Valbuena, vraiment une erreur de casting ?

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A moins qu'il ne réussisse une fin de saison parfaite, l'exercice 2015-16 de Mathieu Valbuena à Lyon se soldera sur un flop. Beaucoup évoquent une erreur de casting lors de la signature de l'ancien Marseillais l'été dernier. Est-ce vraiment le cas ? Eléments de réponse.

Dans deux mois, le rideau va tomber sur la saison 2015-16 de Ligue 1. Et au moment d’en tirer un premier bilan, il sera temps de s’interroger sur le rendement de Mathieu Valbuena à l’Olympique Lyonnais. Car sept mois après son arrivée entre Rhône et Saône, l’ancien Marseillais est décrié. C’est peu de le dire. Trois jours après la victoire de Lyon contre le PSG, certains souhaitent même voir l’international tricolore s’asseoir pour de bon sur le banc au profit, par exemple, du jeune Maxwell Cornet, brillant face aux Parisiens. Pourquoi un tel désamour entre le milieu de l’OL et son public ? Parce que depuis le mois d’août, Mathieu Valbuena n’a marqué qu’un but et délivré seulement quatre passes décisives. Bien peu pour un joueur dont le salaire est le plus important de l’effectif (330 000€ / mois selon Le Parisien contre 320 000€ pour Lacazette).

Un style de jeu pourtant compatible

Pour certains, le fiasco était prévisible. Depuis plusieurs mois, l’erreur de casting est même avancée. Pourtant, sur le papier, le numéro 19 de l’OL avait tout pour se fondre dans le onze d’Hubert Fournier (depuis remplacé par Bruno Genesio) : un 4-4-2 en losange, avec un poste de numéro 10 laissé vacant par le départ de Yoann Gourcuff et la nouvelle blessure de Clément Grenier en pré-saison. Dans ce rôle qui lui correspondant parfaitement au Dynamo Moscou, « Petit Vélo » n’a cependant jamais convaincu et a dû se résoudre à s’exiler sur un côté avec le changement de système définitivement entériné par Bruno Genesio en début d’année. Même là, l’ancien Marseillais est à la peine. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas foncièrement un joueur de couloir. Il est rare de voir Mathieu Valbuena prendre la profondeur et faire des appels dans le dos de la défense adverse. Au contraire. Le milieu lyonnais aime multiplier les touches de balle, se rapprocher du coeur du jeu quand il a le ballon et chercher ses partenaires dans les petits espaces.

La blessure de Fekir a tout changé

Sauf qu’avec la grave blessure de Nabil Fekir en début de saison, le fameux trio Valbuena-Fekir-Lacazette n’a pas eu sa chance. L’arrivée de Claudio Beauvue dans le onze a changé la donne. Car l’ancien Guingampais n’a pas le profil technique de Fekir, qui semblait si complémentaire de celui de Valbuena sur le papier. Dans ce schéma, on peut regretter le départ l’été dernier de Clinton N’Jie. Un joueur rapide et très à même de prendre la profondeur, dont les caractéristiques auraient pu permettre à l’international français de faire parler ses qualités. Le retour attendu de Nabil Fekir au mois d’avril pourrait offrir une nouvelle chance à l’ancien Marseillais de montrer sa compatibilité avec le club rhodanien. Reste à savoir dans quelle condition physique celui-ci reviendra en fin de saison et quelle décision prendra Bruno Genesio d’un point de vue tactique. Car dans un 4-3-3, on peut craindre que le talent de Fekir ne puisse s’exprimer pleinement.

Une star expérimentée dans un vestiaire de jeunes en devenir

Là où l’erreur de casting est plus évidente, c’est dans le choix de l’homme. La saison dernière, c’est en se basant sur un effectif très jeune que l’OL a réussi à concurrencer le PSG jusqu’au bout en Ligue 1. Une équipe en majorité issue du centre de formation rhodanien qui se connait parfaitement et dans laquelle on pouvait s’attendre à ce qu’un nouvel arrivant ait du mal à se fondre. Difficultés exacerbées quand la recrue en question est une « star » et qu’elle débarque avec un statut, un salaire et des ambitions qui peuvent attirer les jalousies d’un vestiaire jeune et soudé. Plusieurs fois, Claudio Beauvue avait mis en lumière ce problème d’intégration des recrues estivales avant son départ cet hiver. Longtemps sur les tablettes du club du président Aulas, Younès Belhanda aurait peut-être connu une adaptation plus aisée. Mais l’ancien Montpelliérain n’aurait-il pas lui aussi souffert de l’inefficacité d’Alexandre Lacazette pendant les six premiers mois de la saison ? Car c’est aussi l’une des explications de la saison ratée de Mathieu Valbuena à l’OL. Le manque de réussite a longtemps été collectif. Tout comme le succès de dimanche contre le PSG fut collectif. Un succès auquel n’a pas pris part Mathieu Valbuena. Comme si le sort, lui aussi, avait décidé de d’acharner contre l’ancien joueur de l’OM.

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