USA2016-Trump accuse Obama et Clinton d'avoir "cofondé" l'Etat islamique

le , mis à jour à 19:27
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 (Actualisé avec nouvelles déclarations de Trump, réaction de 
l'équipe Clinton, élu républicain § 4-7-8 et 12 à 17) 
    par Doina Chiacu et Susan Heavey 
    WASHINGTON, 11 août (Reuters) - Donald Trump a réitéré jeudi 
ses accusations contre Barack Obama et Hillary Clinton, qu'il 
présente comme des "cofondateurs" du groupe djihadiste Etat 
islamique (EI). 
    Le candidat républicain à l'élection présidentielle du 8 
novembre aux Etats-Unis reproche au président démocrate et à 
celle qui fut sa secrétaire d'Etat entre 2009 et 2013 la manière 
dont ils ont géré le retrait des forces américaines d'Irak. 
    Trump avait déjà manié ces accusations mercredi soir lors 
d'un meeting de campagne en Floride. "Il a été le fondateur de 
l'EI. Et elle aussi. Je veux dire que je les appelle les 
cofondateurs. Il n'aurait pas dû se retirer comme il l'a fait. 
Ce qu'il a fait, c'était un désastre", avait-il alors dit. 
    Il a réitéré ses allégations jeudi matin, d'abord sur la 
chaîne de télévision CNBC - "Tout ce que je fais, c'est de dire 
la vérité. Je suis celui qui dit vrai", a-t-il dit - puis lors 
d'une apparition de campagne à Miami Beach - "L'EI va lui 
décerner (à Clinton) le prix du MVP (ndlr, meilleur joueur d'une 
compétition sportive). Son seul rival, c'est le président Barack 
Obama", a-t-il insisté, ajoutant que l'administration Obama 
avait "libéré l'EI". 
    Le groupe djihadiste Etat islamique, anciennement Etat 
islamique en Irak et au Levant (EIIL), est issu de l'Etat 
islamique d'Irak d'Abou Moussab al Zarkaoui, affilié à Al Qaïda 
et acteur central de l'insurrection sunnite qui s'est développée 
après l'invasion militaire ordonnée en 2003 par George Bush. 
    Clinton, alors sénatrice de l'Etat de New York, avait voté 
en octobre 2002 en faveur de l'intervention militaire, Obama s'y 
était opposé. Lors de sa campagne victorieuse de 2008, le 
président démocrate avait promis de mettre un terme à la guerre 
en Irak. Il en a retiré les troupes de combat en 2011. 
    "C'est un nouvel exemple du langage ordurier de Donald Trump 
à l'égard des Etats-Unis", a réagi par voie de communiqué Jake 
Sullivan, conseiller politique de la candidate démocrate. "Ce 
qui est remarquable avec les déclarations de Trump, c'est qu'une 
fois de plus il se fait l'écho des éléments de langage de 
Poutine et de nos adversaires pour attaquer les dirigeants et 
les intérêts américains sans pour autant présenter de plans 
sérieux pour combattre le terrorisme ou rendre notre pays plus 
sûr." 
    La Maison blanche s'est refusée pour sa part à tout 
commentaire. 
     
    "LIS TON PROMPTEUR ET TOUT IRA BIEN" 
    Trump n'est pas le premier républicain à imputer à la 
candidate démocrate une responsabilité dans l'essor de l'EI. 
    L'été dernier, en pleine pré-campagne des primaires, Jeb 
Bush, ex-gouverneur de Floride et frère de George Bush, lui 
avait reproché de s'être désintéressée de la question irakienne 
lorsqu'elle dirigeait la diplomatie américaine, favorisant de 
fait le développement du groupe armé d'Abou Bakr al Baghdadi. 
"Au cours de tous ses déplacements record, elle ne s'est très 
exactement arrêtée qu'une seule fois en Irak", l'avait-il 
attaquée. 
    Celle qui n'était encore que candidate à l'investiture 
démocrate avait répliqué quelques jours plus tard en rappelant 
que c'était le frère de Jeb Bush qui avait signé avec le Premier 
ministre irakien de l'époque, Nouri al Maliki, un accord sur le 
retrait des forces américaines.      
    Mais dire, comme le fait Trump, qu'Obama et elle ont cofondé 
l'EI porte l'attaque à un niveau supérieur. 
    Dans les rangs du Parti républicain, où les sorties de Trump 
inquiètent de plus en plus  L8N1AS5ZN , Sean Duffy, élu du 
Wisconsin à la Chambre des représentants et soutien du magnat de 
l'immobilier, s'est inscrit en faux contre ses dernières 
allégations et a demandé à son candidat de s'en tenir à son 
discours. 
    "Suis ton texte à la lettre. Ne t'en écarte pas. Lis ton 
prompteur et tout ira bien", lui a-t-il conseillé sur MSNBC. 
    Depuis la fin des conventions, Donald Trump va de polémique 
en polémique. Après une longue querelle avec les parents d'un 
officier musulman de l'armée américaine mort en 2004 en Irak, il 
a tenu des propos ambigus sur Clinton et les armes à feu. 
  
    Sa cote est en chute libre. Le site Real Clear Politics, qui 
réalise chaque jour une moyenne des sondages, crédite jeudi 
Clinton de 47,9% des intentions de vote contre 40,0% pour le 
républicain. 
    La candidate démocrate est aussi en tête en Pennsylvanie 
(+9,2), dans le Michigan (+6,6), dans l'Ohio (+2,6) ou encore en 
Floride (+2,2), qui appartiennent à la catégorie des "Swing 
States", ces Etats clefs où se décidera l'issue de l'élection 
(le président est élu par 538 grands électeurs désignés Etat par 
Etat).         
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne américaine:       
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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  • charleco il y a 4 mois

    Bravo, Monsieur Trump, il faut dire la vérité, même si elle fâche. Il ne craint pas de mourir : c'est un soldat!

  • franck8 il y a 4 mois

    Trump ose tout. C'est même à ça qu'on le reconnaît.

  • cavalair il y a 4 mois

    Il a raison, ces deux la ont fait plus de mal au pays que Bush

  • mucius il y a 4 mois

    Où s'arrêtera-t-il?