Valls défend une réforme du marché du travail "du XXIe siècle"

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MANUEL VALLS DÉFEND LA MODERNITÉ DU PROJET DE RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL
MANUEL VALLS DÉFEND LA MODERNITÉ DU PROJET DE RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL

par Gilbert Reilhac

CHALAMPE, Haut-Rhin (Reuters) - Manuel Valls a dénoncé lundi ceux qui disent des "bêtises" sur la réforme du marché du travail, défendant un projet "du XXIe siècle" sur lequel le gouvernement, a-t-il dit, n'hésitera pas à prendre ses responsabilités en cas de blocage.

Le Premier ministre, qui s’exprimait lors d’un déplacement dans le Haut-Rhin, avec le ministre de l’Economie Emmanuel Macron et la ministre du Travail Myriam El Khomri, a justifié par la nécessité de faire reculer le chômage ce texte contesté par une bonne partie de la majorité.

"Il y a beaucoup de bêtises qui sont dites ici ou là", a-t-il dit à l’issue d’une visite de l’usine Solvay de Chalampé, premier site mondial de production des intermédiaires du nylon.

Il a cité les craintes d’un abandon des 35 heures, du contrat à durée indéterminée ou de la majoration des heures supplémentaires, qui demeureraient, mais dont les modalités pourraient être négociées dans des accords d’entreprise.

"Il y en a qui sont encore au XIXe siècle. Moi et les ministres ici présents, nous sommes résolument dans le XXIe siècle et nous savons qu’économie et progrès social peuvent aller de pair", a-t-il affirmé, estimant que la France devait s’inspirer de "ce qui marche, en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Espagne".

Le projet de réforme, qui doit être présenté le 9 mars en conseil des ministres, confirme la durée légale de 35 heures de travail par semaine. Mais pratiquement tout le reste est ouvert à la négociation collective, y compris la rémunération des heures supplémentaires, voire laissé à la discrétion de l'employeur dans certains cas, en l'absence d'accord.

RECOURS AU 49.3

Il étend également les possibilités de licenciement pour motif économique dans les entreprises et plafonne le niveau des indemnités qui peuvent être accordés aux salariés licenciés.

"C’est un acte de confiance" adressé aux chefs d’entreprises, aux salariés et à leurs représentants", a insisté Manuel Valls en parlant d’accords "gagnant-gagnant pour les entreprises comme pour les salariés". "Tout doit être tenté".

Il a laissé ensuite entendre, lors d'une visite dans une agence Pôle emploi de Mulhouse, que le gouvernement n'excluait pas le passage en force grâce à l'article 49.3 de la Constitution si la majorité se montre par trop réticente.

"Nous assumons nos responsabilités pour que les réformes aboutissent", a-t-il expliqué en réponse à une question.

Selon des médias qui l'accompagnaient dans l'avion qui l'emmenait en Polynésie, François Hollande s'est montré réservé sur le recours à l'article 49.3 pour ce projet contesté, préférant la recherche d'une majorité.

En partant de l'usine Solvay, Manuel Valls a eu un bref échange avec des syndicalistes visiblement peu convaincus.

La CGT a diffusé un tract avec la photo des trois ministres sous le titre "Vigipirate social renforcé".

"Ces trois individus, défavorablement connus des organisations syndicales, ont été signalés aux abords du site. Récemment radicalisés, ils auraient décidé de s’en prendre directement au droit du travail", dénonçait le syndicat.

Les syndicats voient dans cette disposition une façon parmi d'autres de contourner la durée légale de 35 heures.

La CGT a convié neuf syndicats à se réunir mardi pour évoquer notamment ce dossier et étudier des "initiatives communes", a-t-on appris auprès de la confédération.

Un responsable de la CGT a cependant jugé prématuré de parler d'une riposte commune au texte de la ministre du Travail Myriam El Khomry même si "le dossier est dans les tuyaux".

"Ce n'est qu'une première réunion de travail. Ensuite, on verra si ça évolue", a-t-il dit.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M898407 il y a 10 mois

    La CGT préfère, comme toujours, soutenir des mesures qui protègent ses représentants et les dispensent de travailler. Quant à l'intérêt des salariés de trouver plus facilement un emploi grâce à la flexibilité de certaines contraintes, elle s'en fiche complètement et préfère empêcher les embauches, car ainsi il n'y a plus de risque de licenciement, CQFD.... Pas belle la France ?