Valls demande un vote de confiance sur son plan d'économies

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MANUEL VALLS DEMANDE UN VOTE DE CONFIANCE SUR SON PLAN D'ÉCONOMIES
MANUEL VALLS DEMANDE UN VOTE DE CONFIANCE SUR SON PLAN D'ÉCONOMIES

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a demandé mardi à la majorité de légitimer l'action de son gouvernement en votant pour son plan d'économies de 50 milliards d'euros, sur lequel la France joue sa "crédibilité".

Le Premier ministre, qui devrait obtenir un feu vert grâce, notamment, à l'apport des centristes, même si une partie de l'aile gauche du Parti socialiste et des écologistes lui feront défaut, a insisté sur le "moment de vérité" que constituait ce vote pourtant consultatif.

"Ce n?est pas un vote indicatif. C?est un vote décisif ! Il marquera profondément l?évolution de notre pays", a-t-il déclaré devant l'Assemblée. "Le résultat du vote (...) conditionne à la fois la légitimité du gouvernement, sa capacité à gouverner avec sa majorité, et, surtout, la crédibilité de la France."

Le Premier ministre, qui a réitéré les concessions faites lundi pour les plus modestes et sa volonté de mener une profonde réforme territoriale, s'est jusqu'au bout efforcé de convaincre les parlementaires socialistes de s'unir autour de ce plan qui doit permettre de financer des baisses de charges pour les entreprises et de ramener le déficit à 3% du PIB en 2015.

"Jamais un tel niveau d'engagement n'a été consenti en aussi peu de temps pour les entreprises et donc pour l'emploi", a-t-il estimé à propos du pacte de responsabilité et de solidarité de 30 milliards d'euros, insistant sur la nécessité de "réarmer" l'industrie dont la base s'est "retrécie" depuis 10 ans.

Cet effort, a-t-il ajouté, ne peut être financé par une hausse des impôts, après les 60 milliards d'euros supplémentaires ponctionnés depuis 2010 par la droite et l'actuelle majorité, faisant culminer l'endettement français à environ 1.800 milliards d'euros.

"LES FRANÇAIS N'EN PEUVENT PLUS"

"Les Français n?en peuvent plus. Il faut donc nous engager dans une baisse des prélèvements obligatoires", a-t-il dit.

Une partie des socialistes devraient s'abstenir, alors que Manuel Valls entend rassembler la majorité.

"Mes collègues ont jusqu'à ce soir pour réfléchir et pour décider de leur vote", a déclaré lors d'un point de presse Annick Lepetit, porte-parole du groupe socialiste. "Le travail d'écoute a porté ses fruits."

Si les 291 députés socialistes - sur 577 - disposent d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale, ils ne permettront pas à eux seuls l'adoption du vote, même si la plupart des récalcitrants devraient s'abstenir et non voter contre.

Les écologistes, qui font eux aussi partie de la majorité même s'ils ne siègent plus au gouvernement, enverront un message de défiance à Manuel Valls, malgré les concessions faites mardi pour les ménages les plus modestes.

"La majorité de mon groupe votera contre le programme de stabilité, il y aura quelques abstentions", a déclaré mardi Barbara Pompili, co-présidente du groupe des Verts, qui compte 17 élus à l'Assemblée nationale.

En revanche, le Premier ministre pourra compter sur les voix des 17 députés radicaux de gauche et bénéficiera de l'abstention d'une majorité des 30 députés centristes de l'Union des démocrates et indépendants.

"Le groupe va majoritairement s'abstenir", a dit Philippe Vigier, président du groupe UDI à l'Assemblée nationale, à Reuters. "Il y aura six voix contre et quelques pour."

Le groupe UMP (198 députés) votera massivement contre.

"Le programme de stabilité incarne l'incapacité de François Hollande à porter des réformes. Notre position est une hostilité totale à ce programme de stabilité", a déclaré le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, tout en précisant qu'il y aurait "trois ou quatre abstentions".

Même opposition du groupe Front de gauche.

"Nous voterons contre ce programme de stabilité qui assume un virage social-libéral", a dit le communiste André Chassaigne, selon lequel les cinq députés d'Outre-mer du groupe, qui compte 15 élus, voteront toutefois pour.

(Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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