V.Etcheto : " La pression est sur les épaules du Stade Français "

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V.Etcheto : " La pression est sur les épaules du Stade Français "
V.Etcheto : " La pression est sur les épaules du Stade Français "
Interrogé par Alexandre Delpérier et Jean-François Paturaud dans l'Access365, Vincent Etcheto, l'entraîneur des arrières de Bordeaux-Bègles, explique que son équipe se rend au Stade Français sans pression.

Vincent Etcheto, Bordeaux-Bègles est impressionnant en ce début de Top 14. Comment abordez-vous la rencontre face au Stade Français samedi ?
Je ne sais pas si on est impressionnant. On est une équipe en forme, mais le Stade Français aussi. C'est une des grandes équipes de ce Top 14. C'est toujours bien d'aller jouer à Paris. Pas pour le fait de monter dans la Capitale, mais celui d'aller jouer le Stade Français qui est une équipe joueuse et qui possède un stade magnifique. C'est un jeu qui ressemble au notre et, à chaque fois, les matchs à domicile se soldent par une large victoire de l'équipe qui reçoit. J'espère qu'elle sera moins large que prévu.

Vous êtes la meilleure attaque du championnat. Face au Stade Français, une équipe joueuse, on devrait assister à un beau match samedi...
On ne sait pas comment ça va se passer, mais c'est vrai que ça fait six ans que je suis au club, trois ans que j'y suis avec Raphaël (Ibanez), et on insiste toujours sur cette qualité qui est la notre d'essayer de mettre le feu dans tous les coins du terrain. Mais on sait que si on n'est pas bons sur les bases, dans le combat et l'agressivité, on ne pourra pas espérer même une minute contre le Stade Français. L'année dernière, on était venu chercher une place européenne sur ce match-là et on avait explosé en vol. 

Êtes-vous surpris par votre troisième place ?
Non, nous ne sommes pas surpris. On travaille bien. Après, on n'est qu'au premier tiers du championnat. Être aussi haut aujourd'hui, ça ne veut rien dire. On a souvent reçu. On a aussi de la réussite sur les deux premiers matchs, contre Lyon et le Racing. Ensuite, on est tombé lamentablement contre Brive, on a eu un peu plus de chance à La Rochelle... Vous savez, ça tourne très vite. Ce qui est sûr, c'est que sur les derniers matchs, on a retrouvé notre qualité de jeu. Battre Clermont comme on l'a fait, ce n'est pas anodin. Après, on n'a pas battu le Castres champion de France et vice-champion de France. Ils sont en difficultés en ce moment. On relativise donc ces performances. Mais c'est sûr, se retrouver troisième c'est toujours mieux. Ça fait trois ans qu'on lutte à chaque fois dans la deuxième partie du tableau. Jouer avec un peu de marge, c'est toujours plus agréable. Tout en sachant qu'on va jouer à Paris, puis recevoir Toulouse. Ces deux matchs sont perdables hélas. Et, en les perdant, on se retrouverait douzièmes. On sait très bien d'où on vient et où on est actuellement. On vient de Pro D2 et, là, on est troisièmes. La huitième ou la neuvième, cela reflète plus notre niveau.  

« Si j'écoute Quesada, je suis l'entraîneur des All Blacks ! »

Des joueurs comme Pierre Bernard ont pris beaucoup de maturité cette saison. A-t-il franchi un palier comme le reste de l'équipe ?
Pierre est l'épicentre de l'équipe. Le n°10, dans le rugby que l'on pratique, c'est le joueur qui touche le plus de ballons et qui est le garant de notre projet de jeu. On l'avait fait avec Camille Lopez deux ans auparavant. Pierre a pris le relais. Lionel Beauxis, qui est arrivé sur la pointe des pieds de Toulouse, fait des prestations de très très haut niveau actuellement. Je pense que si l'équipe joue bien, c'est parce que nos 10 sont en confiance. Et s'ils le sont, c'est parce que le travail collectif leur permet d'évoluer à un tel niveau. Avec le jeu que l'on pratique, si le 10 n'est pas bien, on ne peut pas marcher. Et inversement. Pour que nos 10 soient bien, il faut que la conquête soit propre aussi. On a un rugby ambitieux, qui prône beaucoup d'alternance. Et c'est le 10, qui décide de jouer à la main ou au pied, qui est au centre de tout ça. On fait des choses basiques mais, qui avec la confiance et la réussite, fonctionnent.

Gonzalo Quesada, le manager du Stade Français, a expliqué vous craindre. Qu'en pensez-vous ?
Je connais un peu Gonzalo Quesada, je l'aime bien. J'ai aussi eu des Argentins dans mon équipe, ils sont malins. Si j'écoute Gonzalo Quesada, je suis l'entraîneur des All Blacks ! On est bons en défense, on est bons en attaque, on a une super conquête... Mais je crois qu'il y a des managers beaucoup plus langue de bois que Gonzalo Quesada dans ce Top 14. Lui joue le jeu, il manage très bien son équipe. Et je le dis sans me forcer, je pense vraiment que c'est quelqu'un de bien. Il sait que la pression est sur les épaules de son équipe. Nous, on est troisièmes, on a un peu de marge. On n'a pas fait un objectif de ce match. On reçoit Toulouse dans une semaine et ce sera un match capital vu la forme des Toulousains. En plus, il nous manquera cinq joueurs parce qu'on commence aussi à avoir des internationaux. On n'a pas fait une priorité de ce match au Stade Français. Tout en sachant que depuis trois ans avec Raphaël (Ibanez), on a décidé de ne jamais lâcher un match. On fait du turnover mais on n'a explosé nulle part. La seule fois où ça nous est arrivé, c'était l'an dernier, au Stade Français. On était venu faire un résultat et on en a pris 40. Il y a du respect entre ses deux équipes, un bon état d'esprit. En étant entraîneur, on est aussi un peu spectateur sur le banc, et j'ai envie de me régaler. Les deux équipes ont tout pour pratiquer un beau rugby. C'est sûr que je préférerais que ça tourne à notre avantage. Mais, on le sait, dans ce sport, parfois on perd.

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