Valls et l'UMP s'affrontent sur les chiffres de la délinquance

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MANUEL VALLS ET L'UMP S'AFFRONTENT SUR LES STATISTIQUES DE LA DÉLINQUANCE
MANUEL VALLS ET L'UMP S'AFFRONTENT SUR LES STATISTIQUES DE LA DÉLINQUANCE

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est livré mardi à une passe d'armes avec l'opposition de droite sur les dernières statistiques de la délinquance, après la divulgation de mauvais chiffres pour le mois d'octobre.

Le Figaro fait état lundi d'une explosion des crimes et délits au cours du mois d'octobre, en particulier des violences, qui seraient en hausse de 9% et de 24% en zone gendarmerie, ainsi que des atteintes aux biens (+ 8%).

Eric Ciotti, le "Monsieur sécurité" de l'UMP, y voit la preuve que "malgré l'esbroufe de communication du gouvernement, tous les indicateurs de la délinquance et du crimes sont au rouge désormais".

Manuel Valls, qui apparaît comme l'homme fort du gouvernement sur la base des sondages, a aussitôt entrepris de déminer le terrain.

Dans un communiqué publié au petit matin, le ministre ne conteste pas les chiffres bruts mais affirme qu'ils découlent "d'évolutions artificielles" liées à la politique de ses prédécesseurs et qu'ils ne correspondent à "aucune réalité".

La très forte augmentation depuis le début de l'année des statistiques en zone gendarmerie coïnciderait par exemple avec le déploiement au 1er janvier du logiciel qui permet d'alimenter automatiquement les statistiques.

Selon Manuel Valls, ses prédécesseurs auraient également fait baisser les statistiques dans le passé par le refus d'enregistrer certaines plaintes ou en déqualifiant certains délits.

"CASSER LE THERMOMÈTRE"

S'en prenant notamment à l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le ministère de l'Intérieur raille "ces 'orfèvres' en statistiques, qui furent directement impliqués dans la conception et l'application de la 'politique du chiffre'".

"Qui peut croire une seconde que l'évolution des différentes formes de délinquance, qui obéit largement à de profonds déterminants de moyen ou long terme, épouse en temps réel les changements politiques ?", demande le texte.

"Des statistiques tronquées par une alimentation incomplète ne peuvent servir de base de référence. La sécurité des Français ne doit souffrir d'aucune instrumentalisation", insiste-t-il.

Manuel Valls confirme sa volonté de réformer l'appareil statistique "pour le rendre totalement transparent", au risque de paraître vouloir utiliser les statistiques au profit de la gauche.

Le 19 septembre, il avait annoncé la mise en place d'un nouvel outil statistique de la mesure de la délinquance s'appuyant sur un tableau d'indicateurs rénovés, pour mettre fin à la "politique du chiffre" voulue par Nicolas Sarkozy.

Dans cette attente, des "instructions de strict respect des règles d'enregistrement ont été données à l'ensemble de l'encadrement de la police et de la gendarmerie".

Mais pour Eric Ciotti, les socialistes "sont à ce point embarrassés qu'ils songent à casser le thermomètre sous des prétextes fallacieux".

"Il faut que le gouvernement comprenne qu'on ne combat pas la délinquance avec de l'agitation médiatique", dit-il dans Le Figaro.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • ncorbex le mardi 13 nov 2012 à 12:26

    aux ciottes chiotti