Valbuena, entre émotion et raison

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Valbuena, entre émotion et raison
Valbuena, entre émotion et raison
Avant de définitivement tourner le dos à l'OM, Mathieu Valbuena a tenu à se présenter devant la presse ce mardi aux côtés du président Vincent Labrune. Emu aux larmes, le milieu de terrain des Bleus est revenu sur ses souvenirs de ses huit saisons passées sur la Canebière.

Entouré de son ancien président, Vincent Labrune, qui a pris la parole pour lui rendre hommage et annoncé que le numéro 28 serait retiré, Mathieu Valbuena s'est livré comme jamais face aux médias présents ce mardi au centre RLD. Des larmes, des explications et une standing ovation des journalistes sont venus ponctuer son intervention pleine d'émotion. Après huit saisons passées à l'OM, le milieu de terrain des Bleus est persuadé d'avoir fait le bon choix en signant au Dinamo Moscou. Et peu importe ce que pensent les observateurs, il assure que cela ne l'handicapera pas pour continuer à jouer en équipe de France.

(Il pleure avant de prendre la parole)
Je m'étais promis de ne pas pleurer mais... C'est huit ans passés ici, c'est énorme. C'est important pour moi de venir vous parler. J'ai vécu des choses fantastiques ici et j'en suis fier.

Mathieu Valbuena, quels souvenirs vont vous rester de votre passage à l'OM ?
Mon premier but en Ligue 1 contre Saint-Etienne m'a marqué. Le premier te marque souvent. Après il y a eu ce but contre Liverpool qui m'a permis de me révéler au grand public. Ensuite, il y a eu les titres, de grands moments personnels et collectifs. Je suis arrivé ici sur la pointe des pieds... J'en retirerais beaucoup de choses positives évidemment !

On évoque souvent le rôle d'Eric Gerets dans votre épanouissement. Qu'en pensez-vous ?
Je pense que tous les entraîneurs ont compté pour moi. Mais il (Eric Gerets) m'a révélé c'est vrai. Il avait énormément confiance en moi. Il m'a permis de plus m'épanouir. Mais les autres m'ont tous apporté quelque chose. Que ce soit Albert Emon, José Anigo, Didier Deschamps ou Elie Baup, ils ont tous compté pour moi. Je n'oublie pas non plus José et Pape Diouf qui m'ont fait venir ici. J'étais dans mon petit club de Libourne Saint-Serin et ils sont venus me chercher. Je leur dois beaucoup.

Pourquoi avoir décidé de rejoindre le Dinamo Moscou ?
La dernière année a été très compliquée. Il était temps d'aller voir autre chose. Ici, c'est difficile de réussir et je pense que j'ai tout donné pour le club. Je suis fier d'avoir réussi. Le Dinamo m'a donné beaucoup d'attention, ils ont montré beaucoup d'envie. C'est une décision mûrement réfléchie. J'ai beaucoup aimé leur discours. Humainement, j'ai senti quelque chose. Ils ont un vrai projet sportif et ont envie de tout gagner. Moscou est une très belle ville aussi même si l'hiver, il fait froid. J'ai vraiment senti que le coach et le propriétaire me voulaient vraiment. Ce discours m'a plu. J'ai donc décidé de rejoindre le Dinamo.

« Le championnat russe est moins connu mais le niveau est élevé »

Comment avez-vous appris les contacts entre les deux clubs ?
Le coach me suit depuis 2008 quand il était l'entraîneur du Spartak Moscou. La Coupe du Monde a peut-être aidé aussi. Il a envie que je m'épanouisse dans mon nouveau club. Je vais tout faire pour y arriver. Je suis ambitieux et j'ai envie de les aider. Le championnat russe est moins connu mais le niveau est élevé. C'est un nouveau challenge pour moi. Je suis impatient de revêtir mes nouvelles couleurs.

Un mot sur l'équipe de France. Avez-vous parlé de ce choix avec Didier Deschamps ?
Oui j'ai discuté avec lui et il ne se fait pas de souci. Il me connaît bien et pour lui, il n'y a aucun problème avec l'équipe de France. Si je suis nul du jour au lendemain... Mais on sait que le football est un éternel recommencement. Rien n'est acquis. J'irai là-bas avec beaucoup de détermination.

Beaucoup pensent que c'est un choix par défaut...
Ce n'est pas un choix par défaut. Je suis venu ici avec le sourire, j'ai hâte d'y être. Il n'y a aucune déception par rapport à ça. Je suis plus en fin de carrière qu'en début. J'ai du mal à l'accepter mais c'est comme ça. J'ai 30 ans et dans le football, on ne sait pas ce qu'il peut se passer. Aujourd'hui, le plus important est que je prenne du plaisir avec mon nouveau club.

Comment appréhendez-vous ce nouveau challenge ?
J'ai une préparation tronquée, je n'aime pas trop ça. C'était ma première période de transfert, c'était très compliqué. Au début, je voulais encore attendre mais je me suis fait à la raison. C'est vrai que c'était une très belle proposition financière mais le challenge sportif a beaucoup pesé dans ma décision. Je marche à l'affectif et le coach m'a beaucoup rassuré.

« Le plus important est que tout le monde soit content dans l'histoire »

Avez-vous l'impression d'avoir rendu service à votre ancien président ?
Je ne pars pas pour lui rendre service (sourire). Le plus important est que tout le monde soit content dans l'histoire. Y'a de la joie mais aussi de la tristesse pour mon président. Au final, je pense que tout le monde y trouve son compte.

La Russie, cela ne vous fait pas peur ?
Ça va être un changement total. Depuis que je suis pro, c'est mon premier vrai transfert. Footballistiquement, je suis sûr de moi. L'environnement sera à gérer. Ils m'ont assuré qu'ils me mettront dans les meilleures conditions. Il faudra gérer la barrière de la langue.

Avez-vous évoqué votre départ avec le nouvel entraîneur de l'OM, Marcelo Bielsa ?
Quand j'ai repris la préparation, c'était déjà clair dans ma tête. Je devais avoir une conversation avec Bielsa mais cela ne s'est pas fait parce que je devais partir vite en Russie pour finaliser mon contrat. Il fallait que je vois autre chose. J'ai passé huit années extraordinaires. Je pense avoir fait grand plaisir aux supporters et avoir laissé une image positive de moi.

Qu'est-ce qui va vous manquer ici ?
Ce qui va me manquer, c'est sûrement le soleil (sourire). Ici, c'est comme ma deuxième famille (il pleure encore).

« La saison passée, je n'ai pas été au niveau où j'aurai dû être ! »

Comment expliquez-vous la saison passée où vous n'avez pas été à votre meilleur niveau ?
C'est vrai que j'ai vécu une saison difficile. On n'a pas eu les résultats escomptés. Je dépends aussi souvent du collectif. L'année dernière, il y a eu beaucoup de changements, avec José qui a repris. Je n'ai pas été au niveau où j'aurai dû être. Maintenant, j'ai entendu dire que je me préparais plus pour la Coupe du Monde. Mais je ne suis pas d'accord, je n'ai jamais choisi mes matchs. Après, c'est vrai que j'aurai voulu être meilleur et que l'on fasse une meilleure saison. Le collectif allait moins bien et ça a rejaillit sur moi également. Je ne peux pas faire tout, tout seul. J'ai besoin des gens autour. On a été moins bien, moi le premier mais c'est derrière. Je sais que l'OM ne fera pas de Coupe d'Europe depuis dix ans. C'est dommage !

Savez-vous comment allez-vous être utilisé au Dinamo ? Et Quand allez-vous reprendre ?
Je vais jouer au poste de numéro 10 en Russie. Il y a beaucoup d'internationaux russes et des joueurs de qualité. C'est une équipe ambitieuse. Là, je pars demain à Chypre pour leur tour préliminaire de Ligue Europa. Ils veulent que je reprenne contre le Spartak Moscou samedi. Mais physiquement, je ne suis pas au top car je ne m'entraîne pas beaucoup. Mais je suis quelqu'un qui ne perd pas trop physiquement donc j'ai confiance.

Que pensez-vous de cet OM 2014-2015 ?
J'espère que l'OM fera une grande saison. Je sens plein de choses positives. De ce que j'ai vu, les entraînements, l'implication, le sérieux, la patte Bielsa peut bien prendre. Il y a vraiment du talent dans cet effectif et avec ce nouveau coach qui amène de la discipline, on l'a vu dans les matchs de préparation, je pense que l'avenir peut être magnifique. J'espère qu'ils feront une grande saison, en tout cas je suivrai ça de près. On sent de la bonne humeur et je suis content de les voir comme ça.

« Le Mondial, c'était fantastique ! »

Un dernier mot sur le Mondial avec les Bleus...
Le Mondial, c'était fantastique. J'ai certainement vécu les plus grands moments de ma carrière. Il y a quelques mois, personne ne misait sur nous. On a réussi à retourner l'opinion. On a vécu des moments ensemble comme 23 frères. On a tous tiré dans le même sens, ceux qui jouaient et les autres. Rester autant de temps ensemble, c'est pas facile. Et il n'y a eu aucune histoire. L'ambiance était formidable. On était déçu de perdre contre l'Allemagne, futur champion du monde, car on ne méritait pas. On aurait voulu être champion du monde. Je pense que ce groupe peut aller très loin et le coach y est pour beaucoup. Pour l'Euro 2016, je pense qu'on peut avoir de très belles choses. On espère que chez nous, on pourra gagner ce Championnat d'Europe.

Quand allez-vous faire vos adieux au public ?
J'essaierai de faire mes adieux au Vélodrome contre Montpellier (le 17 août). Mais je dois voir avec mes nouveaux dirigeants si je peux faire un aller-retour.

A l'issue de la conférence de presse, il prend spontanément la parole
Merci à vous les médias, même si j'ai parfois boudé et je n'ai pas été facile, je vous remercie pour tout. (Les journalistes l'applaudissent et il quitte la salle)

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