Vague de bombardements turcs contre le PKK dans le nord de l'Irak

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(Actualisé avec nouveaux éléments sur les bombardements et nouvel attentat en Turquie) DIYARBAKIR, Turquie, 8 septembre (Reuters) - Des dizaines de chasseurs de l'aviation turque ont bombardé dans la nuit de lundi à mardi des cibles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, tuant plusieurs dizaines de combattants séparatistes, a-t-on appris mardi auprès d'une source de la sécurité. Ces nouvelles frappes surviennent alors que la situation s'est encore dégradée en Turquie même, où 16 soldats turcs ont péri ce week-end dans l'attaque de leur convoi qui circulait dans la province d'Hakkari, qui jouxte la frontière irakienne. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière commise par le séparatistes kurdes contre les forces de sécurité turques depuis la fin du cessez-le-feu, en juillet. (voir ID:nL5N11D19S ) Mardi matin, un nouvel attentat à la bombe a visé un minibus de la police turque dans la province d'Igdir (est), à proximité de la frontière avec l'Arménie. L'attaque a fait dix morts, a-t-on appris de source gouvernementale. D'après deux sources gouvernementales, plus de 40 avions, des chasseurs F-16 et F-4, ont pris part à cette nouvelle vague de bombardements contre des bases extérieures du PKK installées dans le Kurdistan irakien, dans les secteurs de Qandil, Basyan Avachin et Zap. Des entrepôts d'armes mais aussi de nourritures et des positions d'artillerie du PKK ont été visés dans cette opération aérienne qui a débuté lundi à 22h00 (heure locale) et s'est poursuivie pendant près de six heures. Les autorités turques ont déclenché en juillet une "guerre synchronisée" censée viser à la fois les djihadistes de l'Etat islamique (EI), jugés responsables d'un attentat suicide commis à Suruç, dans le sud-est de la Turquie, et les combattants kurdes, qui avaient réagi à l'attaque en s'en prenant à des membres des forces de sécurité accusées d'inertie, voire de collusion. L'offensive contre les séparatistes kurdes, qui a fait au moins 2.000 morts dans les rangs kurdes et une centaine dans les rangs des forces de sécurité, a fait voler en éclats le cessez-le-feu en vigueur depuis 2012 et gelé le processus de paix lancé la même année. Elle a fait également monter les tensions en Turquie à l'approche des législatives anticipées du 1er novembre, où le Parti de la justice et du développement (AKP), la formation islamo-conservatrice du président Recep Tayyip Erdogan, espère regagne sa majorité absolue perdue aux élections de juin dernier. (Orhan Coskun avec Daren Butler à Istanbul; Henri-Pierre André pour le service français)

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