUEL VALLS ET CHRISTIANE TAUBIRA AFFICHENT UN FRONT UNI À MARSEILLE
MANUEL VALLS ET CHRISTIANE TAUBIRA AFFICHENT UN FRONT UNI À MARSEILLE

MARSEILLE (Reuters) - Manuel Valls et Christiane Taubira ont affiché vendredi à Marseille leur unité dans la lutte contre l'insécurité, affirmant qu'elle n'était pas de façade, pour montrer que police et justice peuvent travailler en osmose sur le terrain.

Le ministre de l'Intérieur -représentant de l'aile droite du Parti socialiste- et la ministre de la Justice, souvent critiquée par l'opposition pour son laxisme présumé, ont estimé que cela devait aussi être le cas à Marseille, une ville où la violence est endémique depuis des années.

"Ce n'est pas une figure de style. Nos administrations, forces de l'ordre et magistrats, doivent travailler ensemble. Notre volonté commune est de faire face ensemble aux enjeux de la lutte contre la délinquance", a affirmé Manuel Valls, précisant qu'il ne "tolérerait pas les mises en cause des décisions de justice".

Pour Christiane Taubira, "l'action du gouvernement doit être singulière dans sa cohérence, dans sa cohésion".

"Nous effectuons ce déplacement dans l'esprit de nos responsabilités respectives et dans le désir du travail commun. Entre Manuels Valls et moi, il y a une volonté politique de réussir", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Les deux ministres ont insisté sur la nécessité de mettre en oeuvre une stratégie commune pour améliorer l'efficacité, notamment à Marseille, dans la lutte contre la délinquance, une stratégie qui s'appuie sur des échanges apaisés entre fonctionnaires des deux administrations.

"Ces missions, nous allons les assumer dans l'unité de l'Etat", a indiqué Christiane Taubira, qui a annoncé le renfort de six magistrats et d'une douzaine d'éducateurs et de conseillers d'insertion dans la juridiction marseillaise.

Pour la Garde des Sceaux, c'est la politique de la droite durant les dix dernières années qui est directement à l'origine d'un malaise entre policiers et magistrats.

"La pression du chiffre, la pression de l'urgence, tout cela a provoqué une accélération qui a fragilisé nos structures. La pression du chiffre faite sur les policiers a eu des contrecoups sur la justice. Il faut que l'on en sorte", a-t-elle dit.

NOUVEAU PRÉFET DE POLICE

Le ministre de l'Intérieur avait déjà choisi Marseille pour son premier déplacement en province, en mai dernier. Il y est revenu pour lancer les zones de sécurité prioritaires et installer un préfet de police aux pouvoirs étendus.

"C'est le quatrième préfet en deux ans, on ne peut pas considérer que c'est la bonne méthode, il faut de la continuité", a-t-il dit. "Mais, à une nouvelle organisation, il m'a semblé qu'il fallait une nouvelle impulsion."

Manuel Valls a précisé la "feuille de mission" confiée à Jean-Paul Bonnetain, le nouveau préfet de police de Marseille, un poste créé dans le cadre du plan gouvernemental destiné à enrayer la violence qui sévit dans la ville.

Contrairement à son prédécesseur, Alain Gardère, qui était préfet délégué, Jean-Paul Bonnetain est un préfet "de plein exercice" placé sous l'autorité du ministre de l'Intérieur et qui a compétence sur l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé début septembre l'envoi en renfort de 205 policiers et gendarmes ainsi que la création de deux zones de sécurité prioritaire (ZSP) dans les quartiers du nord et du sud de la ville.

Manuel Valls a précisé que ces renforts policiers, qui devraient se mettre en place "dans les prochaines semaines", seraient des redéploiements de personnels volontaires.

"Il s'agit ici de lutter contre les criminalités, le néo-banditisme, ses trafics de drogue et d'armes qui visent à s'approprier le marché de la drogue et un certain nombre de territoires", a dit le ministre de l'Intérieur.

"Cela concerne aussi tous ces clients qui viennent se fournir et consommer dans les quartiers. Personne ne doit se sentir tranquille. Je parle des voyous et des caïds, mais aussi de ceux qui alimentent le trafic."

"Cela mettra du temps, je ne veux pas m'enfermer dans un calendrier. Mais en tout cas je veux des résultats, pas des chiffres mais des résultats", a déclaré Manuel Valls.

Yves Clarisse

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