Valls, entre patriotisme économique et politique de l'offre

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MANUEL VALLS, ENTRE PATRIOTISME ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE DE L'OFFRE
MANUEL VALLS, ENTRE PATRIOTISME ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE DE L'OFFRE

par Julien Ponthus

GENNEVILLIERS Hauts-de-Seine (Reuters) - Manuel Valls s'est inspiré jeudi du patriotisme économique d'Arnaud Montebourg et de la politique de l'offre chère à François Hollande dans un discours pro-entreprises avec lesquelles il dit vouloir en terminer avec la "méfiance".

En déplacement sur le site de l'équipementier de défense Thales pour faire le service après-vente des annonces économiques de son discours de politique générale, le Premier ministre a aussi pris soin d'y apporter une touche personnelle en reprenant à son compte, mais sans le nommer, l'ambition de Nicolas Sarkozy de réhabiliter "la valeur travail".

"Dans notre pays il y a beaucoup trop de méfiance envers les entreprises", a-t-il dit devant des employés de Thales.

Se plaçant dans la philosophie du pacte de responsabilité inspiré par l'industriel Louis Gallois, Manuel Valls a repris à son compte le constat d'un coût du travail trop élevé qu'il avait lui même développé seul contre ses rivaux lors de la primaire socialiste en vue de la présidentielle de 2012.

Il a ainsi défendu les 20 milliards d'allègements de charges prévus dans le cadre du Crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice) décidé en novembre 2012 et qui constituait alors pour lui une victoire politique a posteriori.

La thématique de la compétitivité, absente de la campagne de François Hollande, est devenue l'un des socles de la politique d'un président qui a dû se résigner à reprendre à son compte un avatar de la "TVA sociale" lancée par Nicolas Sarkozy.

Manuel Valls s'est fait l'avocat des dix milliards d'euros de baisses de charges supplémentaires détaillées mardi à l'Assemblée nationale et a défendu la décision de ne pas les concentrer exclusivement sur les bas salaires.

LE MÊME SENTIMENT PATRIOTIQUE QUE MONTEBOURG

De nombreux économistes jugent cette option plus efficace pour maximiser les créations d'emplois même si une frange importante du patronat plaide pour aider les entreprises exportatrices qui emploient des salariés très qualifiés.

"Il ne faut pas opposer les deux", a dit Manuel Valls, estimant avoir fait des gestes dans les deux directions.

Son gouvernement a décidé la suppression des cotisations patronales à l'Urssaf pour les salariés payés au smic tout en abaissant les cotisations famille de 1,8% pour les salaires jusqu'à 3,5 fois le smic, soit pour plus de 90% des salariés.

Manuel Valls a aussi jugé nécessaire la baisse de la fiscalité des entreprises via notamment la suppression de la Contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) et la surtaxe sur l'impôt sur le résultat des sociétés en 2016.

Il a profité de la présence du ministre du Redressement productif pour rendre hommage à la stratégie industrielle développée par Arnaud Montebourg, grand gagnant du remaniement par lequel il est devenu ministre de l'Economie.

"Nous devons avoir le sentiment patriotique qu'exprime chaque jour le ministre du Redressement productif", a-t-il dit.

"Il faut aimer la France, il faut être fier de notre pays", a-t-il expliqué à son auditoire, défendant "l'indépendance nationale" sur des secteurs économiques stratégiques via les entreprises publiques françaises.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • fgino le jeudi 10 avr 2014 à 16:51

    si tu supprimes la retraite à 60, les 35 heures payées 39, la 5 eme et 6 emem semaine de congé, les arrêts maladies de complaisance , la CGT, la taxe de la masse salariale pour alimenter le comité d'entreprise, les salaires mirobolants des directeurs incompétents ... ça sera déjà un début Manolo !!

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