Valls à Athènes pour confirmer le soutien de la France à la Grèce

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    * La France accueillera 400 réfugiés par mois depuis la 
Grèce 
    * Valls exprimera le soutien de la France aux Grecs 
    * De nouvelles mesures votées en Grèce, la BCE choisit 
d'attendre 
 
 (Actualisé avec accueil de migrants, réformes et BCE) 
    ATHENES, 2 juin (Reuters) - Manuel Valls est arrivé jeudi à 
Athènes pour assurer la coalition menée par Alexis Tsipras du 
soutien de la France dans la crise économique et financière que 
continue de traverser la Grèce et examiner la réponse européenne 
à l'afflux de migrants. 
    Avant l'arrivée du Premier ministre français, le ministre de 
l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé que la France 
proposerait à la Grèce d'accueillir tous les mois 400 réfugiés 
arrivés sur son sol dans le cadre du mécanisme européen de 
répartition des demandeurs d'asile.   
    Manuel Valls s'entretiendra jeudi soir avec son homologue 
grec, une semaine après l'accord trouvé entre la Grèce et ses 
créanciers internationaux sur un ensemble de réformes réclamées 
à Athènes pour débloquer 10,3 milliards d'euros. 
    L'Etat grec a besoin de ces fonds pour honorer des échéances 
de prêts du Fonds monétaire international (FMI) en juin et 
d'obligations de la Banque centrale européenne (BCE) en juillet, 
et couvrir des arriérés de paiements en augmentation constante. 
    Le Parlement grec a approuvé jeudi une nouvelle série de 
mesures demandées par les créditeurs pour débloquer ces fonds. 
    Une première tranche de 7,5 milliards d'euros devrait être 
allouée en juin et une autre de 2,8 milliards ultérieurement. 
    La Grèce, dont les déboires financiers ont failli avoir 
raison de la zone euro il y a quelques années, a déjà bénéficié 
depuis 2010 de deux plans de sauvetage en échange de mesures 
censées réduire ses déficits et améliorer sa compétitivité. 
     
    LA BCE DÉCIDE D'ATTENDRE 
    La Banque centrale européenne a quant à elle fait le choix 
jeudi de reporter sa décision sur l'octroi à la Grèce d'un accès 
à des financements bancaires bon marché, expliquant qu'elle 
attendait qu'Athènes ait levé la totalité des doutes qui 
persistent sur l'application des accords.   
    Les ministres européens des Finances se sont en outre mis 
d'accord la semaine dernière sur le principe d'un allègement de 
la dette en 2018, dans le cas de figure où le pays en aurait 
besoin pour se conformer aux critères du plan de sauvetage. 
    "Désormais, chacun reconnaît la nécessité de traiter le 
sujet de la dette", déclare Manuel Valls dans un entretien 
publié jeudi dans le journal Kathimerini. 
    "Cet accord envoie un bon signal à l'extérieur : il rend 
crédible, d'ici la fin du programme en 2018, un retour sur les 
marchés de la Grèce pour se refinancer et donc cesser de 
dépendre de l'assistance financière", ajoute-t-il. 
    La France apporte son assistance technique à la Grèce 
souligne-t-il, en particulier pour réformer son administration 
et sa fiscalité, et "nous incitons davantage d'entreprises 
françaises à envisager des perspectives d'investissement". 
    Il cite l'énergie, les transports, l'environnement, 
l'agroalimentaire et le tourisme au nombre des secteurs 
"prometteurs" dans lesquels investir en Grèce. 
    Pour aider la Grèce à faire face à l'afflux de réfugiés, 
notamment syriens, Manuel Valls doit parler de l'aide de la 
France avec son homologue. 
    La France peut renforcer son soutien au dispositif Frontex 
et Bureau européen d'appui à l'asile, dit-il à Kathimerini. 
    "La France est prête à mettre à leur disposition 
300 personnes supplémentaires et près de 200 personnes ont déjà 
pu apporter leur concours sur place en Grèce", dit-il. 
    Le mécanisme de répartition des demandeurs d'asile entre 
pays européens a été lent à se mettre en place mais le système 
"décolle" depuis janvier, avec une mission de l'Office français 
de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) en Grèce, 
explique son directeur, Pascal Brice. 
    Depuis janvier, 200 demandeurs d'asile érythréens sont 
arrivés en France depuis l'Italie, et environ 900 personnes - 
pour la plupart des Syriens et des Irakiens - ont été entendues 
en Grèce par l'Ofpra. La moitié d'entre elles environ sont déjà 
sur le sol français, les autres sont sur le point d'arriver, 
précise-t-il. 
    Paris s'est engagé à accueillir 32.000 demandeurs d'asile 
supplémentaires d'ici fin 2017 : 22.000 dans le cadre de ce 
système européen de relocalisation depuis les "hotspots" grecs 
et italiens, et 10.000 dans le cadre d'un programme de 
"réinstallation" depuis la Turquie, le Liban et la Jordanie. 
    Manuel Valls est accompagné par le ministre des Finances, 
Michel Sapin, et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, 
Harlem Désir. Il rentrera vendredi en France. 
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Chine Labbé à Paris, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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