USA2016-Trump à Mexico parle de son projet de mur frontalier avec Peña Nieto

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    * Le candidat républicain dit ne pas avoir évoqué la 
question du financement 
    * Le président mexicain le contredit: "J'ai souligné que le 
Mexique ne paierait pas ce mur." 
 
    par Christine Murray et Dave Graham 
    MEXICO, 1er septembre (Reuters) - Les Etats-Unis sont en 
droit d'édifier un mur à la frontière mexicaine pour endiguer 
l'immigration clandestine, a fait valoir Donald Trump reçu 
mercredi à Mexico par le président Enrique Peña Nieto lors d'une 
visite annoncée quelques heures plus tôt.  
    Le candidat républicain à l'élection présidentielle du 8 
novembre aux Etats-Unis, que le président mexicain a reçu 
pendant une heure à sa résidence, n'est toutefois pas allé 
jusqu'à lui demander d'en financer la construction, ainsi qu'il 
l'avait annoncé lors de sa fracassante entrée en campagne, en 
juin 2015. 
    "Nous avons effectivement parlé du mur. Nous n'avons pas 
évoqué son financement. Ce sera pour plus tard. C'était une 
rencontre tout à fait préliminaire. C'était une excellente 
rencontre", a assuré l'homme d'affaires, qui a fait de ce mur 
l'un des principaux arguments de sa campagne. 
    Sur Twitter, Enrique Peña Nieto, à qui l'opposition reproche 
vivement d'avoir accueilli Trump, a contredit son hôte en 
affirmant que la question du financement avait bien été abordée 
et qu'il lui avait signifié que le Mexique ne financerait pas ce 
projet. 
    "Au début de cette conversation avec Donald Trump, j'ai 
souligné que le Mexique ne paierait pas pour ce mur", a-t-il 
écrit. 
    Lors de la conférence de presse commune qui a suivi leur 
rencontre, le président mexicain n'avait pas mentionné le mur 
mais avait en revanche indiqué" que ses compatriotes installés 
aux Etats-Unis étaient "honnêtes" et qu'ils méritaient "le 
respect de tous". 
    La venue de Trump au Mexique, annoncée la veille par le 
candidat républicain, a suscité des remous dans un pays qui n'a 
pas oublié ses déclarations d'entrée en campagne. Le 16 juin 
2015, depuis sa Trump Tower, le magnat de l'immobilier et figure 
de la téléréalité avait accusé le Mexique d'envoyer aux 
Etats-Unis des violeurs et des criminels et promis, en cas 
d'élection à la Maison blanche, d'édifier un "grand mur à (la) 
frontière Sud" qu'il ferait financer par le Mexique. 
    Il a également promis de renégocier ou de se retirer de 
l'Accord de libre-échange d'Amérique du Nord (Alena), qui lie 
depuis 1994 les Etats-Unis, le Canada et le Mexique et a fait 
des délocalisations d'emplois industriels au Mexique l'un de ses 
thèmes centraux. 
     
    "LE PEUPLE MEXICAIN S'EST SENTI BLESSÉ" 
    Côté mexicain, ces positions passent mal. Cet hiver, le 
président mexicain a même établi un parallèle avec Adolf Hitler 
et Benito Mussolini. "L'histoire de l'humanité, disait-il en 
mars, a malheureusement montré que l'emploi de ces discours 
véhéments n'a fait que mener à des situations sinistres. C'est 
comme ça que Mussolini y est arrivé, c'est comme ça qu'Hitler y 
est arrivé, ils ont tiré parti d'une situation, d'un problème 
que traversait l'humanité, après une crise économique." 
    Mercredi, devant la presse, Peña Nieto a observé: "Le peuple 
mexicain s'est senti blessé par les propos qu'il a tenus, mais 
je suis sûr que l'intérêt qu'il a manifesté dans la construction 
d'une relation est véritable." 
    La présidence mexicaine avait pris le soin de préciser dès 
mardi que des invitations avaient été envoyées aux deux 
candidats à l'élection présidentielle du 8 novembre.     
    Quelques dizaines de manifestants se sont cependant 
rassemblés dans le centre de la capitale pour dénoncer la venue 
de Trump.  
    Dans l'entourage de ce dernier, on disait espérer que ce 
déplacement au Mexique contribuerait à "présidentialiser" 
l'image du candidat et à démontrer qu'il n'hésite pas à 
s'attaquer de front aux dossiers chauds. 
    Hillary Clinton a affirmé pour sa part que cette courte 
visite ne suffirait pas à faire oublier ses déclarations 
incendiaires. "Pour compenser plus d'un an d'insultes et 
d'insinuations, il faut plus qu'un saut de quelques heures chez 
nos voisins avant un retour au pays", a dit la candidate 
démocrate lors d'un déplacement à Cincinnati, dans l'Ohio. 
    La visite de Trump à Mexico constituait sa deuxième sortie à 
l'étranger depuis qu'il a annoncé sa candidature. En juin 
dernier, il s'était rendu en Ecosse, sur l'un de ses parcours de 
golf, réagissant au référendum britannique sur l'appartenance à 
l'Union européenne. 
 
 (avec Lisbeth Diaz; Julie Carriat, Jean-Philippe Lefief et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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