Valls confirme un prochain geste financier pour la SNCF

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    ATHENES, 3 juin (Reuters) - L'Etat annoncera bientôt un 
geste financier pour la SNCF, a confirmé jeudi Manuel Valls, 
sans préciser sa nature ni son montant. 
    "Ce sont des sujets qui sont attendus aussi bien par la 
direction que par les syndicats parce qu'il y a des 
inquiétudes", a dit le Premier ministre à des journalistes lors 
d'une visite en Grèce. 
    Prié de dire si ce geste prendrait la forme d'un allègement 
de la dette de la SNCF, qui s'élevait à 50 milliards d'euros fin 
2015, il a répondu : "Nous verrons, ce sont des sujets 
compliqués." 
    "Il y a aussi la trajectoire financière de l'Etat", a-t-il 
ajouté pour souligner les engagements de la France en matière de 
réduction du déficit public. "Il faut traiter cette question 
sereinement d'ici lundi." 
    Selon un courrier du secrétaire d'Etat aux Transports dont 
Reuters a eu connaissance, l'Etat s'est engagé mercredi à 
trouver une solution pour alléger la dette de la SNCF et lui 
donner les moyens de poursuivre la rénovation de son réseau. 
    Alain Vidalies annonce dans cette lettre que le gouvernement 
remettra en août au Parlement un rapport sur "les solutions 
envisageables pour traiter la dette historique et les frais 
financiers qui pèsent sur le groupe SNCF".   
    Une source familière du dossier a déclaré mercredi que ces 
solutions pourraient prendre la forme d'une prise en charge 
d'environ un milliard d'euros d'intérêts payés par l'entreprise, 
d'une reprise partielle de sa dette ou de moratoires. 
    La direction de la SNCF négocie depuis des mois avec les 
quatre syndicats de l'entreprise (CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT) 
un accord sur une réorganisation du travail dans l'entreprise, 
dans la perspective de l'ouverture à la concurrence du trafic 
passagers dans l'Union européenne en décembre 2019. 
    Ces négociations sont censées aboutir à un accord le 6 juin 
mais le mouvement contre le projet de loi Travail, auquel se 
sont joints mercredi une partie des cheminots, est venu 
brouiller le calendrier. 
    Le gouvernement a fait pression sur la direction pour 
accepter des compromis et a même conclu directement le week-end 
dernier un accord avec la CFDT cheminots, au grand dam du 
président de l'entreprise. 
    Guillaume Pepy, qui aurait mis sa démission dans la balance 
selon des sources syndicales, ce qu'ont démenti la SNCF et le 
gouvernement, a demandé à l'Etat des compensations financières. 
    Interrogé sur ces dissensions, Manuel Valls répond dans un 
entretien à paraître vendredi dans les quotidiens régionaux du 
groupe Ebra : "Il ne peut pas y avoir de problème entre le 
gouvernement et M. Pepy, parce que M. Pepy ne peut pas avoir de 
problème avec le gouvernement." 
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par 
Tangi Salaün) 
 
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