Valdano: "Cruyff, un mythe du football"

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Valdano: "Cruyff, un mythe du football"
Valdano: "Cruyff, un mythe du football"

Tour à tour attaquant, entraîneur et directeur sportif du Real Madrid, Jorge Valdano est sans doute l'ancien joueur qui parle le mieux de football. Et de Johan Cruyff, la pierre angulaire de l'éternel ennemi, le FC Barcelone.

Depuis l'Argentine, quelle image vous faisiez-vous de Cruyff? Son importance était supérieure à celle de Barcelone. J'ai su situer Barcelone sur une carte quand Johan Cruyff s'est engagé avec les Blaugranas. C'était un joueur admirable. Ce qui me fascinait chez lui, c'est la gestion de sa boîte de vitesse interne, la facilité avec laquelle il changeait de rythme avec le ballon dans les pieds. Au-delà du cas Cruyff, il y avait une admiration globale pour les Pays-Bas et l'Ajax, qui furent les premières équipes cinématographiques, où tous les joueurs étaient en mouvement en même temps tout en restant organisés, dans les phases de possession et de récupération. Mais pour passer à la postérité, une équipe a besoin d'un génie. Je pense au Santos de Pelé, au Real Madrid de Di Stéfano, ou au FC Barcelone de Messi. Pour se faire une place dans l'histoire, l'Ajax et les Pays-Bas avaient besoin d'un talent supérieur, qu'incarnait Johan Cruyff. Sur le terrain, sa personnalité le transformait en héros absolu d'une équipe extraordinaire.

Comment décririez-vous sa personnalité? On dit que les joueurs de Barcelone l'appelaient Dieu. Comme tous les grands joueurs, il a une conscience absolue de ce qu'il représente pour le monde du football. La conscience du pouvoir est commune à Cruyff, Di Stéfano, Pelé, Maradona… Pour arriver à ce niveau, il faut une estime de soi très élevée. Et Cruyff représente un cas quasi pathologique de confiance en soi. Jamais dans ma vie je n'ai vu un joueur gouverner les matchs comme Cruyff. Il était le propriétaire du spectacle. Beaucoup plus que son équipe, que l'arbitre, ou que les supporters. Son emprise sur ce qui se passait sur le terrain était incroyable. Il était joueur, entraîneur, et arbitre à la fois.

Arbitre, c'est-à-dire? La première fois que je l'ai affronté, c'était en coupe du roi. J'avais 20 ans, et je jouais pour Alavés en deuxième division. Si un joueur était à terre, il allait le voir, jugeait s'il fallait intervenir, et appelait lui-même les soigneurs. Comme si l'arbitre n'existait pas. Lors de ce match de coupe du roi, je suis allé le voir alors qu'il avait le ballon sous le bras. Je lui ai dit: “Pourquoi tu ne gardes pas ce ballon et tu nous en donnes un autre pour qu'on continue le match sans…




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