Valls annonce la reprise des travaux pour le nouvel aéroport de Nantes

le , mis à jour à 17:59
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* Manuel Valls annonce la reprise des travaux * Les opposants veulent attendre la décision en appel * Un dossier miné politiquement (Actualisé avec Royal §§ 5-6) par Guillaume Frouin NANTES, 17 juillet (Reuters) - Le tribunal administratif de Nantes a rejeté vendredi tous les recours contre les volets environnementaux du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), une décision qui a incité le gouvernement à annoncer la reprise des travaux. Le Premier ministre Manuel Valls a douché les espoirs des opposants à ce nouvel aéroport controversé situé près de Nantes, qui réclamaient la prolongation de la suspension des travaux interrompus depuis fin 2012 jusqu'à la décision sur leur appel introduit dès vendredi, voire jusqu'à la cassation. "Cette décision confirme la parfaite conformité du projet au droit, et le respect des procédures encadrant la réalisation des projets d'infrastructures", a-t-il déclaré dans un communiqué, affirmant qu'elle entraînerait "la reprise des travaux", une annonce vivement critiquée par les écologistes. Le projet est soutenu par le gouvernement et les collectivités locales, avec en première ligne l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes. Signe qu'un arbitrage a eu lieu sur ce dossier, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, qui avait émis des doutes sur l'utilité du projet, a déclaré qu'elle ne polémiquerait pas. "Je ne veux pas faire de polémique sur ce sujet-là, surtout que le Premier ministre s'est exprimé, donc il a déclaré ce qu'il pensait devoir faire je n'ai rien à ajouter à ce qui a été dit", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse. Les juges n'ont rien trouvé à redire, du point de vue du droit, sur les arrêtés préfectoraux portant sur la loi sur l'eau et les dérogations à l'interdiction de destruction des espèces protégées. Ils ont aussi validé la déclaration d'utilité publique du programme d'amélioration de la desserte routière. "Le tribunal a notamment considéré que les dispositions (...) du code de l'environnement n'étaient pas méconnues", explique le tribunal administratif de Nantes dans un communiqué. Il a toutefois imposé à Vinci, concessionnaire du projet, de ramener la taille maximale de ses 6.300 places de parking de 38 m² à 25 m² pour regagner 8 hectares de terres. "Au vu des mesures d'évitement, de réduction et de compensation prévues, la dérogation ne nuit pas au maintien dans un état de conservation favorable des populations des espèces protégées concernées", estiment les juges nantais, pour justifier le rejet des requêtes portant sur les dérogations à l'interdiction de détruire des espèces protégées. LE SCÉNARIO D'UN RÉAMÉNAGEMENT REJETÉ Les juges ont également rejeté le scénario d'un réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes, situé en périphérie de la ville, comme le préconisent les opposants à son "transfert" vers le site de Notre-Dame-des-Landes. "L'aéroport Nantes-Atlantique, dans sa configuration actuelle, présentera à moyen terme une saturation de ses capacités tant techniques qu'environnementales, eu égard à l'estimation finale retenue par les études prospectives de 9 millions de passagers par an à l'horizon 2050", disent-ils. Si le tribunal juge "possible" d'augmenter les capacités techniques de l'actuel aéroport, ils notent que l'orientation de la piste impose le survol de larges zones densément peuplées. Les 17 recours que le tribunal administratif de Nantes a examinés émanaient de l'Acipa, la principale association d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais aussi d'associations des agriculteurs et d'élus locaux. Europe Ecologie - Les Verts, plusieurs associations écologistes et des particuliers figuraient aussi parmi les requérants. Elles ont annoncé dès vendredi dans un communiqué faire appel et estimé que les travaux ne pouvaient reprendre tant qu'il n'aura pas été examiné. LES ZADISTES PRÊTS A LUTTER François Hollande a toujours conditionné la réalisation de cet équipement controversé à l'extinction préalable des recours juridiques le concernant mais un flou entourait la portée de cet engagement, les opposants du projet considérant qu'il incluait nécessairement la prise en compte d'un appel. Manuel Valls a donc tranché sans attendre vendredi, ce qui pourrait tendre la situation sur le terrain. Dans un communiqué de presse, les "zadistes" de Notre-Dame-des-Landes ont lancé un "appel à occupation des lieux de pouvoir" en France, ainsi qu'à des "opérations de ralentissement des flux localement", en cas de tentative d'expulsion de la ZAD, la "zone à défendre" qu'ils occupent sur les lieux. La décision de reprendre les travaux risque également de devenir un sujet de polémique politique. Les écologistes sont en effet vent debout contre le projet de nouvel aéroport et en avaient fait une question de principe lorsqu'ils étaient au gouvernement. "La précipitation de Matignon à vouloir relancer immédiatement les travaux (...) trahit encore une fois une volonté de passer en force", a tweeté Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts. Dans un communiqué, EELV interpelle François Hollande. "Les recours n'étant pas terminés, les travaux ne peuvent reprendre et toute décision contraire de l'exécutif serait une provocation", disent ses porte-parole. (Avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)


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  • M4841131 le vendredi 17 juil 2015 à 19:05

    avez vous remarqué qu'on met en prison des politiques en italie, espagne, roumanie, pologne......etc.. pour corruption , mais jamais en france , on doit être trop propre !!! l'important , il faut que le projet coûte un maximum pour toucher des rétrocommissions maximales (il y a 30 ans on disait "pots de vin") même si le projet est inutile comme là . 3 fois plus de passagers à genève avec une seule piste aussi.

  • M4841131 le vendredi 17 juil 2015 à 19:01

    mais comme dit l'audacieux, çà ne coûte rien , c'est l'état qui paye, moi j'appelle ces gens là , des tra.îtres à la patrie, d'ailleurs, ils ne disent pas "la france mon pays" mais " la france ce pays", c'est tout dire , sans parler de l'invasion de l' afrique, on nous dit "faut faire l'europe" et on est envahit de non-européen

  • milano12 le vendredi 17 juil 2015 à 18:10

    alors segolene ? c est ça on diminue la pollution ?