Vague d'attentats en Irak, le consulat de France visé

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VAGUE D'ATTENTATS MEURTRIERS EN IRAK
VAGUE D'ATTENTATS MEURTRIERS EN IRAK

par Suadad al-Salhy et Raheem Salman

BAGDAD (Reuters) - Une vague d'attentats a ensanglanté l'Irak dimanche, faisant au moins 80 morts dont un policier de faction devant le consulat honoraire de France à Nassiriah, dans le sud du pays.

Les violences en Irak se sont calmées depuis 2006-2007 quand les morts se comptaient par milliers. Mais les islamistes sunnites continuent à lancer environ un attentat important par mois dans le but de raviver les tensions entre chiites et sunnites depuis le retrait en décembre des forces américaines.

Quatre voitures piégées ont explosé à Bagdad, dans des quartiers majoritairement chiites et ont fait au moins 24 morts et des dizaines de blessés, a annoncé la police. Une explosion s'est produite devant un restaurant, une autre dans un quartier commerçant.

Près d'Amara, à 300 km au sud de Bagdad, dans le sud-est de l'Irak, l'explosion de deux voitures piégées près d'un sanctuaire chiite et d'un marché a fait au moins 16 morts et une centaine de blessés, a-t-on appris de sources médicales et policières.

L'hôpital central était submergé par les blessés et les mosquées ont dû utiliser les haut-parleurs pour lancer des appels aux donneurs de sang.

Près de Doudjaïl, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bagdad, onze soldats ont été tués et sept autres blessés dans un attentat suicide à la voiture piégée contre une base militaire. Des coups de feu ont également été tirés.

A Kirkouk, à 250 km au nord de la capitale, une voiture piégée a explosé à proximité d'un centre de recrutement d'agents de sécurité de la compagnie pétrolière Iraqi North Oil Co. Huit personnes qui faisaient la queue ont été tuées.

Kirkouk a été frappée par plusieurs autres explosions. Une voiture et une moto piégées ont explosé devant un bureau chargé des enquêtes criminelles, faisant sept morts et quarante blessés.

D'autres explosions ont fait des morts à Bakouba, Samarra, Bassorah et Touz Khourmato.

LE CONSUL HONORAIRE DE FRANCE ABSENT

L'attentat commis à Nassiriah devant le bâtiment abritant le consulat de France a été fatal à un policier chargé de la sécurité. Quatre autres ont été blessés.

Les locaux ont été endommagés par l'explosion mais le consul honoraire, de nationalité irakienne, ne se trouvait pas sur les lieux au moment de l'attentat, a précisé un diplomate français.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a déclaré dimanche que la France condamnait "avec la plus grande fermeté" la vague d'attentats et notamment celui visant son consulat honoraire à Nassiriah.

"La France exprime sa solidarité aux autorités irakiennes dans leur lutte contre le terrorisme", a ajouté le porte-parole du Quai d'Orsay dans un communiqué.

Dans un autre quartier de Nassiriah, deux personnes ont été tuées et trois autres blessées par l'explosion d'une voiture piégée.

Nassiriah, à 300 km environ au sud de Bagdad, se trouve dans une région relativement stable du pays mais a été au début de l'année le théâtre d'un attentat suicide contre des pèlerins chiites.

Ce n'est pas la première fois que les intérêts français en Irak sont attaqués. En juin 2011, un convoi de l'ambassade de France avait été frappé par l'explosion d'une bombe à Bagdad. Sept gardes irakiens avaient été blessés.

Neuf mois après le départ des dernières troupes américaines de combat, les autorités irakiennes font face au défi posé par l'Etat islamique d'Irak, des islamistes affiliés à Al Qaïda, ainsi que par d'autres insurgés sunnites qui montrent qu'ils peuvent toujours organiser des attentats alors que le gouvernement affirme que la sécurité est assurée.

Aucun mouvement n'a revendiqué pour l'heure les attentats de dimanche.

Avec Moustapha Mahmoud à Kirkouk, Ghazouane Hassan à Tikrit, Aref Mohamed à Bassorah; Henri-Pierre André, Danielle Rouquié et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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  • baljo le dimanche 9 sept 2012 à 21:37

    Condamnant cette vague d'attentats, dont celui de Damas, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué que la France faisait "pleinement confiance aux autorités syriennes pour mener l'enquête et traduire les auteurs en justice".